Tu confonds justification et sanctification ?
Tu confonds justification et sanctification ?
Tu confonds justification et sanctification

Tu confonds justification et sanctification ?

Récemment j’ai reçu sous l’une de mes publications ce commentaire d’un frère sincère qui résume avec une honnêteté désarmante l’objection la plus répandue contre l’enseignement biblique sur la loi de Dieu.

Qui peut accomplir tous les dix commandements vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ? Juste un seul raté tu deviens coupable de tout le commandement.

Cette objection sonne juste à première écoute. Elle s’appuie sur Jacques 2:10 qui dit effectivement que celui qui transgresse un seul point de la loi devient coupable de toute la loi. Et elle débouche apparemment sur une conclusion logique. Puisque personne ne peut accomplir parfaitement la loi, à quoi bon essayer ? Ne vaut-il pas mieux dire que la loi est dépassée et vivre dans la grâce sans s’en préoccuper ?

Cette logique aboutit toujours à la même conclusion. L’abandon pratique des commandements de Dieu sous prétexte de leur impossibilité humaine.

Mais cette logique repose sur une confusion doctrinale d’une gravité considérable que mon étude veut nommer, exposer et corriger. Une confusion qui explique en réalité presque toutes les déviations doctrinales contemporaines sur la loi, la grâce, le salut et les œuvres.

Cette confusion porte un nom précis. La confusion entre justification et sanctification.

La justification : un acte instantané et juridique par la foi seule

La justification est un acte instantané et juridique par lequel Dieu déclare juste celui qui croit en Christ. Ce n’est pas un processus. C’est un acte ponctuel et complet qui se produit au moment où le pécheur place sa foi dans le sacrifice expiatoire du Sauveur.

Romains 3:28 dit avec une clarté absolue : nous pensons que l’homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi. Le mot grec est δικαιόω, dikaioō, déclarer juste, considérer comme juste, prononcer le verdict de justice.

Romains 5:1 ajoute : étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ.

Et Galates 2:16 confirme : sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.

La justification est entièrement gratuite. Elle est entièrement par la grâce. Elle est entièrement par la foi seule. Aucune œuvre humaine ne peut y contribuer. Aucun effort humain ne peut l’ajouter. C’est l’œuvre exclusive de Christ reçue par la foi du croyant.

Sur ce point l’objection du frère a entièrement raison. Personne ne peut être sauvé par l’observation parfaite de la loi. C’est précisément pour cela que Christ est mort. Notre justification est entièrement fondée sur son sacrifice et reçue par la foi seule.

La sanctification : un processus progressif par la foi qui agit selon l’Esprit

Mais l’Écriture distingue soigneusement la justification d’une autre réalité tout aussi essentielle dans la vie du croyant. La sanctification.

La sanctification n’est pas un acte instantané. C’est un processus progressif et continu par lequel l’Esprit de Dieu transforme le croyant à l’image de Christ tout au long de sa vie. Elle commence à la nouvelle naissance et se poursuit jusqu’à la glorification finale au retour de Christ.

2 Corinthiens 3:18 dit : nous tous qui contemplons à visage découvert la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. Le mot grec est μεταμορφούμεθα, metamorphoumetha, nous sommes en train d’être métamorphosés. C’est un processus continu, présent, qui se déploie dans la durée.

Hébreux 12:14 ajoute : recherchez la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur. Le verbe rechercher implique un effort actif et soutenu du croyant en réponse à la grâce de Dieu.

Et Ézéchiel 36:27 pose la promesse fondamentale de la nouvelle alliance : je mettrai mon Esprit en vous et je ferai en sorte que vous marchiez selon mes ordonnances et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

La sanctification est progressive, mesurable et concrète. Elle se manifeste par une obéissance croissante aux commandements de Dieu, non par notre force humaine mais par la puissance du Saint-Esprit qui habite en nous depuis la nouvelle naissance.

Les deux ensemble : distinctes mais indissociables

Voici la précision théologique qui résout la confusion. La justification et la sanctification sont distinctes dans leur nature mais indissociables dans la vie du croyant authentique.

