Des bébés spirituels à l’âge adulte : qui ne font toujours pas la différence entre la loi morale et la loi lévitique
Des bébés spirituels à l’âge adulte : qui ne font toujours pas la différence entre la loi morale et la loi lévitique

Des bébés spirituels à l’âge adulte : qui ne font toujours pas la différence entre la loi morale et la loi lévitique


🩵 Il faut le dire haut et fort : Des bébés spirituels à l’âge adulte

Il y a des choses que l’on hésite à dire par politesse, par respect des titres, par crainte de blesser des susceptibilités. Mais il y a un moment où le silence devient une complicité. Il y a un moment où l’amour véritable exige qu’on parle clairement, sans détour, sans adoucir ce qui ne peut pas être adouci.

Ce moment est arrivé. Nous avons parlé récemment de la fossilisation doctrinale, de ces croyants et de ces institutions dont la pensée s’est arrêtée il y a trois cent cinquante ans, incapables d’avancer d’un seul pas au-delà de ce que le système leur a transmis. Aujourd’hui nous en voyons le fruit le plus concret et le plus répandu.

Parce que ce dont il est question ici n’est pas une querelle de spécialistes, pas un débat de séminaire réservé aux docteurs en théologie. C’est une distinction fondamentale, élémentaire, que tout croyant sincère qui lit sa Bible avec honnêteté devrait être capable de faire.

Et pourtant, après des années d’enseignement, après des publications détaillées, après des explications répétées avec patience, il y a encore des hommes et des femmes, anciens dans la foi, certains portant le titre de pasteur, d’évangéliste, de responsable d’église, qui n’ont toujours pas fait cette distinction. Qui reviennent encore avec les mêmes versets. Les mêmes confusions.

Les mêmes amalgames. Comme si rien n’avait été dit. Comme si rien n’avait été écrit. Il faut le dire haut et fort. C’est une lacune grave. Une lacune qui révèle non pas un manque d’intelligence, mais un manque de maturité spirituelle. Et un croyant qui manque de maturité spirituelle, quel que soit son âge dans la foi, quel que soit son titre, quel que soit le nombre d’années passées derrière une chaire, est un bébé spirituel.

Paul lui-même l’a dit sans ménagement en Hébreux 5 verset 12 : vous devriez être des maîtres depuis longtemps, et vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu. Vous en êtes venus à avoir besoin de lait, et non d’une nourriture solide.

🩵 Deux lois que la Bible elle-même distingue

La confusion vient de là. On prend le mot loi dans la Bible comme s’il désignait une seule et même réalité. Comme si chaque fois que Paul écrit le mot loi il parlait de la même chose. Et c’est précisément cette paresse de lecture, cette absence de discernement, qui produit des croyants incapables de lire leur Bible avec cohérence.

Parce que la Bible ne parle pas d’une seule loi. Elle parle de plusieurs réalités distinctes que le même mot recouvre selon le contexte. Et la distinction la plus importante, la plus fondamentale, la plus décisive pour comprendre le message du Nouveau Testament, c’est celle-ci.

D’un côté la loi morale, les dix commandements, gravés dans la pierre par le doigt de Dieu lui-même, au Sinaï, dans le tonnerre et la gloire, déposés dans l’arche de l’alliance, au cœur même du lieu très saint. Une loi qui existait avant Moïse, avant le Sinaï, avant le peuple d’Israël, parce qu’elle est le reflet du caractère éternel de Dieu lui-même. La loi de l’amour. La loi de la liberté.

La loi royale dont parle Jacques en chapitre 2 verset 8. De l’autre côté la loi lévitique, les ordonnances de la sacrificature, le système des sacrifices d’animaux, les rituels du temple, les fêtes liées au système sacrificiel, tout ce corps d’ordonnances cérémonielles et rituelles qui n’était pas gravé dans la pierre mais écrit par Moïse dans un livre, déposé non pas dans l’arche mais à côté de l’arche, comme un témoignage temporaire.

Un système d’ombres et de figures qui pointait vers Christ et qui a trouvé son accomplissement en lui à la croix. Ce sont deux corps de loi distincts. Deux origines distinctes. Deux supports distincts. Deux destinations distinctes. Et les confondre c’est trahir le texte.

🩵 Le verset tordu comme une arme

Et pourtant c’est exactement ce que font ces bébés spirituels à l’âge adulte. Ils prennent des versets qui parlent clairement de la loi lévitique accomplie en Christ, des ordonnances cérémonielles clouées à la croix selon Colossiens 2 verset 14, et ils les brandissent comme des preuves que les dix commandements sont abolis.

