La LOI de Dieu est établie à jamais dans les Cieux
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La LOI de Dieu est établie à jamais dans les Cieux

Étude exégétique du Psaume 119:89 à partir des textes hébreux et grecs originaux.

Une affirmation qui mérite qu’on s’y arrête.

Il est une objection que l’on entend régulièrement dans les milieux chrétiens : les Dix Commandements auraient été donnés à Moïse, pour Israël, dans un contexte historique précis, et par conséquent ils n’existeraient pas avant le Sinaï, ils ne s’appliqueraient pas aux nations, et la croix du Christ les aurait rendus caducs.

Cette position, souvent présentée avec assurance, est en réalité contredite de manière frontale par le texte biblique lui-même, dès lors qu’on prend la peine de le lire dans ses langues originales.

Le Psaume 119 est le plus long chapitre de toute la Bible. Il est entièrement consacré à chanter, méditer et célébrer la Loi de Dieu sous toutes ses formes : la Torah, les mishpatim (jugements), les houqim (statuts), les mitsvot (commandements).

Et au verset 89, au cœur de cet hymne, le psalmiste pose une affirmation d’une densité extraordinaire. Pour qui sait lire l’hébreu, ce verset à lui seul devrait clore le débat.

Le texte hébreu : cinq mots qui changent tout

Voici le verset dans sa translittération : Le-olam YHWH devar-kha nitsav ba-shamayim.

La plupart des traductions françaises rendent cela par quelque chose comme : « À toujours, ô Éternel, ta parole subsiste dans les cieux. » Ce n’est pas inexact, mais c’est pâle. Quand on entre dans chacun de ces mots hébreux, on découvre une réalité bien plus forte.

Le-olam. Ce mot est traduit « à toujours » ou « éternellement », et c’est juste, mais la nuance est importante. Olam vient de la racine alam, qui signifie « être caché, être obscur dans le lointain inaccessible ». Il désigne ce qui se perd dans les profondeurs du temps, aussi bien dans l’infini du passé que dans l’infini du futur.

Ce n’est pas simplement « longtemps » ou « très longtemps ». C’est ce qui se situe au-delà de toute limite temporelle assignable. La Loi n’est pas ancienne, elle est intemporelle. Elle n’a pas de point de départ dans l’histoire, pas plus que Dieu lui-même n’en a.

Devarkha, « ta parole ». Mais en hébreu, davar ne désigne pas une simple émission sonore. C’est une parole agissante, une réalité concrète, un décret qui effectue ce qu’il énonce.

La Parole de Dieu crée, ordonne, juge, accomplit. Et cette précision n’est pas anodine : les Dix Commandements s’appellent précisément, en hébreu biblique, Aseret ha-Devarim, « les Dix Paroles » (Exode 34:28 ; Deutéronome 4:13).

Le terme employé au Psaume 119:89 pour désigner la Loi éternelle est exactement le même que celui utilisé pour désigner les Dix Commandements. Ce n’est pas une coïncidence, c’est une identification.

Nitsav. C’est ici que réside l’argument le plus puissant, et c’est précisément ce que les traductions atténuent le plus. Nitsav est un participe Niphal de la racine natsav. Ce point grammatical est capital.

Le Niphal est la forme passive-réfléchie du verbe hébreu, et lorsqu’il s’emploie sous la forme d’un participe, il exprime non pas une action passée accomplie, mais un état permanent, continu, ontologique.

La traduction la plus littéralement exacte n’est pas « a été établie », comme si quelqu’un avait posé la Loi à un moment donné de l’histoire, mais « est en train de se tenir debout, est stationnée, est en faction ».

La racine natsav désigne les poteaux plantés en terre, les colonnes dressées, les bornes inamovibles, la sentinelle en poste. La Loi de Dieu est debout dans les cieux, immobile, permanente, comme une colonne que rien n’a érigée parce qu’elle a toujours été là.

Ba-shamayim, « dans les cieux ». Shamayim est un pluriel, et en hébreu biblique ce terme désigne toujours, sans exception, la demeure de Dieu lui-même, le lieu de son trône et de sa présence (Psaume 11:4 ; Ésaïe 66:1 ; 1 Rois 8:30). Il ne s’agit pas de l’atmosphère terrestre, du ciel bleu au-dessus de nos têtes. La Loi n’est pas stationnée dans les nuages, elle est stationnée là où se trouve le trône de l’Éternel.

