C’est ACCOMPLI n’est pas c’est ABOLI : la confusion qui détruit la sanctification
C’est ACCOMPLI n’est pas c’est ABOLI : la confusion qui détruit la sanctification
C'est ACCOMPLI n'est pas c'est ABOLI

C’est ACCOMPLI n’est pas c’est ABOLI : la confusion qui détruit la sanctification

Il existe dans le christianisme contemporain une confusion linguistique d’une gravité doctrinale immense. Une confusion si subtile que des millions de croyants sincères la reproduisent chaque dimanche sans en mesurer les conséquences.

Une confusion qui détruit silencieusement la sanctification réelle de l’Église et qui produit des chrétiens convaincus qu’ils n’ont plus à obéir aux commandements de Dieu.

Cette confusion tient en deux expressions qui sonnent presque pareil mais qui signifient l’inverse l’une de l’autre.

C’est accompli.

C’est aboli.

Quand Jésus prononce sur la croix le mot τετέλεσται, tetelestai, en Jean 19:30, traduit en français par tout est accompli, il pose un acte théologique d’une portée infinie. Il déclare que l’œuvre rédemptrice est complète, que la dette du péché est payée, que les prophéties messianiques ont atteint leur but.

Mais beaucoup d’enseignants chrétiens contemporains utilisent ce mot accompli pour signifier en réalité aboli. Ils citent Matthieu 5:17 où Jésus dit qu’il n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir. Et ils en concluent que la loi est désormais terminée pour le croyant, qu’elle ne s’applique plus, qu’elle a fini son travail et que celui qui est en Christ n’a plus à la pratiquer.

C’est une falsification linguistique et doctrinale. Et c’est cette falsification que mon étude veut nommer, exposer et corriger à la lumière de l’Écriture.

Le mot grec πληρόω, plèroo : ce qu’il signifie réellement

Le verbe que Jésus utilise en Matthieu 5:17 est πληρόω, plèroo. Sa signification première est remplir, faire atteindre la plénitude, conduire à l’accomplissement total. Il vient de la même racine que πλήρωμα, plèroma, la plénitude, la complétude.

Ce mot ne signifie jamais terminer dans le sens de mettre fin à. Il ne signifie jamais supprimer. Il ne signifie jamais annuler. Il signifie toujours remplir jusqu’à la plénitude, conduire à la réalisation complète, faire atteindre le but visé.

Quand l’Écriture dit que les temps furent accomplis pour la naissance de Jésus selon Galates 4:4, ἦλθεν τὸ πλήρωμα τοῦ χρόνου, èlthen to plèroma tou chronou, elle ne dit pas que le temps a cessé d’exister. Elle dit que le temps a atteint sa plénitude pour ce moment précis.

Quand Paul dit que les croyants sont remplis de l’Esprit en Éphésiens 5:18, πληροῦσθε ἐν πνεύματι, plèrousthe en pneumati, il ne dit pas que l’Esprit a cessé d’agir. Il dit que l’Esprit remplit pleinement le croyant.

Et quand Jésus dit qu’il n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir, il ne dit pas qu’il vient mettre fin à la loi. Il dit qu’il vient la remplir dans toute sa plénitude, manifester son sens véritable, l’accomplir parfaitement dans sa vie et la rendre accomplissable en nous par son Esprit.

Plèroo en grec signifie remplir et non supprimer. Toute interprétation de l’accomplissement de la loi qui aboutit à sa suppression pratique pour le croyant est une trahison du sens même du mot que Jésus a employé.

La différence concrète entre accomplir et abolir

Imagine que je te promette de te rembourser une dette. Si j’accomplis ma promesse je te paie effectivement la somme due. La promesse a atteint sa plénitude. Elle est accomplie. Mais cela ne veut pas dire que les dettes en général sont abolies dans le monde. Cela veut dire que cette promesse précise a été honorée jusqu’au bout.

Si au contraire j’abolis ma promesse je déclare qu’elle ne s’applique plus, qu’elle est annulée, qu’il n’y a plus de dette à régler. Ce n’est pas un accomplissement. C’est une suppression pure et simple.

Appliqué à la loi de Dieu cela donne deux scénarios radicalement différents.

Si Christ accomplit la loi il vit parfaitement chaque commandement. Il rend manifeste leur véritable sens. Il paie la malédiction que la loi prononce contre les transgresseurs selon Galates 3:13. Et il produit en nous par son Esprit l’accomplissement de la justice de la loi selon Romains 8:4.

