Libre du péché : mais libre de quelle loi ?
Libre du péché : mais libre de quelle loi ?
Libre du péché : mais libre de quelle loi

Libre du péché : mais libre de quelle loi ?

En publiant récemment mon étude sur le Psaume 119 et l’identification de la loi à la justice, כָל מִצְוֹתֶיךָ צֶדֶק, mitsvotekha tsedek, tous tes commandements sont justice, j’ai reçu ce commentaire d’un frère que je cite intégralement :

« La croix rappelle la mort de Jésus pour payer le prix de nos péchés et les Écritures nous enseignent comment se réconcilier avec Dieu, et sa résurrection la victoire sur la mort ! L’apôtre Paul s’incluant lui-même, Actes 22:14-16, Romains 6:3-7 : Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec Lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec Lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché, car celui qui est mort est libre du péché. »

Je reçois ce commentaire avec respect et je reconnais que tout ce qu’il cite est bibliquement exact. La croix paie le prix du péché. La résurrection donne la victoire sur la mort. Romains 6:3-7 est un texte fondamental sur la mort au péché et la nouveauté de vie. Personne ne peut contester ces réalités.

Mais en le lisant attentivement, une question s’est imposée à moi avec une clarté que je ne pouvais pas ignorer. Ce commentaire parle de liberté du péché. Il parle de mort au vieil homme. Il parle de nouveauté de vie. Mais il ne définit jamais ce qu’est le péché. Et il ne mentionne pas une seule fois la loi de Dieu.

Et c’est précisément cette absence qui crée le problème théologique que mon étude veut résoudre.

Car si on ne définit pas le péché par la loi, la liberté du péché dont parle Romains 6 devient une notion vague, subjective et finalement dangereuse. Libre du péché. Mais libre de quelle loi ?

Première question fondamentale : qu’est-ce que le péché ?

Avant de parler de liberté du péché, il faut définir le péché avec précision. Et l’Écriture le fait avec une clarté absolue que nul ne peut contourner honnêtement.

1 Jean 3:4 dit : tout homme qui commet le péché commet aussi l’iniquité et le péché c’est l’iniquité. Le mot grec employé est ἀνομία, anomia, qui signifie littéralement absence de loi, transgression de la loi, violation de la loi. Jean ne dit pas que le péché est un comportement indésirable ou une mauvaise habitude. Il dit que le péché EST l’anomia. La transgression de la loi.

Et quelle loi ? La même loi que le Psaume 119 désigne sur cent soixante-seize versets. La même loi que Psaume 119:172 identifie à la justice elle-même. La même loi que Jésus dit en Matthieu 5:17 qu’il n’est pas venu abolir. La même loi que Paul dit en Romains 7:12 être sainte, juste et bonne. Les dix commandements, expression permanente et universelle de la volonté morale de Dieu pour l’humanité.

Si le péché est la transgression de la loi selon 1 Jean 3:4, alors être libre du péché selon Romains 6 c’est être libre de la transgression de la loi. Ce n’est pas être libre de la loi elle-même. Ce sont deux réalités radicalement différentes que beaucoup confondent.

Romains 6 jusqu’au bout : ce que le commentaire n’a pas cité

Le commentaire reçu s’arrête au verset 7 de Romains 6. Mais Paul continue. Et ce qu’il dit ensuite est précisément ce qui répond à la confusion que ce commentaire introduit involontairement.

Le verset 15 pose la question directement et sans ambiguïté : quoi donc, pécherons-nous parce que nous ne sommes pas sous la loi mais sous la grâce ? Et Paul répond : absolument pas, μὴ γένοιτο, mè genoito, que cela ne soit pas, formule grecque qui exprime le rejet le plus fort possible d’une proposition.

Observe ce que Paul fait ici. Il anticipe exactement l’objection que le commentaire introduit indirectement. Puisque nous sommes morts avec Christ, puisque nous sommes libres du péché, peut-on conclure que la loi n’a plus d’importance ? Paul dit non avec la plus grande force possible.

Et le verset 18 révèle ce que produit réellement la liberté du péché : ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice, δικαιοσύνη, dikaiosune en grec. Cette justice dont nous sommes devenus esclaves c’est exactement la tsedek du Psaume 119:172. La même racine hébraïque. La même réalité. La liberté du péché ne produit pas une vie sans loi. Elle produit une vie esclave de la justice qui est identique à la loi de Dieu.

Romains 6 complet dit donc le contraire de ce que beaucoup lui font dire. Il ne dit pas que la croix nous libère de la loi. Il dit que la croix nous libère de la transgression de la loi pour nous rendre esclaves de la justice qui est la loi elle-même accomplie en nous par l’Esprit.

Romains 8:4 : le but final de la croix

C’est le verset qui résume avec la plus grande précision le vrai but de l’œuvre rédemptrice du Christ. Romains 8:4 dit : afin que la justice de la loi fût accomplie en nous qui marchons non selon la chair mais selon l’Esprit.

Ce verset est d’une précision théologique remarquable. Il dit que Dieu a envoyé son Fils condamner le péché dans la chair afin que, ἵνα, hina, dans le but que, la justice de la loi fût accomplie en nous. Le but de la croix n’est pas de supprimer la loi. Le but de la croix est de produire en nous par l’Esprit l’accomplissement de la justice de la loi que nous ne pouvions pas accomplir par nos propres forces.

