La loi ne justifie plus mais elle demeure : la frontière entre la sainteté et l’iniquité
La loi ne justifie plus mais elle demeure : la frontière entre la sainteté et l’iniquité
La loi ne justifie plus mais elle demeure : la frontière entre la sainteté et l'iniquité

La loi ne justifie plus mais elle demeure : la frontière entre la sainteté et l’iniquité

Il existe dans le débat sur la loi et la grâce une confusion fondamentale qui produit deux erreurs opposées et également dangereuses.

La première erreur est le légalisme. Il dit que l’obéissance à la loi contribue à la justification. Que les œuvres participent au salut. Que la loi est le chemin vers Dieu. Cette erreur Paul la combat de toutes ses forces en Galates et en Romains.

La deuxième erreur est l’antinomisme. Il dit que puisque la loi ne justifie plus elle est abolie, dépassée, inopérante. Que le croyant est libre de toute obligation envers la loi morale de Dieu. Cette erreur Paul la combat avec la même force en Romains 3:31, en Romains 6:15 et en Romains 7:12.

Ces deux erreurs ont en commun de confondre deux fonctions distinctes de la loi que l’Écriture maintient séparées avec une précision chirurgicale. La loi comme moyen de justification d’un côté. Et la loi comme définition de la sainteté et de l’iniquité de l’autre.

Mon étude veut poser clairement cette distinction que la controverse contemporaine efface constamment.

Première réalité : la loi ne justifie plus

C’est la vérité centrale de toute la théologie paulinienne et elle est indiscutable.

Romains 3:20 dit : nulle chair ne sera justifiée devant lui par les œuvres de la loi. Car c’est par la loi que vient la connaissance du péché.

Galates 2:16 dit : sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié mais par la foi en Jésus-Christ nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.

Galates 3:13 dit que Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi étant devenu malédiction pour nous.

Et Hébreux 9:12-14 établit que Christ est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint non avec le sang des boucs et des veaux mais avec son propre sang ayant obtenu une rédemption éternelle.

Les sacrifices d’animaux de l’ancienne alliance, le sang des taureaux et des agneaux, les rituels du temple lévitique, toutes ces réalités cérémonielles qui pointaient vers Christ ont trouvé leur accomplissement définitif et final dans son sacrifice unique et parfait.

Nous ne sommes plus justifiés par l’obéissance à la loi. Nous ne sommes plus justifiés par le sang des animaux. Nous sommes justifiés uniquement par le sang de Christ et par sa justice imputée au croyant par la foi seule. C’est la révélation centrale de la nouvelle alliance. Et c’est une vérité absolue et irréversible.

Deuxième réalité : mais la loi demeure

Et c’est ici que l’antinomisme commet son erreur fatale. Il conclut que puisque la loi ne justifie plus elle est abolie. Que puisque nous sommes sous la grâce nous sommes libres de toute obligation morale. Que la loi appartient au passé et que la nouvelle alliance l’a remplacée par quelque chose d’entièrement différent.

Mais c’est précisément cette conclusion que l’Écriture réfute avec une force remarquable.

Romains 3:31 dit : annulons-nous donc la loi par la foi ? Absolument pas, μὴ γένοιτο, la formule grecque du rejet le plus fort possible. Au contraire nous confirmons la loi. La foi en Christ ne détruit pas la loi. Elle la confirme.

Romains 7:12 dit dans le même chapitre que Paul vient de parler d’être dégagé de la loi : la loi est sainte et le commandement est saint, juste et bon. Paul ne peut pas dire que la loi est dépassée au verset 6 et sainte au verset 12.

La cohérence impose une seule lecture. Être dégagé de la loi signifie être dégagé de la condamnation de la loi. Pas de son exigence morale.

Et Matthieu 5:17-19 rapporte les propres paroles de Jésus : ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car je vous le dis en vérité, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi jusqu’à ce que tout soit arrivé.

Et celui qui supprimera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux.

La loi demeure. Elle n’est pas abolie. Elle n’est pas dépassée. Elle n’est pas inopérante. Elle est confirmée par la foi, accomplie par Christ, et inscrite dans le cœur du croyant régénéré par l’Esprit selon Jérémie 31:33.

Troisième réalité : la loi est la frontière entre la sainteté et l’iniquité

Voici la formulation qui résout toute la controverse. La loi ne justifie plus. Mais elle demeure. Et elle demeure précisément parce qu’elle remplit une fonction que rien d’autre ne peut remplir. Elle définit la frontière entre ce qui est saint et ce qui est inique.

1 Jean 3:4 dit : tout homme qui commet le péché commet aussi l’iniquité et le péché c’est l’iniquité, ἀνομία, anomia, la transgression de la loi. Le péché n’est pas un sentiment vague de malaise spirituel. Il est une réalité objectivement définie par la transgression de la loi de Dieu.

Si la loi est abolie la définition du péché disparaît avec elle. Sans loi il n’y a plus d’iniquité selon Romains 4:15 qui dit que là où il n’y a pas de loi il n’y a pas non plus de transgression. Et sans définition du péché il n’y a plus de repentance possible, plus de sanctification mesurable, plus de frontière entre la sainteté et l’iniquité.

C’est exactement l’image de la barrière. La loi ne pousse pas le croyant vers la sainteté par sa propre puissance. Elle définit où se trouve la frontière entre la sainteté et l’iniquité. Et connaître où est cette frontière est absolument indispensable pour ne pas la franchir.

