Le Lévitique 16 décrit l’un des rituels les plus profonds et les plus prophétiquement chargés de toute l’Écriture hébraïque. La cérémonie du Yom Kippour, le Grand Jour des Expiations, met en scène deux boucs dont la signification dépasse infiniment le rituel annuel d’Israël.
Elle annonce une réalité eschatologique que l’Apocalypse de Jean viendra accomplir des siècles plus tard.
Signification d’Azazel : Le texte hébreu original : Lévitique 16:7-10
Le texte hébreu dit : וְלָקַח אֶת-שְׁנֵי הַשְּׂעִירִם וְהֶעֱמִיד אֹתָם לִפְנֵי יְהוָה פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד, Aaron présentera les deux boucs devant l’Éternel à l’entrée de la tente d’assignation. Il tirera au sort les deux boucs, l’un pour l’Éternel et l’autre pour Azazel, לַעֲזָאזֵל, la’Azazel. Le bouc sur lequel le sort sera tombé pour l’Éternel sera offert en sacrifice d’expiation. Celui sur lequel le sort sera tombé pour Azazel sera placé vivant devant l’Éternel pour servir à faire l’expiation et pour être envoyé vers Azazel dans le désert.
Deux boucs. Deux destinations radicalement différentes. Deux réalités prophétiques distinctes et complémentaires.
L’étymologie hébraïque de עֲזָאזֵל (Azazel)
Le nom עֲזָאזֵל, Azazel, est l’un des termes les plus débattus de tout le lexique hébreu. Certains commentateurs pensent que le mot Azazel s’applique à l’acte même de renvoi du bouc dans le pays de la solitude, le faisant dériver d’un verbe hébreu azal signifiant éloigner, et traduisant le-Azazel par la tournure pour le complet éloignement des transgressions. Ainsi s’expliquerait que la Vulgate ait traduit bouc émissaire, emissarius signifiant renvoyé. [Grokipedia](https://grokipedia.com/page/Gevurah)
Mais la tradition hébraïque ancienne et les manuscrits de la mer Morte vont beaucoup plus loin. Les fragments 4Q180 et 4Q181 des manuscrits de Qumrân, connus sous le titre Périodes de la création, désignent Azazel comme l’ange qui a séduit Ève et le présentent comme responsable de la corruption antédiluvienne. [Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/Sanhedrin)
Les manuscrits du premier siècle avant l’ère courante soutiennent Azazel comme signifiant le chef de l’armée déchue. [Bible Hub](https://biblehub.com/mark/14-62.htm)
L’étymologie révèle donc deux niveaux de sens simultanés. Azazel désigne l’éloignement complet et définitif, ce qui est renvoyé et disparaît. Et Azazel désigne l’être spirituel malfaisant, le chef des anges déchus, vers lequel le bouc chargé des péchés est envoyé. Ces deux sens ne s’opposent pas. Ils se complètent dans une révélation prophétique unique.
Les deux boucs : une prophétie en deux actes
Le texte présente un dispositif rituel complexe impliquant deux boucs identiques. Le bouc destiné à l’Éternel est sacrifié. L’autre, le bouc destiné à Azazel, reçoit sur sa tête la confession des péchés d’Israël, puis est envoyé dans le désert vers Azazel selon Lévitique 16:10. [Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/Sanhedrin)
Ces deux boucs ne représentent pas deux aspects du même événement. Ils représentent deux événements distincts dans le plan divin de la rédemption.
Le premier bouc sacrifié à l’Éternel représente Jésus-Christ, la victime expiatoire parfaite qui paie par son sang la dette du péché humain selon Hébreux 9:12 : il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle.
Le second bouc envoyé vers Azazel représente Satan, l’initiateur du péché, qui sera tenu pour responsable de tous les péchés qu’il a suscités dans l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas Christ qui porte les péchés vers Azazel. C’est le péché lui-même qui retourne vers celui qui en est la source originelle.
Cette distinction est fondamentale et souvent mal comprise. Christ paie la dette du péché pour les hommes repentants. Satan porte la responsabilité finale d’avoir séduit, corrompu et entraîné l’humanité dans la transgression. Ce sont deux réalités distinctes que la cérémonie du Jour des Expiations annonce prophétiquement avec une précision extraordinaire.
Le rôle du souverain sacrificateur : Lévitique 16:21-22
Le texte hébreu de Lévitique 16:21-22 dit : Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant et confessera sur lui toutes les iniquités des fils d’Israël et toutes leurs transgressions, tous leurs péchés. Il les mettra sur la tête du bouc et l’enverra au désert par la main d’un homme qui se tiendra prêt. Ce bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre solitaire et cet homme lâchera le bouc dans le désert.