Ils lisent Paul dire que nous ne sommes plus sous la loi et ils comprennent que les dix commandements sont supprimés. Ils lisent que Christ est la fin de la loi en Romains 10 verset 4 et ils concluent que l’amour de Dieu, que l’interdiction du meurtre, que la sainteté du sabbat, que l’interdit de l’adultère n’ont plus aucune valeur. C’est un détournement.

C’est une torsion du texte. C’est lire la Bible non pas pour comprendre ce qu’elle dit, mais pour trouver des munitions qui justifient ce qu’on a déjà décidé de croire.

Et quand on leur explique, quand on leur montre le texte en contexte, quand on leur montre la différence entre l’arche et le côté de l’arche, entre le doigt de Dieu et la main de Moïse, entre la loi royale et les ordonnances cérémonielles, ils reviennent la semaine suivante avec le même verset mal compris comme si la conversation n’avait pas eu lieu.

C’est ça un bébé spirituel. Non pas quelqu’un qui ne sait pas encore. Mais quelqu’un qui ne veut toujours pas apprendre.

🩵 Une lacune grave dans le monde évangélique et protestant

Il faut nommer les choses. En tant que croyant appartenant au monde évangélique et protestant, cette confusion est une lacune grave. Pas une erreur mineure. Pas une nuance théologique sur laquelle les gens de bonne foi peuvent légitimement diverger. Une lacune grave. Parce qu’elle touche au cœur même de la compréhension du plan du salut.

Parce qu’elle touche à la nature de Dieu, dont la loi morale est le reflet immuable. Parce qu’elle touche à la croix, dont l’œuvre est mal comprise si on ne sait pas ce qu’elle a accompli et ce qu’elle n’a pas aboli. Un médecin qui ne fait pas la différence entre deux organes vitaux n’est pas un médecin imprecis.

C’est un médecin dangereux. Un enseignant de la Parole qui ne fait pas la différence entre la loi morale et la loi lévitique n’est pas un enseignant incomplet. C’est un enseignant qui conduit ses auditeurs dans une direction fausse avec la sincérité d’un homme qui croit avoir raison. Et c’est précisément pour ça que c’est grave.

🩵 La maturité spirituelle ne se mesure pas en années

On pourrait croire que le temps arrange les choses. Que plus on avance dans la foi, plus on affine sa compréhension des Écritures. Mais le temps seul ne fait pas la maturité. Le temps passé dans une confusion confirmée ne produit pas la lumière.

Il produit une confusion plus ancienne, plus enracinée, plus difficile à déloger. Un croyant de trente ans de foi qui n’a jamais remis en question ce qu’on lui a enseigné n’est pas un croyant mûr. C’est un croyant vieilli dans son immaturité.

La maturité spirituelle se mesure à la capacité de retourner au texte, de vérifier, de remettre en question, de recevoir la correction avec humilité, et d’avancer dans la lumière même quand elle contredit ce qu’on croyait depuis longtemps.

Et c’est précisément cette capacité-là qui manque à ceux qui, après toutes les explications reçues, après toutes les publications lues, reviennent encore avec les mêmes versets tordus pour défendre une position que le texte lui-même ne soutient pas.

🩵 La loi morale est la loi de l’amour et de la liberté

Finissons par le positif. Parce que le but n’est pas de condamner. Le but est d’ouvrir les yeux. La loi des dix commandements n’est pas un joug. Elle n’est pas une prison. Elle n’est pas le contraire de la grâce. Elle est le reflet du caractère de Dieu. Elle est la définition de l’amour en actes concrets.

Ne pas avoir d’autres dieux, ne pas tuer, ne pas commettre l’adultère, ne pas voler, honorer ses parents, sanctifier le sabbat, ce sont les contours de l’amour tel que Dieu lui-même le définit. Jean le dit sans ambiguïté en 1 Jean 5 verset 3 : l’amour de Dieu c’est que nous gardions ses commandements.

Et ses commandements ne sont pas pénibles. Jacques l’appelle la loi de la liberté en chapitre 1 verset 25. Paul l’appelle sainte, juste et bonne en Romains 7 verset 12. Ce n’est pas une loi abolie. C’est une loi accomplie en Christ, c’est-à-dire pleinement révélée, pleinement vécue, et pleinement écrite dans le cœur de ceux qui lui appartiennent, selon la promesse de la nouvelle alliance en Hébreux 8 verset 10.

Comprendre cela c’est sortir de l’enfance spirituelle. C’est commencer à marcher dans la maturité. Et cette maturité-là est accessible à tous, à condition d’avoir l’humilité de retourner au texte avec des yeux neufs.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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