Il y a un verset que tout le monde connaît. Un verset que tout chrétien a entendu depuis son enfance. Un verset si familier qu’on ne prend plus le temps de mesurer ce qu’il dit vraiment.
Et ce qu’il dit vraiment est l’un des arguments les plus dévastateurs que la Bible offre contre la doctrine d’une troisième personne divine incorporelle.
Ce verset c’est Genèse 1:26-27.
« Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Et Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa. »
Trois mots. À son image. Et ces trois mots posent une question que la doctrine trinitaire ne peut pas résoudre.
Si l’homme est fait à l’image de Dieu, et que l’homme a un corps, alors Dieu a un corps. Et si Dieu a un corps, alors une troisième personne divine co-égale sans corps n’est pas à l’image de Dieu.
Elle est quelque chose d’ontologiquement différent des deux autres personnes de la Trinité. Ce qui détruit la co-égalité.
Prenons le temps de le démontrer sérieusement. Parce que cet argument vient du premier chapitre de la Bible elle-même.
Ce que signifie vraiment « à l’image de Dieu » en hébreu
Commençons par le texte original. Parce que le mot hébreu utilisé ici est précis et révélateur.
Genèse 1:26, « Faisons l’homme à notre image », le mot hébreu est צֶלֶם, tselem. Ce mot signifie image, représentation, forme visible, ressemblance concrète. Ce n’est pas un mot abstrait. Ce n’est pas une image spirituelle ou métaphorique. C’est une ressemblance de forme, une correspondance visible entre deux réalités.
On retrouve ce même mot tselem en Nombres 33:52 pour désigner les idoles, les représentations sculptées des faux dieux. En 1 Samuel 6:5 pour désigner des représentations physiques. En Ézéchiel 16:17 pour des images concrètes.
Tselem désigne toujours une ressemblance de forme visible et concrète. Pas une ressemblance abstraite d’intelligence ou de morale.
Quand Dieu dit qu’il a fait l’homme à son tselem, il dit que l’homme ressemble à Dieu dans sa forme visible et concrète. Dans sa corporalité.
Et Genèse 1:27 ajoute le second mot, דְּמוּת, demout, ressemblance, similitude. Deux mots complémentaires pour dire la même chose, l’homme ressemble à Dieu, dans sa forme et dans sa nature.
Ce que le dictionnaire confirme sur image et ressemblance
La Bible ne précise pas explicitement ce qu’il faut entendre par image et ressemblance. Mais les définitions ordinaires de ces mots sont suffisamment claires pour éclairer le débat.
Le Petit Robert définit image comme « reflet, reproduction exacte ou analogique d’un être, d’une chose, portrait. » Et ressemblance comme « rapport entre des objets quelconques présentant des éléments identiques, rapport entre la chose et son modèle, apparence, image. »
Ces définitions sont précieuses parce qu’elles sont universelles et incontestables. Une image est une reproduction. Une ressemblance est un rapport entre un modèle et sa copie. Ce ne sont pas des termes abstraits ou spirituels. Ce sont des termes concrets qui désignent une correspondance visible et réelle entre deux réalités.
Quand Dieu dit qu’il a fait l’homme à son image et selon sa ressemblance, il dit que l’homme est la reproduction de son modèle divin. Que l’homme correspond à Dieu comme une image correspond à son original. Comme un portrait correspond à la personne qu’il représente.
Et un portrait n’est pas le portrait d’une abstraction incorporelle. Un portrait est toujours le portrait de quelqu’un qui a une forme visible, un visage, une présence corporelle réelle.
L’homme est donc la reproduction corporelle de Dieu. L’apothéose de la création physique, précisément parce qu’il porte dans sa chair l’image du Dieu corporel et glorieux qui l’a modelé à partir de la poussière du sol et vivifié par son propre souffle.
Ce qui distingue l’homme de toutes les autres créatures
Genèse 1 confirme cette distinction de façon structurée et délibérée.
Les animaux sont créés selon leur espèce, מִינוֹ, mino, chacun selon sa catégorie propre. Ils ont un corps. Ils ont une vie. Ils ont des instincts et une intelligence propre à leur espèce. Mais ils ne sont pas à l’image de Dieu.
Les poissons, les oiseaux, le bétail, les reptiles, tous créés selon leur espèce. Aucun n’est dit être à l’image de Dieu.
Puis vient l’homme. Et là le texte change radicalement de registre. Plus d’espèce. Plus de catégorie naturelle. « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. »
Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? Pas seulement l’intelligence. Pas seulement la morale. Pas seulement la conscience. Ce qui distingue fondamentalement l’homme de l’animal c’est sa correspondance corporelle avec Dieu.
L’homme est droit. Il lève les yeux vers le ciel. Il a des mains créatrices. Un visage expressif. Une bouche qui parle. Des yeux qui voient. Des oreilles qui entendent. Une forme corporelle qui correspond à la forme divine.
L’animal est courbé vers la terre. Ses membres sont adaptés à la marche, à la nage, au vol. Sa forme ne correspond pas à la forme divine.