Distinctes dans leur nature parce que la justification est un acte juridique instantané fondé sur ce que Christ a fait pour nous, tandis que la sanctification est un processus intérieur progressif fondé sur ce que l’Esprit fait en nous.

Indissociables dans la vie du croyant parce que celui qui est véritablement justifié reçoit nécessairement aussi l’Esprit qui produit la sanctification. Et celui qui ne manifeste aucune trace de sanctification dans sa vie révèle qu’il n’a jamais été véritablement justifié, comme Jacques 2:17 le dit : la foi sans les œuvres est morte.

Tite 2:11-14 articule magnifiquement les deux : la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ qui s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres.

Observe la structure. La grâce sauve, c’est la justification. Elle nous enseigne à renoncer et à vivre selon la justice, c’est la sanctification. Le Christ s’est donné pour nous racheter, c’est la justification. Et pour faire de nous un peuple zélé pour les bonnes œuvres, c’est la sanctification. Les deux ensemble. Indissociables et distinctes.

Pourquoi confondre les deux détruit l’évangile complet

Quand on confond justification et sanctification on aboutit toujours à l’une de deux déviations également destructrices.

La première déviation est le légalisme. Si on confond les deux dans le sens où les œuvres contribuent à la justification, on tombe dans le piège judaïsant que Paul combat dans Galates. On se met à croire qu’il faut accomplir parfaitement la loi pour être sauvé. Et puisque c’est impossible on vit dans la culpabilité permanente ou dans l’orgueil pharisaïque selon les caractères.

La seconde déviation est l’antinomisme. Si on confond les deux dans le sens où la sanctification suit les mêmes règles que la justification, c’est-à-dire qu’elle est entièrement par la foi sans œuvres, on tombe dans le piège que toutes les épîtres combattent également. On se met à croire que puisque on est justifié par la foi seule, on n’a plus à pratiquer les commandements de Dieu. Et on aboutit à un christianisme sans transformation réelle de la vie.

L’objection du frère que j’ai citée en introduction relève précisément de cette seconde déviation. Elle confond les exigences de la justification, qui en effet ne peut s’obtenir par aucune œuvre humaine, avec les exigences de la sanctification, qui demande au contraire l’obéissance progressive aux commandements de Dieu par la puissance de l’Esprit.

Personne ne peut accomplir parfaitement la loi pour se justifier. Mais tout croyant régénéré est appelé à accomplir progressivement la loi par l’Esprit pour se sanctifier. Ces deux affirmations ne se contredisent pas. Elles se complètent.

Application aux objections les plus répandues

Cette distinction entre justification et sanctification permet de répondre à presque toutes les objections antinomistes qu’on rencontre sur les réseaux et dans les conversations chrétiennes.

L’argument personne ne peut tout accomplir donc la loi ne s’applique plus confond les deux. Personne ne peut tout accomplir parfaitement pour se justifier, c’est vrai. Mais l’Esprit produit en nous l’accomplissement progressif et imparfait de la loi pour notre sanctification.

L’argument la croix nous libère de la loi confond les deux. La croix nous libère de la malédiction de la loi qui condamne le transgresseur, c’est vrai. Mais elle ne nous libère pas de l’exigence morale de la loi qui définit la vie sainte du croyant régénéré.

L’argument nous sommes sous la grâce et non sous la loi confond les deux. Nous ne sommes plus sous la loi comme moyen de justification, c’est vrai. Mais nous sommes toujours sous la loi comme standard de sanctification, comme Paul le dit explicitement en Romains 6:14-15 où il pose cette même nuance.

L’argument l’amour suffit, la loi est dépassée confond les deux. L’amour est l’accomplissement de la loi selon Romains 13:10. Pas son remplacement. Sans la loi pour définir le contenu concret de l’amour, l’amour devient une notion subjective que chacun remplit selon ses propres critères.