Psaume 119:105 dit : ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. La loi éclaire le chemin. Elle montre où est la frontière. Elle dit voici ce qui est saint et voici ce qui est inique. Et sans cette lumière le croyant marche dans l’obscurité morale sans savoir où il met les pieds.

Ce que 2 Corinthiens 3 dit vraiment

Beaucoup citent 2 Corinthiens 3:7-11 pour démontrer que le décalogue est passager et inopérant. Cette lecture mérite une réponse précise.

Paul dit en 2 Corinthiens 3:7 que le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux. Et au verset 11 que ce qui était passager a été glorieux.

Mais ce qui est katargoumenon, en train d’être rendu inopérant, dans ce passage c’est la gloire sur le visage de Moïse et non la loi elle-même. Paul compare deux gloires. La gloire passagère du ministère de la lettre qui condamne et la gloire permanente et supérieure du ministère de l’Esprit qui justifie et transforme.

Et si le décalogue est appelé ministère de mort parce qu’il condamne le transgresseur, alors rendre inopérant ce ministère de mort pour le croyant justifié signifie que la condamnation ne s’applique plus à lui.

C’est exactement Galates 3:13 et Romains 8:1 il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. La condamnation est inopérante. La loi elle-même demeure sainte, juste et bonne selon Romains 7:12.

Ce que Romains 7 dit vraiment sur être mort à la loi

Romains 7:4 dit nous avons été mis à mort en ce qui concerne la loi. Et Romains 7:6 dit nous avons été dégagés de la loi.

Paul utilise l’illustration du mariage pour expliquer ce qu’il veut dire. Une femme est liée à son mari tant qu’il vit. Si son mari meurt elle est dégagée de la loi du mariage. Elle peut se remarier sans être adultère.

L’application est précise. Le croyant est mort avec Christ à la loi comme moyen de justification et comme puissance condamnatrice. Il est dégagé de la loi dans le sens où elle ne peut plus le condamner parce que la mort de Christ a payé la condamnation. Il n’est pas dégagé de la loi dans le sens où elle cesserait de définir ce qui est saint et ce qui est inique.

Et Romains 7:12 dans le même chapitre le confirme sans ambiguïté : la loi est sainte et le commandement est saint, juste et bon. Paul ne dit pas que la loi était sainte. Il dit qu’elle est sainte au présent.

La loi du Messie est la loi de Dieu intériorisée

1 Corinthiens 9:21 dit que Paul n’est pas sans la loi de Dieu mais sous la loi de Christ, ἔννομος Χριστοῦ, ennomos Christou. Beaucoup utilisent ce texte pour dire que la loi du Messie est différente de la loi de Moïse et qu’elle l’a remplacée.

Mais qu’est-ce que la loi du Messie ? Galates 6:2 dit portez les fardeaux les uns des autres et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. Jean 14:15 dit si vous m’aimez gardez mes commandements. Et Matthieu 5:17-19 dit que Christ n’est pas venu abolir la loi et que pas un iota ne passera.

La loi du Messie n’est pas une nouvelle loi qui remplace la loi morale de Dieu. C’est la loi de Dieu accomplie de l’intérieur par l’Esprit selon Romains 8:4. Ce n’est plus la lettre extérieure gravée sur la pierre.

C’est la loi intérieure inscrite dans le cœur selon Jérémie 31:33 et Ézéchiel 36:27. Même contenu. Nouvelle dynamique. L’Esprit produit ce que la chair ne pouvait pas accomplir.

La puissance qui accomplit la loi : l’Esprit de Dieu

Voici la troisième réalité qui complète le tableau et qui répond à toute accusation de légalisme.

La loi ne justifie plus. C’est le rôle du sang de Christ. La loi demeure comme frontière entre sainteté et iniquité. Et l’Esprit de Dieu produit en nous l’accomplissement de la justice de la loi de l’intérieur.

Romains 8:4 dit afin que la justice de la loi fût accomplie en nous qui marchons non selon la chair mais selon l’Esprit. Le but de toute l’œuvre rédemptrice de Christ est précisément que la justice de la loi soit accomplie en nous par l’Esprit. Pas supprimée. Pas ignorée. Accomplie.

Et Ézéchiel 36:27 l’avait annoncé comme la promesse centrale de la nouvelle alliance : je mettrai mon Esprit en vous et je ferai en sorte que vous marchiez selon mes ordonnances. Non pas sans mes ordonnances. Selon mes ordonnances.

Trois réalités distinctes et indissociables. La loi ne justifie plus car nous sommes justifiés uniquement par le sang de Christ et sa justice imputée par la foi. La loi demeure comme définition permanente de la sainteté et de l’iniquité, frontière que l’Esprit nous aide à ne pas franchir.

Et l’Esprit produit en nous l’accomplissement de la justice de la loi de l’intérieur parce que Dieu l’a inscrite dans nos cœurs selon la promesse de la nouvelle alliance.

C’est l’évangile complet. Ni légalisme qui prétend se justifier par la loi. Ni antinomisme qui prétend être libéré de la loi. Mais la grâce qui justifie, la loi qui définit et l’Esprit qui accomplit. Les trois ensemble. Indissociables. Et pleinement bibliques.

Serge le prédicateur t’encourage

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