Une traduction rigoureuse et fidèle à l’hébreu donnerait donc quelque chose comme : « Dans l’éternité, ô YHWH, ta Parole, les Dix Paroles, est stationnée debout, en faction permanente, dans les cieux là où tu trônes. »

Il n’y a aucune ambiguïté dans ce texte pour quiconque lit l’hébreu : la Loi préexiste à toute révélation terrestre. Elle n’a pas été créée au Sinaï. Elle a été révélée au Sinaï.

La Septante confirme : diaménei, « elle traverse tout »

La Septante, traduction grecque de l’Ancien Testament réalisée pour les Juifs de la diaspora à partir du IIIe siècle avant notre ère, rend ce verset ainsi : « Eis ton aiôna, kurie, ho logos sou diaménei en tô ouranô », ce que l’on peut traduire par : « Dans l’éternité, Seigneur, ta Parole demeure dans le ciel. »

Le verbe choisi par les traducteurs est diaménei, présent actif de diaménô. Ce verbe est composé de dia (à travers, de part en part, en traversant intégralement) et menô (demeurer, rester, persister).

Il signifie littéralement « elle persiste à travers tout, elle traverse tous les âges sans être altérée. » Le temps présent de l’indicatif dit que c’est un état actuel, permanent, en cours. Les traducteurs grecs ont parfaitement saisi le sens du participe Niphal hébreu et l’ont rendu avec une précision remarquable.

Il est aussi très important de noter que la Septante emploie ici ho logos, « la Parole ». C’est exactement le terme qu’emploiera Jean au début de son évangile : « Au commencement était le Logos, et le Logos était avec Dieu, et le Logos était Dieu. » La Parole-Loi de Dieu et le Logos éternel partagent la même désignation.

Ce n’est pas un hasard : pour Jean, formé dans la tradition hébraïque, la Torah est l’expression de ce Logos éternel. Quand Jean dit que le Logos était au commencement, il s’inscrit dans une tradition exégétique qui reconnaissait depuis longtemps que la Parole divine, y compris la Torah, préexistait à la Création.

L’arche céleste : la preuve architecturale

Au-delà du lexique, la Bible fournit une preuve concrète et architecturale de l’existence céleste de la Loi. Le livre de l’Apocalypse, au chapitre 11 verset 19, rapporte cette vision de Jean : « Le temple de Dieu qui est dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance parut dans son temple. »

L’arche de l’alliance, celle qui contenait les tables de la Loi, existe dans le sanctuaire de Dieu au ciel. Ce n’est pas l’arche terrestre de Moïse qui aurait été transportée dans les cieux. C’est l’original, dont l’arche terrestre n’était que la copie. Et cette arche céleste contient les tables de la Loi, les Aseret ha-Devarim, les Dix Paroles.

Ce principe, le sanctuaire céleste comme original et le sanctuaire terrestre comme copie, est explicitement enseigné dans la lettre aux Hébreux.

Au chapitre 8 verset 5, il est dit des sacrificateurs terrestres qu’ils font un service qui est la figure et l’ombre des choses célestes, selon que Moïse en fut divinement averti quand il allait construire le tabernacle : « Vois, lui dit-il, fais tout d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne. »

Le terme grec employé est hypodeigma kai skia, « figure et ombre ». Et en Hébreux 9:23, les choses terrestres sont explicitement appelées « les images des réalités célestes ».

Dans l’hébreu de l’Exode (25:9 et 25:40), le mot utilisé pour désigner le modèle montré à Moïse est tavnit, « patron architectural, plan d’architecte ». Moïse a reçu la Torah comme un architecte reçoit les plans d’un édifice qui existe déjà dans l’esprit du Maître d’œuvre. Il ne crée rien, il reçoit ce qui est.

Cela signifie que les tables de la Loi données au Sinaï ne sont pas une création, elles sont une révélation. La Loi n’est pas née ce jour-là, elle a été communiquée ce jour-là, comme on remet à quelqu’un une copie d’un document qui existait bien avant lui.