L’imposition des deux mains du souverain sacrificateur est un geste de transfert délibéré et conscient. Toutes les iniquités, כָּל-עֲוֹנֹת, kol avonot, toutes les transgressions, כָּל-פִּשְׁעֵיהֶם, kol pish’eihem, tous les péchés, כָּל-חַטֹּאתָם, kol chattotam, sont symboliquement placés sur la tête du bouc d’Azazel. C’est une accumulation totale et exhaustive. Rien n’est laissé de côté.
Et ce bouc est conduit dans un endroit isolé, בְּאֶרֶץ גְּזֵרָה, be’eretz gezerah, une terre coupée, séparée, inaccessible. Ce n’est pas simplement le désert. C’est un lieu de séparation totale et définitive.
L’accomplissement prophétique : Apocalypse 20:1-3
Le lieu de châtiment d’Azazel a été identifié par certains chercheurs avec le désert de Judée, dans une continuité géographique avec le rituel du bouc émissaire du Lévitique. La punition d’Azazel anticipe le Jugement dernier, au cours duquel il sera jeté dans le feu. [Wikipedia](https://en.wikipedia.org/wiki/Sanhedrin)
Apocalypse 20:1-3 accomplit précisément la prophétie du bouc d’Azazel : je vis descendre du ciel un ange qui avait la clé de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis.
La correspondance est parfaite et délibérée. Le bouc d’Azazel chargé des péchés et envoyé dans le désert isolé correspond à Satan enchaîné et jeté dans l’abîme. L’homme qui conduit le bouc dans le désert correspond à l’ange qui descend du ciel avec la chaîne. La terre coupée et inaccessible correspond à l’abîme fermé et scellé. Et la durée du séjour correspond aux mille ans du règne millénaire de Christ.
La justice divine dans sa complétude
Ce que la cérémonie du Jour des Expiations révèle sur la justice de Dieu est d’une profondeur que nul système de pensée humain ne pouvait anticiper.
La justice divine ne se contente pas de pardonner les péchés des hommes repentants par le sang de Christ. Elle exige que la responsabilité ultime du péché soit attribuée à celui qui en est l’initiateur et le promoteur depuis le commencement. Satan n’est pas simplement l’adversaire.
Il est le séducteur, le trompeur, celui qui a entraîné Adam et Ève dans la transgression selon Genèse 3, celui qui a accusé les frères selon Apocalypse 12:10, celui qui a semé l’ivraie dans le champ de Dieu selon Matthieu 13:39.
Et la justice de Dieu dit : tu as semé le péché dans la création. Tu porteras la responsabilité de ce que tu as semé. Non pas à la place des hommes qui ont librement choisi de te suivre. Mais en plus d’eux, comme initiateur et organisateur du mal dans l’univers.
Ézéchiel 28:18-19 l’annonce directement à Satan : par la multitude de tes iniquités, par l’iniquité de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires. Je ferai sortir de toi un feu qui te dévorera et je te réduirai en cendre sur la terre. Et Apocalypse 20:10 accomplit cette sentence : le diable qui les séduisait fut jeté dans l’étang de feu et de soufre.
Un avenir sans influence satanique
La cérémonie du Jour des Expiations annonçait donc deux réalités prophétiques distinctes et complémentaires. Le pardon complet et définitif des péchés des hommes repentants par le sang de Christ, accompli au Calvaire. Et la responsabilisation finale et l’isolement complet de Satan, accomplis au millénium et au jugement final selon Apocalypse 20.
Ensemble ces deux réalités constituent la rédemption complète de la création. Non seulement les hommes sont pardonnés et libérés de la culpabilité du péché. Mais la source du péché, celui qui a tout initié, est neutralisé, jugé et éliminé définitivement. Et le nom même d’Azazel, l’éloignement complet et définitif, devient la description parfaite de ce que Dieu accomplit avec Satan à la fin des temps.
Yom Kippour n’était pas simplement une cérémonie annuelle de purification pour Israël. C’était la révélation prophétique en deux actes du plan complet de la rédemption divine. Le premier acte s’est accompli au Calvaire. Le second acte s’accomplira à la fin des temps. Et entre les deux se déploie toute l’histoire de la rédemption que l’Écriture révèle du premier verset au dernier.
Serge le prédicateur t’encourage




