Je suis un ver et non pas un homme
Je suis un ver et non pas un homme
Je suis un ver et non pas un homme

Je suis un ver et non pas un homme

Ces mots ne sont pas une crise de faible estime de soi.

Ce sont les mots d’un homme écrasé, exposé, dépouillé de toute dignité.

Ils sortent du Psaume 22, ce cri prophétique qui traverse les siècles jusqu’au bois du Golgotha.

Mais avant d’entrer dans la profondeur réelle de ce texte, il faut dire quelque chose d’important.

Une publication circule en ce moment sur les réseaux et prétend révéler le code secret de ce verset. Elle affirme que le mot hébreu tola’ath désignerait un ver femelle qui se fixe au bois d’un arbre, donne naissance à ses petits, sécrète un liquide cramoisi protecteur, meurt et ressuscite trois jours plus tard en devenant blanc.

Et elle présente cette reconstitution comme une révélation zoologique extraordinaire cachée dans le texte hébreu depuis des millénaires.

C’est une belle histoire. Et c’est précisément le problème.

Cette reconstitution est une invention narrative pieuse qui n’a aucun fondement zoologique sérieux. Aucun entomologiste ne reconnaîtra ce comportement comme celui du kermès ou de la cochenille qui produisait effectivement la teinture rouge cramoisi dans l’Antiquité.

Le détail des trois jours après lesquels le corps mort de la mère deviendrait blanc comme de la cire est fabriqué de toutes pièces pour créer une connexion émotionnelle avec la résurrection de Christ.

Et surtout ce code zoologique n’est pas nécessaire. Parce que la vraie profondeur de ce verset dépasse infiniment toute reconstitution narrative. Il suffit de lire ce que le texte hébreu dit réellement.

Le texte hébreu du Psaume 22:6 : Je suis un ver et non pas un homme

Dans le texte hébreu, David écrit : וְאָנֹכִי תוֹלַעַת וְלֹא-אִישׁ, ve’anokhi tola’at velo ish, mais moi je suis un ver et non un homme, חֶרְפַּת אָדָם וּבְזוּי עָם, cherpat adam uvezui am, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple.

Le mot תּוֹלַעַת, tola’at, désigne un ver minuscule, fragile, insignifiant, l’image de ce qu’on écrase sans même y prêter attention. David ne parle pas de zoologie. Il ne parle pas du comportement reproductif d’un insecte. Il parle d’humiliation.

Il se voit comme quelqu’un qu’on ne considère plus, qu’on piétine, qu’on méprise. Ce verset est le sommet de la déshumanisation : je ne suis même plus un homme à leurs yeux.

La vraie révélation n’est pas dans la biologie d’un insecte. Elle est dans la profondeur de cet abaissement volontaire. Et elle n’a besoin d’aucun code pour être bouleversante.

La culture juive de citation des psaumes

Des siècles plus tard, sur la croix, Jésus prononce une phrase que les évangiles ont gardée dans sa langue originale. Matthieu 27:46 dit : vers la neuvième heure Jésus s’écria d’une voix forte Éli Éli lama sabachthani ce qui signifie mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

C’est le premier verset du Psaume 22.

Dans la culture juive du premier siècle, citer le début d’un psaume c’est convoquer tout le psaume. Comme lorsque tu dis notre Père qui es aux cieux et que toute la prière vient avec. En citant ce verset Jésus ne lance pas une phrase isolée d’abandon. Il se place dans le Psaume 22. Il s’approprie ce cri. Il entre dans cette expérience d’abandon, de moquerie, de rejet, de honte.

Le Psaume 22 : une précision prophétique troublante

Ce psaume décrit avec une précision qui dépasse toute coïncidence ce que Jésus vit à ce moment là. Les moqueries des spectateurs aux versets 7 et 8. Les regards et les bouches qui ricanent. Les mains et les pieds percés au verset 16. Les vêtements partagés et la tunique tirée au sort au verset 18. Tout y est, écrit un millénaire avant la crucifixion.

Et au cœur de ce psaume se trouve cette phrase au verset 6 : je suis un ver et non pas un homme.

Est-ce que les évangiles rapportent que Jésus a prononcé exactement ces mots ? Non. Mais en reprenant le Psaume 22 comme sa prière, il embrasse tout ce que ce psaume contient. L’abandon, la honte, le mépris, la déshumanisation. Il ne s’est pas contenté de citer le premier verset pour en prendre le sens général. Il a pris sur lui tout le psaume dans sa totalité.

La profondeur réelle de cet abaissement

Le Fils de Dieu accepte d’entrer dans la condition de celui qui n’est plus considéré comme un homme. Lui le Créateur se laisse traiter comme moins que rien. Lui l’Image parfaite de Dieu accepte d’être vu comme un rebut de l’humanité. Lui le Roi de gloire se laisse placer au rang d’un ver qu’on écrase.

Et il n’a pas eu besoin d’un code zoologique pour accomplir cela. Il a eu besoin de la croix.

Philippiens 2:7-8 dit qu’il s’est dépouillé lui-même en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes. Et étant reconnu pour un homme par son extérieur il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, même la mort de la croix.

L’abaissement de Christ ne s’arrête pas à l’incarnation. Il descend jusqu’à l’humiliation totale, jusqu’au mépris public, jusqu’au supplice réservé aux criminels les plus bas.

C’est infiniment plus profond qu’un ver qui sécrète un liquide cramoisi.

Ce que ce verset dit à ceux qui souffrent aujourd’hui

Ce verset n’est pas une curiosité poétique et ce n’est pas non plus un code à décrypter. C’est la profondeur de l’abaissement du Christ pour rejoindre ceux que le monde écrase.

Il ne s’est pas seulement fait homme. Il s’est laissé traiter comme moins qu’un homme. Pourquoi ? Pour rejoindre ceux que le monde écrase. Pour se tenir à la place de ceux qu’on ne regarde plus.

Pour porter la honte de ceux qu’on a dépouillés de toute dignité. Pour que ceux que l’on traite comme des riens entendent du ciel tu es mon fils, tu es ma fille.

Quand tu te sens invisible, ignoré, méprisé, quand tu as l’impression de ne plus compter pour personne, souviens-toi. Le Roi de gloire a traversé cette humiliation là. Il a pris sur lui le Psaume 22 pour que tu n’y restes pas enfermé.

La vraie puissance de ce texte n’est pas dans la biologie d’un insecte. Elle est dans la décision souveraine et libre du Fils de Dieu de descendre jusqu’au dernier degré de l’humiliation humaine, de s’identifier à ceux que le monde ne regarde plus, et de les relever de là.

Là où les hommes voient un ver, Dieu prépare un héritier.

Serge le prédicateur t’encourage

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