Il y a une question que l’on n’ose plus poser dans beaucoup d’Églises aujourd’hui. Il y a une distinction que l’on n’ose plus faire dans beaucoup de chaires, dans beaucoup de réunions, dans beaucoup de cultes.
Cette distinction c’est celle du bien et du mal. Et pourtant c’est la question la plus fondamentale qui soit, non seulement pour l’Église, mais pour chaque homme, chaque femme, chaque enfant, chaque famille, chaque village, chaque ville, chaque nation sur la surface de cette terre.
Car dès l’instant où cette question disparaît, dès l’instant où plus personne ne dit clairement ce qui est bien et ce qui est mal, quelque chose se met à mourir. D’abord dans les cœurs. Ensuite dans les foyers. Ensuite dans les rues. Ensuite dans toute une société.
Nous en voyons les fruits autour de nous chaque jour.
La loi morale, de quoi parlons-nous exactement ?
Quand nous parlons de loi morale nous ne parlons pas d’une tradition religieuse parmi d’autres. Nous ne parlons pas d’une règle inventée par une culture ou par une époque. Nous parlons de la loi du bien et du mal elle-même, cette réalité fondamentale que tout être humain porte en lui depuis sa naissance, gravée dans sa conscience avant même qu’il ait ouvert une Bible ou mis les pieds dans une église.
L’apôtre Paul le dit clairement en Romains chapitre 2, les nations qui n’ont pas reçu la loi écrite ont néanmoins la loi gravée dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage. Ce n’est pas Paul qui invente cela. C’est une réalité universelle. Tout homme sait au fond de lui qu’il ne faut pas tuer, qu’il ne faut pas voler, qu’il ne faut pas mentir, qu’il faut honorer ses parents, qu’il faut respecter ce qui appartient à l’autre. Tout homme le sait parce que cette loi n’est pas extérieure à lui, elle est constitutive de ce qu’il est en tant qu’être humain créé à l’image de Dieu.
Cette loi du bien et du mal c’est ce que nous appelons la loi morale des Dix Commandements. Et cette loi a une caractéristique qu’aucune autre loi ne possède, elle n’a jamais été rompue. Elle n’a jamais été suspendue. Elle n’a jamais été abolie. Elle n’a jamais connu d’interruption d’aucune sorte depuis le commencement du monde jusqu’à aujourd’hui.
Pourquoi cette loi ne peut pas être rompue
La raison est simple et elle est absolue. La loi morale est la loi du bien et du mal. Poser la question de son abolition revient donc à poser cette question, y a-t-il un moment dans l’histoire où le mal devient permis et où le bien devient facultatif ?
Y a-t-il un moment où tuer devient bien ? Y a-t-il un moment où voler devient juste ? Y a-t-il un moment où mentir devient vertu ? Y a-t-il un moment où trahir son époux ou son épouse devient honorable ? Y a-t-il un moment où mépriser ses parents devient acceptable ? Y a-t-il un moment où convoiter ce qui appartient à l’autre devient une qualité ?
La réponse que tout homme donne instinctivement est non. Jamais. En aucun temps. En aucun lieu. Sous aucune circonstance. Et cette réponse universelle est elle-même la preuve que la loi morale ne peut pas être rompue, parce qu’elle est gravée dans la conscience de chaque être humain par le Dieu qui l’a créé.
Mais il y a une raison encore plus profonde. Nous avons vu dans une publication précédente que Jésus-Christ est lui-même la loi des Dix Commandements. Michée 4 verset 2 nous révèle par son parallélisme prophétique que la Loi et la Parole de Dieu sont une seule et même réalité. Et l’Apocalypse au chapitre 19 verset 13 nous révèle que Jésus-Christ est la Parole de Dieu. La conclusion s’impose donc, Jésus-Christ est la loi morale en personne.