Ce qui fait de l’homme l’image de Dieu c’est précisément sa corporalité particulière qui reflète la corporalité divine glorieuse.
Genèse 2:7, Dieu souffle dans les narines d’Adam
Genèse 2:7 vient compléter et confirmer ce que Genèse 1:26-27 enseigne.
« L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière du sol, il souffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. »
Arrêtons-nous sur ce geste. Dieu souffle dans les narines d’Adam.
Ce n’est pas une métaphore abstraite. C’est un acte physique, concret, corporel. Pour souffler dans les narines de quelqu’un, il faut une bouche. Il faut un souffle. Il faut une proximité corporelle réelle.
Dieu s’approche d’Adam. Il se penche vers lui. Il souffle. Son souffle entre dans les narines d’Adam. Et Adam devient un être vivant.
C’est le même geste que Jésus en Jean 20:22 quand il souffle sur ses disciples pour leur donner le Saint-Esprit. Le même geste que Psaume 33:6 décrit quand il parle de « l’esprit de sa bouche ». Un Dieu corporel, avec une bouche, un souffle, une présence physique qui se communique à sa création.
Et c’est Genèse 9:6 qui confirme que cette image est permanente et fondamentale, « car Dieu a fait l’homme à son image. » Ce verset est prononcé après le déluge, longtemps après la chute d’Adam.
L’image de Dieu dans l’homme n’est pas effacée par le péché. Elle est toujours là. Comme témoignage permanent de la correspondance entre la forme divine et la forme humaine.
Ce que la Bible dit de la corporalité de Dieu le Père
Si l’homme est fait à l’image corporelle de Dieu, alors Dieu le Père a une corporalité réelle et glorieuse. Et la Bible le confirme de façon cohérente tout au long de l’Écriture.
Exode 33:23, Dieu dit à Moïse, « tu verras mon dos, mais ma face ne peut être vue. » Un dos. Une face. Une présence corporelle réelle que Moïse peut voir partiellement mais pas totalement, parce que la gloire de cette corporalité divine dépasse ce que l’homme mortel peut supporter.
Daniel 7:9, l’Ancien des jours est décrit avec des vêtements blancs comme la neige, des cheveux comme de la laine pure, un trône de flammes, des roues de feu. Une présence localisée, visible, corporelle dans toute sa majesté.
Apocalypse 4:2-3, quelqu’un est assis sur le trône dont l’aspect ressemble à du jaspe et à de la sardoine. Une présence localisée. Une forme visible. Un être qui siège sur un trône précis dans un lieu précis.
Exode 24:9-11, Moïse, Aaron, Nadab, Abihu et soixante-dix anciens d’Israël montent sur la montagne et voient le Dieu d’Israël. « Sous ses pieds, il y avait comme un ouvrage de saphir transparent. » Des pieds. Une présence corporelle que soixante-dix hommes voient simultanément.
La Bible n’est pas gênée par la corporalité de Dieu. Elle la décrit. Elle la confirme. Elle en fait la fondation de sa théologie de la création, l’homme est fait à l’image de ce Dieu corporel et glorieux.
Le Fils, empreinte exacte de la personne du Père
Hébreux 1:3 apporte une confirmation extraordinaire. « Il est le rayonnement de sa gloire et l’empreinte de sa personne. »
Le mot grec traduit par « empreinte » est χαρακτήρ, charaktêr. C’est le mot qui désigne l’empreinte d’un sceau dans la cire, la reproduction exacte et fidèle de la forme originale. L’empreinte correspond parfaitement au sceau dont elle vient.
Jésus est l’empreinte exacte de la personne du Père. Ce que nous voyons en Jésus corporellement, c’est la révélation de ce qu’est le Père dans sa forme divine glorieuse. Et Jésus a un corps. Un corps qui mange avec ses disciples après la résurrection.
Un corps qui dit en Luc 24:39, « un esprit n’a pas de chair et d’os comme vous voyez que j’en ai. » Un corps glorifié qui monte au ciel corporellement en Actes 1:11 et qui est assis à la droite du Père en Actes 7:56.
L’incarnation n’est pas un accident de l’histoire. Ce n’est pas Dieu qui aurait pris temporairement une forme étrangère à sa nature. C’est Dieu qui révèle dans la chair ce qu’il est dans sa gloire divine. Un être personnel corporel. Dont l’homme a été fait à l’image depuis le commencement.
La question décisive que la Trinité ne peut pas résoudre
Voici maintenant la question que Genèse 1:26 pose à la doctrine trinitaire avec une force que rien ne peut désamorcer.
Si Dieu a fait l’homme à son image, et que cette image est corporelle comme le tselem hébreu l’enseigne, comme Genèse 2:7 le confirme, comme Exode 33 le décrit, comme Hébreux 1:3 le révèle, alors à l’image de quelle personne divine l’homme a-t-il été fait ?