La marche par l’Esprit rend possible ce qui semblait impossible

Mais ici se pose la grande question. Comment le croyant peut-il accomplir progressivement la loi alors que sa nature humaine en est incapable ?

La réponse est la nouvelle naissance et la marche par l’Esprit qui en découle.

Dans la nouvelle naissance le croyant n’est plus simplement un homme amélioré qui essaierait par sa volonté humaine d’obéir à des commandements extérieurs. Il devient une nouvelle créature selon 2 Corinthiens 5:17. L’Esprit de Dieu vient habiter en lui de façon permanente selon Romains 8:9. Il reçoit un cœur nouveau dans lequel la loi de Dieu est inscrite selon Jérémie 31:33 et Ézéchiel 36:26.

Et avec cette nouvelle naissance le croyant reçoit la capacité réelle et nouvelle d’aimer la loi de Dieu, de la méditer avec joie comme le Psaume 119:97 le décrit, de la pratiquer non par contrainte mais par désir intérieur, et de progresser dans cette pratique de gloire en gloire selon 2 Corinthiens 3:18.

Philippiens 2:13 résume cette réalité avec une précision saisissante : car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Le croyant régénéré n’accomplit pas la loi par sa propre force. C’est Dieu lui-même qui produit en lui à la fois le désir d’obéir et la capacité réelle d’obéir.

Et Philippiens 4:13 conclut avec une promesse universelle : je puis tout par celui qui me fortifie. Pas par mes propres forces. Par celui qui me fortifie. C’est-à-dire par Christ qui habite en moi par son Esprit.

Avec la marche par l’Esprit sous la nouvelle naissance, ce qui était impossible à la chair devient possible à l’esprit régénéré. Non pas la perfection absolue qui n’arrivera qu’à la glorification finale. Mais la marche progressive, sincère et croissante dans l’obéissance aux commandements de Dieu, qui est précisément le contenu de la sanctification authentique.

Ce que l’Écriture dit en conclusion

L’évangile complet n’oppose pas la grâce et la loi. Il les articule selon leur fonction propre. La grâce justifie le pécheur par la foi seule sans les œuvres de la loi. Et la même grâce sanctifie le croyant par l’Esprit qui produit en lui l’accomplissement progressif de la justice de la loi.

Romains 3:31 le dit avec une clarté définitive : annulons-nous donc la loi par la foi ? Absolument pas. Au contraire nous confirmons la loi.

Et Romains 6:14-15 articule la nuance avec une précision théologique remarquable : le péché n’aura point de pouvoir sur vous puisque vous êtes non sous la loi mais sous la grâce. Quoi donc, pécherons-nous parce que nous sommes non sous la loi mais sous la grâce ?

Absolument pas. Paul refuse l’interprétation antinomiste de sa propre formule. Être sous la grâce ne signifie pas pouvoir transgresser la loi. Cela signifie être libéré de la condamnation de la loi pour pouvoir vivre dans la sainteté que la loi prescrit.

Au frère qui demande qui peut accomplir parfaitement les dix commandements je réponds : aucun homme ne le peut par sa propre force. Mais le croyant régénéré, habité par l’Esprit, recevant chaque jour la grâce nouvelle, peut progressivement et joyeusement marcher dans l’obéissance aux commandements de Dieu, jusqu’à la perfection finale qui sera accomplie au retour de Christ.

Ne confonds pas la justification et la sanctification. La première est par la foi seule. La seconde est par la foi qui agit selon l’Esprit dans l’obéissance progressive aux commandements de Dieu. Les deux ensemble constituent l’évangile complet que l’Écriture proclame du premier verset au dernier.

Serge le prédicateur t’encourage

Tags:
Facebook
Publications

Autres publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Au Cœur de l'Action

VOTRE DOSE QUOTIDIENNE DE VÉRITÉ

L'actualité s'accélère et les signes des temps se multiplient. Chaque jour, je publie plusieurs analyses, pensées et encouragements pour garder votre lampe allumée. Ne vous contentez pas d'une visite occasionnelle : suivez le fil en temps réel