La loi reste en vigueur. Elle est honorée. Elle est intériorisée. Elle est aimée. Elle est obéie. Mais elle reste la norme qui définit la vie sainte du croyant régénéré.

Si Christ abolit la loi il déclare que les dix commandements ne s’appliquent plus aux croyants. Plus d’interdiction de l’idolâtrie. Plus d’obligation du sabbat. Plus d’interdiction du meurtre. Plus d’interdiction de l’adultère.

Plus d’interdiction du mensonge. Plus d’interdiction de la convoitise. Le croyant pourrait théoriquement transgresser tous ces commandements sans que cela soit considéré comme un péché puisque la loi qui les définit serait abolie.

Aucun chrétien sincère n’oserait soutenir qu’on peut maintenant adorer des idoles, mentir, voler ou commettre l’adultère parce que la loi serait abolie. Et pourtant c’est exactement ce que l’antinomisme conséquent devrait conclure. La preuve qu’il y a confusion dans les termes c’est que ceux qui disent la loi est abolie ne tirent jamais les conséquences réelles de leur propre affirmation.

Les indices linguistiques qui révèlent la confusion

Quand un enseignant chrétien glisse subtilement de l’accomplissement vers l’abolition, certains signaux linguistiques précis révèlent immédiatement la manipulation.

Le premier indice est l’usage de l’imparfait pour parler de la loi. Quand quelqu’un écrit l’Esprit produit la justice que la loi demandait, à l’imparfait, il place la loi dans le passé. Comme si elle ne demandait plus rien aujourd’hui. C’est un glissement temporel qui transforme une réalité présente en réalité dépassée.

Le deuxième indice est l’opposition entre règle extérieure et conduite par l’Esprit comme si l’Esprit conduisait à autre chose que ce que la loi prescrit. Or Romains 8:4 dit exactement le contraire. L’Esprit conduit précisément à l’accomplissement de la justice de la loi. Pas au-delà de la loi. Pas à côté de la loi. La justice de la loi.

Le troisième indice est la substitution du mot loi par le mot amour comme si l’amour remplaçait la loi. Or Romains 13:10 dit que l’amour est la plénitude de la loi, πλήρωμα νόμου, plèroma nomou, pas son remplacement.

L’amour véritable produit naturellement l’obéissance aux commandements parce qu’il ne ment pas, ne vole pas, ne convoite pas, ne profane pas le sabbat. L’amour ne dispense pas de la loi. L’amour accomplit la loi.

Le quatrième indice est l’usage du verbe accomplir au passé absolu pour signifier que tout est terminé. Christ a accompli la loi une fois pour toutes pour nous. Donc nous n’avons plus rien à accomplir.

C’est une lecture qui confond l’accomplissement substitutif de la justification avec l’accomplissement progressif de la sanctification que l’Esprit produit en nous tout au long de notre vie selon Philippiens 2:12-13.

Ce qu’est un véritable accomplissement de la loi

Un véritable accomplissement de la loi selon le sens biblique de plèroo se reconnaît à plusieurs caractéristiques précises et identifiables.

D’abord la loi est inscrite dans le cœur du croyant régénéré selon Jérémie 31:33 et Hébreux 8:10. Elle n’est plus une pierre extérieure qui menace. Elle est devenue le désir intérieur qui habite. Mais cela suppose qu’elle existe et qu’elle est en vigueur. On n’inscrit pas dans un cœur ce qui a été aboli.

Ensuite la justice de la loi est accomplie dans la vie du croyant qui marche selon l’Esprit selon Romains 8:4. Concrètement cela signifie que ce croyant ne ment pas, ne vole pas, ne profane pas le sabbat, n’adultère pas, ne convoite pas. Pas parfaitement, car la sanctification est progressive, mais réellement, sincèrement, avec une trajectoire visible et mesurable.

Puis les commandements sont gardés par amour selon Jean 14:15 où Jésus dit si vous m’aimez gardez mes commandements. L’amour véritable pour Christ ne supprime pas les commandements. Il les fait garder.

Et enfin le croyant peut dire avec le psalmiste en Psaume 119:97 oh combien j’aime ta loi, elle est ma méditation de tout le jour. C’est l’aboutissement intérieur de la nouvelle alliance. La loi devient l’objet de l’amour, de la méditation et de la joie du croyant régénéré. Pas de son rejet poli sous prétexte d’accomplissement.

Voilà ce qu’est un véritable accomplissement de la loi. Pas sa suppression habillée en théologie de la grâce. Mais son intériorisation glorieuse, son obéissance joyeuse et sa pratique visible dans la vie du croyant transformé par l’Esprit.