Et si Jésus-Christ est la loi morale, alors la question de l’abolition de la loi devient la question de l’abolition de Christ lui-même. Peut-on abolir Christ ? L’épître aux Hébreux au chapitre 13 verset 8 répond, Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Ce qui est éternel ne peut pas être aboli. La loi morale est donc éternelle comme Christ est éternel.
Ce que certains ont mal compris dans les Écritures
Certains citent Paul en Colossiens 2 ou en Éphésiens 2 pour dire que la loi a été clouée à la croix et abolie. Mais il faut lire ces textes avec soin et honnêteté. Paul ne parle pas dans ces passages de la loi morale des Dix Commandements. Il parle des ordonnances cérémonielles, des sacrifices, des fêtes rituelles, du sacerdoce lévitique, de tout ce système de lois qui entourait le temple de Jérusalem et qui était l’ombre de ce qui allait venir.
Ces lois cérémonielles étaient des ombres. Elles annonçaient par anticipation le ministère de Christ, son sacrifice sur la croix, sa mort, sa résurrection, son ascension, et maintenant son ministère comme grand sacrificateur dans le temple céleste fait non de mains d’hommes, comme le dit l’épître aux Hébreux au chapitre 9. Quand la réalité est arrivée, l’ombre a disparu. On n’a plus besoin de l’ombre quand on est en présence de la personne elle-même.
Mais la loi morale n’était l’ombre de rien. Elle n’annonçait pas quelque chose à venir. Elle révélait quelqu’un qui a toujours été, Christ lui-même. Elle ne pouvait donc pas disparaître avec la croix. Elle resplendit au contraire d’une lumière nouvelle depuis la croix, parce que la croix nous a révélé pleinement celui qu’elle décrivait.
Ce qui arrive quand une Église cesse de parler du bien et du mal
Voici maintenant ce que beaucoup ne veulent pas voir mais que la réalité de nos sociétés nous impose de regarder en face.
Quand une église cesse de prêcher clairement la loi du bien et du mal, elle ne perd pas seulement une doctrine parmi d’autres. Elle perd sa raison d’être dans le monde qui l’entoure. Jésus a dit à ses disciples en Matthieu 5 verset 13, vous êtes le sel de la terre. Or si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes.
Le sel a une fonction précise, il conserve, il empêche la corruption de s’installer. Une église qui prêche clairement le bien et le mal est un sel actif dans sa communauté. Elle protège les familles, elle protège les enfants, elle protège les couples, elle protège la vie sociale de tout un village, de toute une ville. Non pas par la contrainte ou par la politique, mais par la puissance de la vérité proclamée qui entre dans les cœurs et qui transforme les vies.
Mais une église qui n’ose plus dire ce qui est bien et ce qui est mal, une église qui a peur de blesser, qui préfère l’ambiguïté à la clarté, qui remplace la vérité par la bienveillance sans contenu, cette église-là n’est plus du sel. Elle est de l’eau tiède qui se mélange à la corruption ambiante sans jamais la freiner.
Et la corruption alors s’installe. D’abord dans les cœurs de ceux qui fréquentent cette église sans jamais entendre parler du bien et du mal. Ensuite dans leurs foyers, dans leurs mariages, dans la manière dont ils élèvent leurs enfants. Ensuite dans les rues de leur village, dans les relations entre voisins, dans la manière dont on traite les plus faibles, les plus âgés, les plus vulnérables. Ensuite dans toute la société qui les entoure.
Ce que nous voyons aujourd’hui dans nos sociétés n’est pas d’abord un problème politique. C’est un problème moral qui a une cause spirituelle directe et identifiable. Les familles qui s’effondrent, le mensonge banalisé dans la vie publique et dans les médias, la violence ordinaire, la sexualité déstructurée qui blesse des millions de personnes et particulièrement des enfants, le mépris des anciens, l’abandon des plus faibles, l’individualisme qui isole et qui détruit le tissu social, tout cela a une racine commune.
Cette racine c’est l’abandon de la loi du bien et du mal dans les cœurs et dans les chaires.