Ce que la loi exigeait et que la chair ne pouvait pas donner, la croix le rend possible par l’Esprit. C’est exactement ce qu’Ézéchiel 36:27 avait annoncé comme promesse de la nouvelle alliance : je mettrai mon Esprit en vous et je ferai en sorte que vous marchiez selon mes ordonnances. Non pas sans mes ordonnances. Selon mes ordonnances. La loi n’est pas supprimée. Elle est accomplie de l’intérieur par l’Esprit.

Ce que Jésus lui-même dit sur la loi

Avant Paul, avant Jean, avant Jacques, c’est Jésus lui-même qui a posé la position la plus claire et la plus définitive sur la loi. Matthieu 5:17-18 rapporte ses propres paroles : ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car je vous le dis en vérité, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, jusqu’à ce que tout soit arrivé.

Ce texte est d’une clarté absolue. Jésus ne vient pas supprimer la loi. Il vient l’accomplir. Et cet accomplissement ne signifie pas qu’il l’a terminée et qu’elle n’est plus nécessaire. Il signifie qu’il l’a remplie dans toute sa plénitude, qu’il l’a vécue parfaitement, et qu’il la produit maintenant en nous par son Esprit.

Et au verset 19 il ajoute : celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux. L’avertissement est direct et sans ambiguïté. Enseigner aux gens à se libérer des commandements de Dieu au nom de la grâce c’est exactement ce que Jésus condamne ici.

Les conséquences concrètes de cette lecture incomplète

Quand on enseigne que la croix nous libère de la loi sans définir précisément ce que cela signifie, les conséquences pratiques sont graves et documentées dans l’état actuel du christianisme populaire.

La première conséquence est l’abandon des commandements moraux. Si la loi est supprimée par la croix, alors les dix commandements ne sont plus contraignants. Le troisième commandement sur le nom de Dieu, le sixième sur le meurtre, le septième sur l’adultère, le neuvième sur le mensonge, tout cela devient optionnel ou relatif.

Et on voit effectivement dans beaucoup d’Églises des croyants qui se disent libres en Christ tout en vivant dans la transgression délibérée de commandements précis.

La deuxième conséquence est le reniement du sabbat hebdomadaire. Le quatrième commandement dit : souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le sabbat de l’Éternel ton Dieu. Ce commandement est partie intégrante de la loi morale que Psaume 119:172 identifie à la justice elle-même.

Si la loi est supprimée par la croix, le sabbat est le premier commandement à disparaître dans la pratique de millions de croyants. Or Ésaïe 56:2 dit : heureux l’homme qui fait cela, qui s’attache à cela, qui observe le sabbat sans le profaner. Et Apocalypse 14:12 identifie les saints des derniers temps comme ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Les deux ensemble. Sans exception.

La troisième conséquence est l’antinomisme confortable. L’antinomisme, du grec anti contre et nomos loi, est la doctrine qui affirme que la grâce libère le croyant de toute obligation envers la loi morale. C’est exactement l’objection que Paul réfute en Romains 6:15 par son μὴ γένοιτο absolument pas.

Et c’est pourtant la position pratique de beaucoup de croyants sincères qui ont reçu un enseignement incomplet sur la croix et la loi.

La grâce et la loi ne s’opposent pas

Voici la vérité que l’Écriture pose sans ambiguïté et que la publication de ce frère, sincère dans sa foi, n’a pas vu.

La grâce ne supprime pas la loi. La grâce accomplit ce que la loi exige et que la chair ne peut pas donner. La croix ne met pas fin à la loi. La croix met fin à la malédiction de la loi pour ceux qui transgressent, selon Galates 3:13, et produit en nous par l’Esprit l’accomplissement de la loi selon Romains 8:4.

Paul le dit avec une précision absolue en Romains 3:31 : annulons-nous donc la loi par la foi ? Absolument pas, μὴ γένοιτο, la même formule de rejet fort de Romains 6:15. Au contraire nous confirmons la loi. La foi en Christ ne détruit pas la loi. Elle la confirme, elle lui donne son vrai fondement, elle la rend accomplie dans le cœur du croyant régénéré par l’Esprit.

Et Jacques 2:12 clôture cette réalité en disant : parlez et agissez comme des gens qui seront jugés par une loi de liberté. Cette loi de liberté c’est la même Torah du Psaume 119 identifiée au tsedek au verset 172. Elle est appelée loi de liberté parce qu’elle libère du péché et non parce qu’elle libère de l’obéissance.

La croix et la loi ne s’opposent pas. La croix accomplit ce que la loi exige. La résurrection produit en nous la vie nouvelle qui est capable d’accomplir la loi. Et l’Esprit inscrit cette loi dans notre cœur pour que nous marchions selon ses ordonnances. Voilà l’évangile complet. Voilà ce que Romains 6 dit jusqu’au bout.

À celui qui est mort est libre du péché. Libre de la transgression de la loi. Mais esclave de la justice qui est la loi elle-même accomplie en nous par l’Esprit de Dieu.

Serge le prédicateur t’encourage

Tags:
Facebook
Publications

Autres publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Au Cœur de l'Action

VOTRE DOSE QUOTIDIENNE DE VÉRITÉ

L'actualité s'accélère et les signes des temps se multiplient. Chaque jour, je publie plusieurs analyses, pensées et encouragements pour garder votre lampe allumée. Ne vous contentez pas d'une visite occasionnelle : suivez le fil en temps réel