En Éphésiens 6:1-2, Paul écrit aux chrétiens d’Éphèse ces mots précis : « Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement avec une promesse. »
Il faut s’arrêter sur ce texte et le lire attentivement, car il contient bien plus qu’une simple exhortation à la vie de famille.
Paul cite un commandement nommément
Paul ne parle pas en termes vagues de morale générale ou de principe universel de respect. Il cite textuellement le 5e commandement tel qu’il est formulé en Exode 20:12 : « Honore ton père et ta mère. » Ce n’est pas une reformulation libre, ce n’est pas une paraphrase. C’est une citation directe de la Loi donnée par Dieu sur le Sinaï.
Et Paul le sait parfaitement, puisqu’il ajoute immédiatement : « c’est le premier commandement avec une promesse. » En disant cela, il reconnaît explicitement qu’il s’agit d’un commandement parmi d’autres, qu’il existe une liste numérotée, et que celui-ci occupe une place particulière dans cette liste en raison de la promesse qui lui est attachée.
Paul reconnaît donc la structure du Décalogue. Il raisonne à l’intérieur du Décalogue. Il enseigne à partir du Décalogue.
La promesse reprise en entier
Paul ne se contente pas de citer l’injonction. Il reprend également la promesse : « afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » Cela signifie qu’il prend le commandement dans sa totalité, dans sa lettre et dans son esprit, tel qu’il a été formulé en Exode 20.
Il ne fait pas un usage sélectif du texte pour en extraire un principe spirituel dégagé de son contexte légal. Il transmet le commandement tel quel, avec sa promesse attachée, à des croyants du premier siècle qui vivent sous la nouvelle alliance.
À qui Paul s’adresse-t-il ?
C’est ici que la démonstration prend toute sa force. Paul écrit aux chrétiens d’Éphèse. Cette église est composée en grande majorité de croyants issus des nations, c’est-à-dire de non-Juifs qui n’avaient pas grandi dans la Loi de Moïse. Et pourtant, c’est précisément à eux que Paul adresse ce commandement du Décalogue comme une norme obligatoire.
Il ne leur dit pas : « Selon l’ancienne loi d’Israël, il était d’usage d’honorer ses parents. » Il leur dit : « cela est juste. » Le mot utilisé en grec est dikaion, qui exprime ce qui est droit, ce qui est conforme à la justice de Dieu. Paul fonde l’obligation non pas sur la tradition juive mais sur la justice divine elle-même. Le commandement s’impose parce qu’il est juste, non parce qu’il est juif.
L’expression « dans le Seigneur » ne supprime pas le commandement
Certains pourraient objecter que Paul ajoute « dans le Seigneur » et que cela transformerait la nature de l’obéissance, la rendant purement spirituelle et non plus liée à la Loi. Mais cette lecture est erronée.
L’expression « dans le Seigneur » situe le croyant dans sa relation à Christ, elle ne remplace pas le commandement, elle lui donne son cadre. Obéir à ses parents dans le Seigneur, c’est le faire en tant que disciple de Jésus, dans l’esprit de l’Évangile, et non à contrecoeur ou par contrainte.
Cela renforce le commandement, cela ne le dissout pas. Jésus lui-même a parfaitement honoré ses parents. Il a obéi à Joseph et Marie à Nazareth. Il a pris soin de sa mère depuis la croix en la confiant à Jean. Le Seigneur auquel Paul nous renvoie est précisément celui qui a accompli le 5e commandement dans sa propre chair.
La logique qui s’impose
Si Paul cite le 5e commandement et en demande l’obéissance aux chrétiens d’Éphèse comme à nous aujourd’hui, une question fondamentale s’impose. De quel droit dirait-on que les neuf autres commandements sont abolis ou facultatifs ?
Quelle autorité permettrait de retirer du Décalogue le 4e commandement relatif au sabbat, ou le 1er relatif à l’adoration du seul Dieu véritable, alors que Paul lui-même traite le 5e comme toujours contraignant pour l’Église ?
Il n’existe aucune cohérence exégétique qui permettrait de valider certains commandements et d’en rejeter d’autres selon la convenance.
Le Décalogue forme un tout. Il a été prononcé par Dieu lui-même de sa propre voix sur le Sinaï, gravé de son propre doigt sur deux tables de pierre, et placé à l’intérieur de l’arche de l’alliance. Aucune autre portion de la Loi n’a reçu un tel traitement. Ce n’est pas un hasard.
Les Dix Commandements constituent la loi morale de Dieu, permanente et universelle, distincte des ordonnances cérémonielles et civiles données à Israël comme nation.
Ce que ce texte ferme définitivement
La théologie qui prétend que la grâce a rendu la Loi caduque ne peut pas expliquer pourquoi Paul, l’apôtre de la grâce par excellence aux yeux de beaucoup, cite le Décalogue dans ses lettres et en exige l’obéissance.
Elle ne peut pas expliquer pourquoi il appelle le 5e commandement « le premier commandement avec une promesse » sans jamais signaler qu’il serait désormais optionnel ou simplement conseillé.
Le texte ne laisse aucune place à cette interprétation. Paul enseigne l’obéissance au Décalogue. Il l’enseigne à des Gentils. Il l’enseigne dans le cadre de la nouvelle alliance. Et il le fait sans la moindre ambiguïté.
Les Dix Commandements ne sont pas un vestige de l’Ancien Testament réservé au peuple d’Israël. Ils sont la loi morale du Dieu vivant, valable pour tout homme, dans toute époque, sous toute alliance. Paul en témoigne ici sans équivoque, et ce témoignage vient de celui-là même que certains invoquent pour justifier l’abandon de la Loi.
On doit obéir aux Dix sans exception. Voilà le message.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()