La responsabilité de ceux qui prêchent
Ésaïe au chapitre 58 verset 1 reçoit de Dieu cette instruction solennelle, « Crie à pleine gorge, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette. » Ce n’est pas une suggestion. C’est un ordre donné à celui qui prêche. Crier à pleine gorge signifie ne pas édulcorer, ne pas atténuer, ne pas arrondir les angles par peur du regard des hommes.
Ézéchiel au chapitre 33 va encore plus loin. Dieu dit au prophète qu’il est une sentinelle placée sur les remparts. Si la sentinelle voit le danger venir et qu’elle ne sonne pas l’alarme, le sang de ceux qui périssent sera demandé à sa main. Ce n’est pas une métaphore poétique. C’est une responsabilité réelle et terrible placée sur les épaules de celui qui a reçu la vérité et qui a la charge de la proclamer.
Proclamer la loi du bien et du mal c’est donc un acte d’amour. Ce n’est pas du jugement. Ce n’est pas de la sévérité gratuite. C’est la plus grande marque de respect que l’on puisse témoigner à un être humain, lui dire la vérité sur ce qui le détruit et sur ce qui le fait vivre.
La loi morale, une lumière pour tous les hommes
Cette loi du bien et du mal n’appartient pas qu’aux croyants. Elle appartient à toute l’humanité parce que c’est Dieu lui-même qui l’a gravée dans la conscience de chaque être humain sans exception. Elle est donc le terrain commun sur lequel le croyant peut parler à celui qui ne croit pas. Elle est le point de rencontre entre l’Église et le monde.
Quand un chrétien dit qu’il ne faut pas mentir, qu’il ne faut pas voler, qu’il faut respecter la vie, qu’il faut honorer ses parents, qu’il faut être fidèle dans le mariage, il ne dit pas quelque chose d’étrange ou d’incompréhensible. Il dit ce que la conscience de tout homme reconnaît comme vrai. Et c’est précisément pourquoi cette proclamation a une force que nulle autre n’a. Elle ne demande pas à l’homme d’abord de croire. Elle lui demande d’abord d’écouter ce que son propre cœur lui dit déjà.
La loi morale est donc à la fois la révélation de Christ pour le croyant et la lumière de la conscience pour tout homme. Elle est le pont entre le ciel et la terre, entre l’Église et la société, entre la foi et la raison, entre hier et aujourd’hui et demain.
Ne faisons pas comme le diable, ni comme les hommes
La loi morale est la loi du bien et du mal. Elle n’a jamais été rompue parce qu’elle ne peut pas l’être. Elle est gravée dans la conscience de tout homme depuis la création. Elle est révélée dans les Dix Commandements au Sinaï. Elle est incarnée dans la personne de Jésus-Christ pour l’éternité. Et elle sortira de Sion à la fin des jours comme Michée l’a prophétisé, intacte, rayonnante, pour toutes les nations.
Ce n’est pas une loi qui vieillit. Ce n’est pas une loi qui se périme. Ce n’est pas une loi que l’on peut remplacer par autre chose. C’est la loi de ce que Dieu est. Et ce que Dieu est ne change pas.
Il nous faut maintenant nommer clairement les trois manières dont cette loi a été attaquée, affaiblie et mise de côté depuis des siècles, parce que les connaître c’est se protéger de leurs effets.
La première attaque vient du diable lui-même. Daniel au chapitre 7 verset 25 nous avertit avec une précision saisissante, il pensera à changer les temps et la loi. Ce n’est pas une abolition frontale et déclarée. C’est un glissement subtil, un déplacement progressif, une modification qui se fait dans l’ombre et dans la durée. Le diable ne dit pas ouvertement que la loi est mauvaise. Il la déplace. Il change le septième jour en premier jour.
Il change le Sabbat en dimanche. Il change ce que Dieu a établi en ce que l’homme a institué. Et il le fait si progressivement, si patiemment, sur tant de générations, que les hommes finissent par croire que ce qu’ils ont reçu de la tradition est ce que Dieu a ordonné depuis le commencement.