Si les trois personnes sont co-égales et co-souveraines, l’homme devrait être à l’image des trois simultanément.
Mais le Père a une corporalité glorieuse sur son trône.
Le Fils a une corporalité glorieuse à sa droite.
Le Saint-Esprit trinitaire n’a pas de corps.
Comment l’homme peut-il être à l’image d’une Trinité dont l’une des trois personnes est incorporelle ?
Si l’image concerne le Père et le Fils mais pas le Saint-Esprit, alors le Saint-Esprit n’est pas co-égal aux deux autres. Il est ontologiquement différent.
Si l’image concerne les trois, alors le Saint-Esprit a un corps. Ce que la doctrine trinitaire nie explicitement.
Il n’y a pas de sortie propre de cette contradiction.
La Trinité classique ne peut pas réconcilier Genèse 1:26 avec la personnalité incorporelle du Saint-Esprit sans créer une asymétrie ontologique entre les trois personnes qui détruit leur co-égalité proclamée.
Ce que Genèse 1:26 révèle sur la nature du Saint-Esprit
Si Genèse 1:26 confirme que Dieu a une corporalité glorieuse dont l’homme est l’image, et si la Bible ne présente jamais une troisième personne divine incorporelle, alors la seule lecture cohérente est celle que toute l’Écriture enseigne depuis le début.
Le Saint-Esprit n’est pas une troisième personne divine incorporelle co-égale. Il est le souffle de ce Dieu corporel glorieux, sa puissance, sa présence, sa vie qui se répand dans la création et dans le cœur des croyants.
Psaume 33:6, « par l’esprit de sa bouche toute leur armée. » La bouche d’un Dieu corporel. Le souffle de cette bouche. Pas une personne incorporelle distincte.
Et Genèse 2:7 nous montre ce souffle en action. Dieu se penche vers Adam. Il souffle dans ses narines. Son souffle, son ruach, entre dans Adam et le vivifie.
C’est le même ruach qui plane sur les eaux en Genèse 1:2. Le même ruach qui sortira de la bouche du Père et sera donné par le Fils ressuscité en Jean 20:22. Un souffle qui vient d’un être corporel et qui donne la vie.
L’homme à l’image de Dieu, une dignité indestructible
Il y a quelque chose de bouleversant dans ce que Genèse 1:26 révèle quand on le lit avec ces yeux.
L’homme n’est pas fait à l’image d’un concept abstrait. Il n’est pas fait à l’image d’une énergie cosmique. Il n’est pas fait à l’image d’une hypostase incorporelle de la philosophie grecque.
Il est fait à l’image d’un Dieu vivant, corporel, glorieux, personnel, qui a des mains, une bouche, un visage, une présence localisée sur un trône, et dont la forme est si réelle et si précise que l’homme lui ressemble corporellement d’une façon qu’aucune autre créature ne partage.
C’est pour cela que Genèse 9:6 dit que verser le sang de l’homme c’est attaquer l’image de Dieu. Pas une image spirituelle abstraite. L’image corporelle et réelle du Dieu vivant gravée dans la chair de chaque être humain.
Et c’est pour cela que l’incarnation est possible et cohérente. Jésus ne prend pas une forme étrangère à sa nature divine. Il vient dans la chair parce que la chair humaine est déjà modelée sur la forme divine.
Parce que depuis Genèse 1:26, l’homme porte dans
son corps l’empreinte de ce que Dieu est dans sa gloire.
La conclusion que personne ne peut éviter
Genèse 1:26 est l’un des versets les plus connus de la Bible. Et c’est l’un des arguments les plus dévastateurs contre la doctrine d’une troisième personne divine incorporelle.
Si l’homme est fait à l’image de Dieu, alors Dieu a une forme corporelle dont l’homme est l’image.
Si Dieu a une forme corporelle dont l’homme est l’image, alors une personne divine sans corps est ontologiquement différente des deux autres personnes qui ont une corporalité glorieuse.
Si elle est ontologiquement différente, elle n’est pas co-égale.
Et si elle n’est pas co-égale, la Trinité s’effondre.
La seule cohérence biblique est celle que toute l’Écriture enseigne de Genèse à l’Apocalypse. Un Dieu corporel glorieux, un Fils qui est l’empreinte exacte de ce Père, et un Esprit qui est le souffle de ce Dieu corporel, sa puissance, sa présence, sa vie répandue dans la création et dans le cœur des croyants.
Pas une troisième personne incorporelle sans corps ni demeure. Mais le souffle du Roi de l’univers qui sort de sa bouche et vivifie tout ce qu’il touche.
Depuis Genèse 1:26, Dieu avait tout dit.
« Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. »
À l’image d’un Dieu qui a une forme. Pas à l’image d’une abstraction incorporelle.
Et cette image, gravée dans la chair de chaque homme depuis la création, est le témoignage permanent que Dieu a un corps, que ce corps est glorieux, et que le Saint-Esprit n’est pas une troisième personne sans corps mais le souffle vivant de ce Dieu corporel et souverain.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




