On entend souvent cette phrase : le monde est mauvais. On la dit comme un constat fataliste, comme si le monde était une entité indépendante, une force extérieure qui s’imposerait aux hommes malgré eux. Comme si les hommes étaient les victimes innocentes d’un monde qui les aurait corrompus.
Mais la Bible renverse cette logique de fond en comble. Et cette inversion change tout.
Ce n’est pas le monde qui a rendu les hommes mauvais. Ce sont les hommes qui ont rendu le monde mauvais.
Le monde n’est pas une entité qui existerait au-dessus des hommes et des femmes. Le monde c’est les hommes. C’est leur somme. C’est leur production collective. C’est le résultat accumulé, multiplié et institutionnalisé à travers les générations de leurs pensées, de leurs désirs, de leurs choix et de leurs actes.
Genèse 6:5 le dit avant le déluge avec une précision absolue : l’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur n’étaient que mal en tout temps. Dieu ne regarde pas le monde comme une abstraction. Il regarde les pensées des hommes. Et c’est la corruption de ces pensées qui a produit la corruption universelle du monde.
Jérémie 17:9 va à la racine : le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant. La source du monde mauvais n’est pas extérieure à l’homme. Elle est intérieure. Elle est dans le cœur humain non régénéré, livré à lui-même, marchant selon ses propres penchants sans être régi par le caractère de Dieu.
Le monde est mauvais parce que les hommes et les femmes qui le composent sont devenus mauvais par le péché. Et ils sont devenus mauvais parce qu’ils ne marchent plus selon le caractère de Dieu mais selon leurs propres désirs.
Le moteur de tout : l’égoïsme
Derrière tous les maux du monde se trouve un moteur unique et identifiable : l’égoïsme. Non pas la bêtise. Non pas l’ignorance. L’égoïsme, c’est-à-dire le fait que l’homme sans Dieu se place lui-même au centre de tout et traite tout le reste, les autres hommes, les lois, la vérité, la justice, la parole donnée, comme des variables qu’il peut manipuler et sacrifier au service de ses intérêts personnels.
C’est exactement ce que Paul décrit en 2 Timothée 3:1-5 quand il annonce les caractéristiques des hommes dans les derniers jours : les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, désobéissants à leurs parents, ingrats, sans affection naturelle, implacables, calomniateurs, sans maîtrise d’eux-mêmes, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu.
Remarque que Paul commence par l’égoïsme et l’amour de l’argent. Ce ne sont pas les derniers de la liste par hasard. Ce sont les racines dont tout le reste découle.
La chaîne de dégradation : de l’égoïsme à toutes les iniquités
De cet égoïsme central découlent mécaniquement et inévitablement toutes les formes d’iniquité que nous observons dans le monde.
Le pot de vin et la corruption parce que mon intérêt personnel passe avant la justice et l’honnêteté. Le juge corrompu, le fonctionnaire vénal, le dirigeant qui détourne les fonds publics, tous font le même calcul : mon avantage vaut plus que ma droiture.
L’argent sale et les trafics parce que mon enrichissement passe avant la loi et la dignité des autres. Peu importe que l’argent soit souillé de sang, de misère ou d’exploitation, pourvu qu’il entre dans ma poche.
La convoitise et l’adultère parce que mon désir passe avant le covenant conjugal, avant la dignité de l’autre, avant la parole donnée devant Dieu. L’adultère n’est jamais un accident. C’est un choix égoïste habillé en sentiment.
L’amour de l’argent parce que ma sécurité matérielle passe avant Dieu, avant la vérité et avant les autres. 1 Timothée 6:10 dit que l’amour de l’argent est la racine de tous les maux, et que quelques-uns en étant possédés se sont égarés loin de la foi et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments.
Le compromis et la soumission à l’iniquité parce que ma paix sociale, ma position, mon confort passent avant la vérité. Le compromis est toujours un calcul égoïste : je sacrifie la vérité pour conserver ce que j’ai ou pour obtenir ce que je veux.