La Loi comme transcription du caractère éternel de Dieu

Pourquoi la Loi morale est-elle nécessairement éternelle ? Parce qu’elle n’est pas une invention arbitraire de Dieu pour occuper Israël dans le désert.

Elle est la transcription du caractère même de Dieu, elle est ce que Dieu est, mis en commandements compréhensibles pour l’homme.

« Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » parce que Dieu est unique et qu’il n’y a pas d’autre être de sa nature. « Tu ne te feras pas d’idole » parce que Dieu est pur esprit, infini et invisible, et que toute représentation matérielle le réduit à ce qu’il n’est pas.

« Tu ne porteras pas le nom de l’Éternel en vain » parce que le nom de Dieu porte sa réalité, et que la sainteté de Dieu ne supporte pas le mensonge ni la légèreté.

« Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier » parce que Dieu lui-même s’est reposé, a béni et sanctifié ce septième jour dès la semaine de la Création (Genèse 2:2-3), et que ce repos est le sceau de sa souveraineté de Créateur.

« Honore ton père et ta mère » parce que Dieu est Père et que toute autorité vient de lui. « Tu ne tueras pas » parce que Dieu est la Source et le Propriétaire de toute vie.

« Tu ne commettras pas d’adultère » parce que Dieu est fidèle à son alliance et que la fidélité conjugale en est l’image. « Tu ne voleras pas » parce que Dieu est juste et que tout lui appartient. « Tu ne porteras pas de faux témoignage » parce que Dieu est la Vérité même. « Tu ne convoiteras pas » parce que Dieu est pleinement satisfait en lui-même et n’est mu par aucun désir désordonné.

Si Dieu est éternel, et si la Loi est le reflet de son caractère, alors la Loi est éternelle. Elle ne pouvait pas avoir commencé au Sinaï, pas plus que la sainteté de Dieu n’a commencé au Sinaï.

Abolir la Loi reviendrait à affirmer que le caractère de Dieu a changé, ce que les Écritures nient catégoriquement : « Je suis l’Éternel, je ne change pas » (Malachie 3:6), et « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement » (Hébreux 13:8).

Les témoignages d’avant le Sinaï

Si la Loi n’existait pas avant le Sinaï, comment expliquer les nombreux textes bibliques qui présupposent son existence bien avant cette révélation ?

En Genèse 26:5, Dieu dit d’Abraham, qui a vécu 430 ans avant le Sinaï : « Abraham a obéi à ma voix, et il a observé mes préceptes, mes commandements (mitsvotay), mes statuts (houqotay) et mes lois (torotay). » Les trois termes principaux de la Torah y sont tous présents. Abraham les a observés. S’il les a observés, c’est qu’ils existaient.

En Genèse 4, Dieu dit à Caïn que le péché « est couché à la porte ». Or Jean écrit dans sa première épître (3:4) que « le péché, c’est la transgression de la Loi », en grec hê anomia, littéralement « l’absence de loi, le fait de vivre comme si la loi n’existait pas ». S’il y a péché avant le Sinaï, c’est qu’il y a Loi avant le Sinaï. Le contraire est logiquement impossible.

Paul lui-même, en Romains 5:13-14, reconnaît ce fait : « Jusqu’à la Loi, le péché était dans le monde. Or, le péché n’est pas imputé quand il n’y a point de Loi. Néanmoins la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse. »

La mort régnait entre Adam et Moïse, preuve qu’il y avait bien transgression, et donc bien Loi, puisque Paul affirme lui-même en Romains 6:23 que « le salaire du péché, c’est la mort ».

Et le sabbat ? Il est institué en Genèse 2:2-3, dès la semaine de la Création, deux millénaires et demi avant le Sinaï. Dieu lui-même bénit et sanctifia le septième jour. Et lorsque la Loi est promulguée en Exode 20, elle dit : « Souviens-toi du jour du sabbat. » Le verbe hébreu employé est zakhor, « rappelle-toi, souviens-toi de quelque chose que tu connais déjà ». On ne se souvient pas de ce qu’on n’a jamais su. Le commandement du sabbat présuppose une mémoire, une connaissance antérieure.

Réponse aux objections pauliniennes

Trois textes de Paul sont régulièrement convoqués pour défendre l’abolition de la Loi. Regardons-les honnêtement.