C’est la stratégie du diable, modifier sans abolir ouvertement, déplacer sans supprimer formellement, pour que personne ne voie le moment exact où la vérité a été remplacée par le mensonge.
La deuxième attaque vient de ceux qui abolissent la loi ouvertement. Ils citent Paul, ils citent la croix, ils disent que la loi est clouée à la croix, qu’elle est morte avec l’Ancien Testament, qu’elle n’a plus de validité pour le croyant du Nouveau Testament.
Nous avons déjà répondu à cela longuement dans cette publication. La loi morale est la loi du bien et du mal. Abolir la loi du bien et du mal c’est abolir la distinction entre le bien et le mal elle-même. Aucun homme sensé ne peut soutenir cela sans voir immédiatement les conséquences désastreuses que cela produirait dans chaque foyer, dans chaque rue, dans chaque société.
Et aucun lecteur honnête des Écritures ne peut soutenir cela sans faire violence au texte de Matthieu 5 où Jésus dit lui-même, ne pensez pas que je suis venu abolir la loi ou les prophètes, je ne suis pas venu abolir mais accomplir.
La troisième attaque est la plus subtile et peut-être la plus dangereuse des trois parce qu’elle utilise une vérité pour en tirer une conclusion fausse. Elle dit, Jésus a accompli la loi, donc nous n’avons pas à l’accomplir. En apparence cela semble pieux. En réalité c’est une rébellion habillée en théologie.
Réfléchissons un instant. Jésus a parfaitement aimé. Est-ce que cela dispense ses disciples d’aimer ? Jésus a parfaitement prié. Est-ce que cela dispense ses disciples de prier ? Jésus a parfaitement servi les pauvres. Est-ce que cela dispense ses disciples de servir les pauvres ? Jésus a parfaitement pardonné. Est-ce que cela dispense ses disciples de pardonner ?
La réponse est non dans chaque cas. Et elle est non pour la même raison dans chaque cas. Jésus n’a pas accompli ces choses à notre place pour nous en dispenser. Il les a accomplies pour nous en montrer le chemin et pour nous donner par son Esprit la puissance de les vivre à notre tour. C’est exactement ce qu’il dit en Jean 13 verset 15, je vous ai donné un exemple afin que vous fassiez comme je vous ai fait.
Celui qui dit que Jésus a accompli la loi donc je n’ai pas à l’accomplir dit en réalité que Jésus a aimé donc je n’ai pas à aimer. C’est une absurdité spirituelle et morale que l’Esprit de Dieu ne peut pas cautionner.
Ne faisons donc pas comme le diable qui modifie subtilement le temps et la loi. Ne faisons pas comme ceux qui l’abolissent ouvertement en tordant les Écritures. Ne faisons pas comme ceux qui utilisent l’accomplissement de Christ comme une dispense commode pour vivre sans loi et sans engagement moral.
Faisons comme Christ lui-même nous y invite, aimons Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force, et aimons notre prochain comme nous-mêmes. Car c’est de cela que parlent la loi et les prophètes, dit Jésus en Matthieu 22. Et cet amour ne s’exprime pas dans le vide. Il s’exprime dans l’obéissance concrète et joyeuse aux Dix Commandements qui sont le portrait vivant de Christ lui-même.
Que les Églises retrouvent le courage de la proclamer. Que les pasteurs retrouvent la force de la prêcher sans atténuation et sans peur. Que chaque croyant retrouve la joie de la vivre comme un amour et non comme un fardeau. Et que cette lumière rayonne à nouveau dans chaque foyer, dans chaque rue, dans chaque ville et dans chaque nation.
Car là où la loi du bien et du mal est honorée, la vie s’épanouit. Et là où elle est abandonnée, la corruption s’installe. C’est une loi aussi simple et aussi absolue que la loi de la gravité. Elle ne demande pas notre permission pour être vraie.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