Toutes ces iniquités ont la même racine. Un cœur qui s’est placé lui-même au centre et qui a chassé Dieu de sa vie. Un cœur qui marche selon ses penchants naturels plutôt que selon le caractère de Dieu.
Ce que Romains 1 appelle le sens réprouvé
Paul décrit en Romains 1:28-32 la progression de cette dégradation avec une précision clinique. Quand les hommes n’ont pas jugé bon de connaître Dieu, Dieu les a livrés à un sens réprouvé pour commettre des choses qui ne conviennent pas.
Et la liste qui suit ressemble trait pour trait à ce que nous observons dans le monde aujourd’hui : toute sorte d’injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice, plein d’envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de malignité.
Ce n’est pas Dieu qui rend les hommes mauvais. C’est Dieu qui retire sa main protectrice de ceux qui ont délibérément choisi de le rejeter, et qui les laisse expérimenter les conséquences naturelles de leur choix. Et ces conséquences produisent exactement le monde que nous voyons.
Le pécheur finit par être mauvais envers celui qui est différent
Il y a une conséquence du péché que peu analysent clairement. L’homme pécheur, marchant selon son égoïsme, devient inévitablement hostile envers celui qui est différent de lui. Pas nécessairement parce qu’il décide consciemment d’être méchant. Mais parce que la différence le dérange.
Elle le dérange parce qu’elle est une accusation silencieuse contre sa façon de vivre. Elle lui rappelle ce qu’il n’est pas et ce qu’il aurait dû être.
Jésus l’a vécu de la manière la plus radicale. Il était différent. Radicalement différent. Et cette différence a produit chez ceux qui l’entouraient exactement ce mécanisme : la haine, le rejet, la trahison et finalement la croix. Jean 15:18-19 dit : si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous.
Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est sien, mais parce que vous n’êtes pas du monde, le monde vous hait.
Et 2 Timothée 3:12 confirme que c’est une réalité permanente et universelle : tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. Pas parfois. Pas peut-être. Seront.
La seule solution : la régénération du cœur
Face à ce constat, l’évangile n’apporte pas une solution politique, sociale ou éducative. Il apporte la seule solution qui s’attaque à la racine du problème : la transformation du cœur humain de l’intérieur par le Saint-Esprit.
Ézéchiel 36:26-27 l’avait annoncé comme la grande promesse de la nouvelle alliance : je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau, j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai en sorte que vous marchiez selon mes ordonnances.
Ce que Dieu promet ici c’est exactement l’inverse de ce que le péché a produit. Le péché a mis l’homme au centre et chassé Dieu. La régénération remet Dieu au centre et soumet le cœur à son caractère.
Et quand le caractère de Dieu, fait d’amour, de justice, de vérité et de générosité, gouverne le cœur d’un homme, cet homme cesse de produire les fruits de l’égoïsme et commence à produire les fruits de l’Esprit selon Galates 5:22-23.
Le monde ne changera pas par des lois, par des révolutions ou par l’éducation seule. Le monde change un cœur à la fois, quand un homme ou une femme se soumet à la grâce transformatrice de Dieu et cesse de marcher selon ses penchants pour marcher selon le caractère de Dieu.
Ce que cela signifie pour toi qui lis ces lignes
Si tu regardes le monde autour de toi et que tu vois la corruption, l’injustice, l’égoïsme et la méchanceté, ne te contente pas du constat. Comprends la cause. Et comprends que tu portes toi-même, sans la grâce de Dieu, cette même nature qui a produit tout cela.
La bonne nouvelle c’est que Dieu ne t’a pas laissé sans solution. Il t’offre un cœur nouveau. Il t’offre son Esprit. Il t’offre la possibilité de cesser d’être une partie du problème pour devenir une partie de la solution, un homme ou une femme dont le caractère transformé témoigne que Dieu peut changer ce que le péché a corrompu.
Car si le monde est mauvais parce que les hommes le sont devenus par le péché, alors le monde peut changer parce que les hommes peuvent être transformés par la grâce.
Serge le prédicateur t’encourage




