Il existe dans le christianisme contemporain une confusion doctrinale silencieuse et généralisée qui touche des millions de croyants sincères sans qu’ils en soient conscients.
Cette confusion ne porte pas sur des points secondaires ou périphériques de la foi. Elle touche le cœur même de ce que signifie vivre pour Dieu après la conversion. Elle touche la sanctification.
Demandez à dix croyants dans dix Églises différentes ce qu’est la sanctification. La plupart vous répondront avec des formules comme grandir en Christ, devenir plus semblable à Jésus, progresser spirituellement, s’impliquer dans l’Église, prier davantage, lire la Bible régulièrement.
Ces réponses ne sont pas fausses. Mais elles sont incomplètes. Et une vérité incomplète présentée comme la vérité complète devient une erreur.
Car l’Écriture définit la sanctification avec une précision que beaucoup d’Églises ont progressivement abandonnée. Une précision qui implique la loi de Dieu, les commandements, le péché défini objectivement et la transformation concrète et mesurable du caractère du croyant. Et c’est cette précision que mon étude veut rétablir à partir des textes originaux.
Première question fondamentale : qu’est-ce que le péché ?
Toute discussion sérieuse sur la sanctification doit commencer par une définition précise du péché. Car si on ne sait pas ce qu’est le péché, on ne sait pas de quoi on doit se sanctifier. Et si on ne sait pas de quoi on se sanctifie, la sanctification devient une notion vague, subjective et finalement creuse.
L’Écriture définit le péché avec une clarté absolue qui ne laisse aucune place à l’interprétation subjective. 1 Jean 3:4 dit : tout homme qui commet le péché commet aussi l’iniquité et le péché c’est l’iniquité. Le mot grec employé est ἀνομία, anomia, qui signifie littéralement absence de loi, transgression de la loi, violation de la loi.
Jean ne dit pas que le péché est un sentiment de malaise spirituel ou un comportement socialement indésirable. Il dit que le péché EST l’anomia. La transgression de la loi de Dieu.
Et quelle loi ? La même loi que Jésus dit en Matthieu 5:17 qu’il n’est pas venu abolir. La même loi que Paul dit en Romains 7:12 être sainte, juste et bonne. La même loi que le Psaume 119:172 identifie à la justice elle-même, כָל מִצְוֹתֶיךָ צֶדֶק, kol mitsvotekha tsedek, tous tes commandements sont justice. Les dix commandements, expression permanente et universelle de la volonté morale de Dieu pour l’humanité.
Si le péché est la transgression de la loi selon 1 Jean 3:4, alors la sanctification est précisément le processus par lequel le croyant cesse progressivement de transgresser cette loi par la puissance de l’Esprit. Pas vaguement. Pas émotionnellement. Concrètement, commandement par commandement, de gloire en gloire selon 2 Corinthiens 3:18.
Ce que la Parole dit sur la sanctification
Le mot sanctification vient du grec ἁγιασμός, hagiasmos, qui signifie séparation, mise à part, consécration. Être sanctifié c’est être mis à part pour Dieu, séparé du péché et consacré à sa gloire. Et cette séparation n’est pas mystique ou émotionnelle. Elle est concrète, pratique et définie par la loi de Dieu.
1 Thessaloniciens 4:3 dit : ce que Dieu veut c’est votre sanctification. Et les versets suivants définissent immédiatement ce que cette sanctification signifie concrètement, en commençant par l’abstention de l’immoralité sexuelle, la maîtrise de son propre corps dans la sainteté et l’honnêteté. Ce n’est pas une définition vague. C’est une définition précise ancrée dans l’obéissance à des commandements précis.
Hébreux 12:14 dit : recherchez la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur. La sanctification se recherche. Elle se poursuit. Elle demande un effort conscient et actif du croyant en réponse à la grâce de Dieu. Et elle est présentée comme une condition pour voir le Seigneur. Pas une option. Pas un idéal lointain. Une réalité sans laquelle nul ne verra le Seigneur.
Et 1 Pierre 1:15-16 pose le fondement ultime de toute la doctrine de la sanctification : mais, comme celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : vous serez saints car je suis saint. La sainteté de Dieu est le modèle. Et cette sainteté est définie par sa loi. Car Dieu est la Puissance, ha-Gevurah. Dieu est la Justice, ha-Tsedek. Et sa loi est l’expression de cette justice et de cette sainteté dans la vie pratique du croyant.