Galates 3:19, « La Loi a été ajoutée à cause des transgressions. » Paul ne dit pas que la Loi a été créée à cause des transgressions. Il dit qu’elle a été ajoutée, prosetéthê en grec, dans un sens pédagogique et juridique. Ce qui a été ajouté, c’est la révélation formelle, codifiée, officielle d’une réalité morale qui existait déjà.

La Loi a été « ajoutée » pour rendre mesurable, conscient et judiciairement imputable ce qui était déjà péché. C’est la promulgation qui est ajoutée, non la réalité de la Loi. Paul précise lui-même en Romains 3:20 que c’est « par la Loi que vient la connaissance du péché », non la création du péché, mais sa révélation.

Colossiens 2:14, « Il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient. » Le terme grec ici est to kath’ hêmôn cheirographon, « l’acte d’accusation manuscrit contre nous ». C’est la liste de nos dettes, le registre de nos condamnations, le verdict de culpabilité que nous méritions.

C’est notre condamnation qui a été clouée à la croix, non la Loi elle-même. Si la Loi avait été abolie à la croix, il n’y aurait plus de péché depuis lors. Or Jean, écrivant vers l’an 90, dit encore que « le péché, c’est la transgression de la Loi » (1 Jean 3:4). La Loi est toujours le critère.

Romains 6:14, « Vous n’êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce. » Être « sous la Loi » dans le vocabulaire de Paul signifie être sous sa condamnation, comme être sous le verdict d’un tribunal. Après la justification par la foi, le croyant n’est plus sous la malédiction de la Loi, sous le verdict de mort qu’elle prononçait contre lui. Mais il ne vit pas sans loi. Il vit selon la Loi, librement, par amour, en accord avec l’Esprit qui la grave désormais dans les coeurs.

C’est précisément ce que Jérémie avait prophétisé (31:33) et ce qu’Hébreux 8:10 rappelle : « Je mettrai mes lois dans leur entendement, et je les écrirai dans leurs coeurs. » Et Paul lui-même ferme la porte à toute ambiguïté en Romains 3:31 : « Annulons-nous donc la Loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la Loi. »

Ce que Jésus-Christ lui-même a dit

Il serait impossible de conclure cette étude sans rappeler ce que le Seigneur Yeshoua a dit de la Loi dans le Sermon sur la montagne, en Matthieu 5:17-18 : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes. Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Car je vous le dis en vérité, avant que le ciel et la terre passent, pas un iota, pas un trait de lettre ne passera de la Loi, jusqu’à ce que tout soit accompli. »

Remarquons le critère qu’il fixe lui-même : la Loi durera tant que le ciel et la terre existent. Or le ciel est précisément l’endroit où elle est stationnée selon le Psaume 119:89.

Elle y sera encore quand la terre sera renouvelée. Et Yeshoua précise qu’il est venu non pour abolir mais pour accomplir, en grec plêroô, qui signifie « remplir jusqu’au bord, accomplir dans sa plénitude, donner son sens complet ». Il est la Loi incarnée, la Loi vécue dans sa plénitude, non sa tombe.

Conclusion

La Parole de Dieu est sans ambiguïté. Le Psaume 119:89, lu dans son hébreu original, dit que la Loi divine, les Dix Paroles, les Aseret ha-Devarim, est stationnée dans les cieux de toute éternité, debout comme une sentinelle, inaltérable comme le trône de Dieu lui-même.

La Septante confirme qu’elle traverse tous les âges sans être diminuée. L’arche céleste d’Apocalypse 11:19 en est la preuve architecturale. Et le Sermon sur la montagne en est la confirmation par la bouche même du Fils de Dieu.

Le Sinaï n’a pas créé la Loi. Il l’a révélée. Il a fait descendre sur terre, gravée dans la pierre par le doigt de Dieu, ce qui était déjà stationnée dans les cieux depuis l’éternité.

Ceux qui voudraient abolir les Dix Commandements devraient donc commencer par abolir les cieux. Ce sera, apparemment, légèrement plus difficile que prévu.

« L’herbe sèche, la fleur tombe, mais la Parole de notre Dieu subsiste éternellement. » Ésaïe 40:8

Serge le Prédicateur t’encourage

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