Ce que serait une véritable abolition de la loi

Pour mesurer la gravité de la confusion examinons ce que serait une abolition réelle de la loi prise au sérieux dans toutes ses conséquences.

Si la loi était abolie le premier commandement n’existerait plus. Le croyant pourrait théoriquement adorer plusieurs dieux sans que cela soit un péché.

Si la loi était abolie le quatrième commandement n’existerait plus. Le sabbat hebdomadaire ne serait plus signe de l’alliance. Le travail le septième jour ne serait plus une transgression.

Si la loi était abolie le sixième commandement n’existerait plus. Le meurtre ne serait plus défini comme un péché objectif.

Si la loi était abolie le septième commandement n’existerait plus. L’adultère cesserait d’être objectivement condamné.

Si la loi était abolie le neuvième commandement n’existerait plus. Le mensonge ne serait plus une transgression devant Dieu.

Si la loi était abolie le dixième commandement n’existerait plus. La convoitise ne serait plus identifiée comme un péché.

Aucun chrétien sincère et lucide n’oserait soutenir publiquement ces conséquences. Et pourtant c’est exactement ce que l’antinomisme implique nécessairement quand il affirme que la loi est abolie.

La preuve que ceux qui disent la loi est abolie ne croient pas vraiment à leur propre affirmation c’est qu’ils continuent à condamner moralement le meurtre, l’adultère, le mensonge et le vol. Ils condamnent donc en pratique la transgression de commandements qu’ils déclarent abolis en théorie. C’est une contradiction qu’ils ne peuvent pas tenir jusqu’au bout.

La sanctification dépend précisément de cette distinction

Pourquoi cette confusion entre accompli et aboli détruit-elle la sanctification ? Parce que la sanctification est précisément définie par l’accomplissement progressif de la justice de la loi dans la vie du croyant régénéré selon Romains 8:4.

Si la loi est accomplie au sens biblique alors le croyant a un standard objectif de sainteté. Il sait concrètement à quoi ressemble une vie sainte. Il peut mesurer ses progrès, identifier ses chutes, se repentir avec précision et coopérer avec l’Esprit pour grandir dans l’obéissance. La sanctification devient mesurable, réelle, vérifiable.

Si au contraire la loi est abolie habillée en accomplissement le croyant n’a plus de standard objectif. La sainteté devient une notion subjective qui dépend de sa sensibilité personnelle, de sa culture religieuse, de son groupe d’appartenance.

Il peut se persuader qu’il est sanctifié sans aucun changement réel de comportement parce qu’il n’y a plus de critère extérieur à lui-même pour mesurer cette sanctification.

Voilà pourquoi cette confusion détruit la sanctification de millions de croyants. Elle leur retire le standard que Dieu lui-même a donné pour définir la vie sainte. Elle les laisse seuls avec leur subjectivité religieuse. Et elle produit des chrétiens convaincus de leur sanctification mais dont la vie ne ressemble en rien à celle que la loi de Dieu prescrit.

Revenir à la précision biblique

Face à cette confusion généralisée le retour à la précision biblique est urgent et nécessaire. Et il commence par cette distinction simple que tout croyant peut intégrer.

Quand Jésus dit en Matthieu 5:17 qu’il n’est pas venu abolir mais accomplir la loi, il ne dit pas qu’il vient supprimer la loi. Il dit qu’il vient la remplir, l’honorer, la rendre accomplie en lui et accomplissable en nous par son Esprit.

Quand Jésus dit sur la croix en Jean 19:30 c’est accompli, il ne dit pas que la loi est abolie. Il dit que l’œuvre rédemptrice est achevée, que la dette du péché est payée, que la voie est ouverte pour que la loi soit inscrite dans le cœur de chaque croyant régénéré.

Et quand Paul dit en Romains 8:4 que la justice de la loi est accomplie en nous qui marchons selon l’Esprit, il ne dit pas que la loi est terminée. Il dit qu’elle est en train d’être accomplie en nous par l’Esprit. Au présent. Continuellement. Tout au long de notre vie chrétienne.

C’est accompli ne veut pas dire c’est aboli. C’est rempli. C’est honoré. C’est mené à sa plénitude. Et cette plénitude continue de se déployer dans la vie du croyant régénéré jusqu’au jour de Jésus-Christ selon Philippiens 1:6.

Telle est la vérité que la confusion linguistique contemporaine cache à des millions de croyants. Et telle est la vérité que mon étude veut rétablir avec la précision et la rigueur que la Parole de Dieu mérite.

Serge le prédicateur t’encourage

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