Romains 8:4 : le but final de toute l’œuvre rédemptrice
C’est le verset qui résume avec la plus grande précision le vrai but de la croix, de la résurrection et du don de l’Esprit. Romains 8:4 dit : afin que la justice de la loi fût accomplie en nous qui marchons non selon la chair mais selon l’Esprit.
Observe ce que Paul dit ici avec une précision remarquable. Le but de tout ce que Dieu a accompli en Christ n’est pas simplement de pardonner les péchés et de garantir le ciel. Le but est afin que, ἵνα, hina, dans le but que, la justice de la loi fût accomplie en nous. Le but de la croix est de produire en nous par l’Esprit l’accomplissement concret de la justice de la loi.
Ce que la loi exigeait et que la chair ne pouvait pas donner, la croix le rend possible par l’Esprit. C’est exactement ce qu’Ézéchiel 36:27 avait annoncé : je mettrai mon Esprit en vous et je ferai en sorte que vous marchiez selon mes ordonnances. Non pas sans mes ordonnances. Selon mes ordonnances. La sanctification biblique n’est pas une croissance spirituelle vague et indéfinie. C’est une transformation progressive et mesurable qui produit une obéissance croissante aux commandements de Dieu par la puissance de l’Esprit.
La sanctification n’est donc pas définie par le nombre d’heures de prière, par le niveau d’implication dans l’Église ou par l’intensité des expériences spirituelles. Elle est définie par l’accomplissement progressif de la justice de la loi de Dieu dans la vie quotidienne du croyant.
Pourquoi beaucoup d’Églises ont abandonné cette définition
La question mérite une réponse honnête et documentée. Comment en est-on arrivé à un christianisme qui parle de sanctification sans jamais mentionner la loi de Dieu ni les commandements ?
La première raison est l’influence de la théologie de la grâce mal comprise. Depuis la Réforme protestante du seizième siècle, la réaction légitime contre le salut par les œuvres a progressivement glissé vers une méfiance généralisée envers toute forme d’obéissance à la loi. La grâce a été présentée comme l’opposé de la loi alors que l’Écriture les présente comme complémentaires. Romains 3:31 dit explicitement : annulons-nous donc la loi par la foi ? Absolument pas. Au contraire nous confirmons la loi.
La deuxième raison est la substitution progressive de la loi morale par des principes généraux. Au lieu d’enseigner les dix commandements comme la définition concrète de la sainteté, beaucoup d’Églises enseignent des principes généraux comme aimez-vous les uns les autres, soyez bienveillants, vivez en paix. Ces principes ne sont pas faux mais ils sont incomplets. Car Jésus lui-même dit en Matthieu 22:40 que toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements d’amour. Les deux commandements d’amour ne remplacent pas les dix commandements. Ils en sont le résumé et le fondement.
La troisième raison est la peur de perdre des fidèles. Enseigner clairement que la sanctification est définie par l’obéissance aux commandements implique d’aborder des sujets difficiles. Le sabbat hebdomadaire contre la tradition du dimanche. L’adultère et la pornographie dans une culture de la sexualité libre. La convoitise et l’amour de l’argent dans une société consumériste. Ces sujets font fuir les croyants non transformés. Et beaucoup de pasteurs choisissent inconsciemment de les éviter pour maintenir la paix et la croissance numérique de leur Église.
La quatrième raison est l’influence de la culture thérapeutique. Le christianisme contemporain a été profondément influencé par la psychologie et la culture du bien-être. La sanctification est devenue guérison intérieure, estime de soi, épanouissement personnel. Ces réalités ont leur place dans la vie du croyant. Mais elles ne définissent pas la sanctification. La sanctification est définie par la Parole de Dieu, pas par les besoins psychologiques de l’homme moderne.
Les conséquences concrètes de cet abandon
Quand la sanctification n’est plus définie par l’obéissance aux commandements, les conséquences dans la vie des Églises sont graves et documentées.
Le péché n’est plus nommé avec précision. On parle de zones de faiblesse, de luttes personnelles, de domaines de croissance. Mais on ne dit jamais que transgresser le quatrième commandement sur le sabbat est un péché selon 1 Jean 3:4. On ne dit jamais que l’amour de l’argent est une transgression du dixième commandement sur la convoitise. On ne dit jamais que le mensonge habituel est une transgression du neuvième commandement. Et sans nomination précise du péché il n’y a pas de vraie repentance.
La repentance devient émotionnelle et passagère. Sans définition précise du péché par la loi, la repentance est réduite à un sentiment de regret ou de tristesse spirituelle qui passe avec le temps et laisse les comportements inchangés. 2 Corinthiens 7:10 dit que la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, mais que la tristesse du monde produit la mort. La différence entre les deux c’est précisément l’ancrage dans la loi de Dieu comme définition objective du péché.
La frontière entre l’Église et le monde s’efface progressivement. Quand la sanctification n’est plus définie par les commandements, le croyant ressemble de plus en plus au monde qui l’entoure. Il travaille le sabbat comme tout le monde. Il convoite comme tout le monde. Il ment comme tout le monde. Il s’adonne à l’immoralité comme tout le monde. Et l’Église perd son caractère de peuple séparé, de nation sainte, de sacerdoce royal selon 1 Pierre 2:9.
Ce que l’Église primitive enseignait sur la sanctification
Actes 2:42 dit que les premiers croyants persévéraient dans la doctrine des apôtres. Et quelle était cette doctrine sur la sanctification ? Elle était ancrée dans la loi de Dieu réinterprétée et accomplie par Christ et produite en nous par l’Esprit.
Jacques, le frère du Seigneur, dit en Jacques 1:25 : celui qui se penche sur la loi parfaite, la loi de liberté, et qui y persévère, n’étant pas un auditeur oublieux mais un homme qui agit, celui-là sera heureux dans son action. La loi de liberté c’est la Torah identifiée au tsedek en Psaume 119:172. Et la sanctification c’est se pencher sur cette loi, y persévérer et agir en conséquence.
Et Apocalypse 14:12 pose la définition finale et eschatologique de la sanctification des saints des derniers temps : c’est ici la persévérance des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Deux réalités simultanées et indissociables. Les commandements de Dieu comme définition concrète de la sainteté. La foi de Jésus comme fondement de la grâce qui rend cette sainteté possible. Les deux ensemble. Sans exception. Sans compromis.
Comment revenir à une sanctification biblique complète
Le retour à une sanctification bibliquement définie passe par plusieurs réalités concrètes que tout croyant sincère peut mettre en pratique.
Il passe d’abord par la redécouverte des dix commandements comme charte de vie du croyant régénéré. Non pas comme moyen de salut mais comme définition de la sainteté à laquelle l’Esprit nous conduit progressivement. Exode 20 doit redevenir le texte de référence de la sanctification pratique dans chaque Église et dans chaque foyer chrétien.
Il passe ensuite par la définition précise du péché par 1 Jean 3:4 dans tout enseignement sur la repentance. Sans cette définition la repentance reste incomplète et la sanctification reste vague.
Il passe par l’observation du sabbat hebdomadaire comme signe de l’alliance avec Dieu selon Exode 31:13 et comme expression concrète de la souveraineté de Dieu sur le temps et sur la vie du croyant.
Il passe par le retour à la doctrine apostolique primitive selon Actes 2:42, en se détachant progressivement des traditions humaines pour s’attacher à ce que l’Écriture seule enseigne sur la vie sainte.
Et il passe par l’amour croissant de la Parole de Dieu tel que le Psaume 119:97 le décrit : oh combien j’aime ta loi, elle est ma méditation de tout le jour. Car c’est cet amour de la Parole qui produit naturellement et joyeusement l’obéissance aux commandements, non comme un fardeau mais comme le désir le plus profond du cœur régénéré.
La sanctification n’est pas un idéal lointain et indéfini. C’est une réalité concrète, mesurable et scripturaire. Elle est définie par l’obéissance progressive aux commandements de Dieu par la puissance de l’Esprit. Elle est définie par la justice de la loi accomplie en nous selon Romains 8:4. Elle est définie par la persévérance dans les commandements de Dieu et la foi de Jésus selon Apocalypse 14:12. Et c’est cette sanctification précise et complète que beaucoup d’Églises ont abandonnée et que l’Écriture ne cesse de proclamer du premier verset au dernier.
Serge le prédicateur t’encourage




