Je n’irai pas avec les gens DISSIMULÉS : ce que l’hébreu na’alamim révèle sur les fréquentations dangereuses
Je n’irai pas avec les gens DISSIMULÉS : ce que l’hébreu na’alamim révèle sur les fréquentations dangereuses
Je n'irai pas avec les gens DISSIMULÉS : ce que l'hébreu na'alamim révèle sur les fréquentations dangereuses

Je n’irai pas avec les gens DISSIMULÉS : ce que l’hébreu na’alamim révèle sur les fréquentations dangereuses

Ce matin en lisant le Psaume 26 je me suis arrêté sur une expression du verset 4 que nos traductions françaises restituent avec le mot dissimulés et qui dans le texte hébreu original porte une révélation d’une précision et d’une profondeur remarquables sur un type de personne que David avait appris à reconnaître et dont il refusait délibérément la compagnie.

Dans un monde où les réseaux sociaux multiplient les apparences soigneusement construites, où les masques se perfectionnent et où il est devenu difficile de distinguer ce que quelqu’un est réellement de ce qu’il présente, cette étude du Psaume 26:4 et du mot hébreu na’alamim est d’une actualité prophétique extraordinaire.

Le texte hébreu original du Psaume 26:4

Le texte massorétique dit : לֹא יָשַׁבְתִּי עִם מְתֵי שָׁוְא וְעִם נַעֲלָמִים לֹא אָבוֹא, lo yashavti im metei shav ve’im na’alamim lo avo.

Mot à mot : je ne me suis pas assis avec les hommes de vanité et avec les na’alamim je n’irai pas.

Les différentes versions françaises traduisent ce mot de façons révélatrices. La version Darby dit les gens dissimulés. La version Martin dit les gens couverts, ce qui est encore plus proche du sens hébreu original. La version Ostervald dit également les gens dissimulés. Et les versions modernes disent les hypocrites, les fourbes, les imposteurs, les intrigants. Chacune de ces traductions révèle un aspect de ce mot hébreu sans épuiser toute sa richesse.

L’étymologie hébraïque : la racine עָלַם (alam)

Le mot נַעֲלָמִים, na’alamim, est le participe passif pluriel de la racine hébraïque עָלַם, alam, Strong H5956. Et cette racine est le cœur de toute la révélation contenue dans ce verset.

עָלַם, alam, signifie cacher, couvrir, dissimuler, voiler, rendre obscur, faire disparaître de la vue, dérober à la connaissance. Ce n’est pas simplement mentir au sens de prononcer une fausse parole. C’est l’acte délibéré de couvrir ce qu’on est réellement, de se voiler soi-même, de masquer sa vraie nature et ses vraies intentions derrière une apparence soigneusement construite.

Et la forme grammaticale nif’al, participe passif, révèle quelque chose d’essentiel. Les na’alamim sont des personnes qui se sont cachées elles-mêmes, qui se sont couvertes elles-mêmes, qui ont délibérément voilé leur vraie nature. Ce n’est pas quelqu’un qu’on a caché contre sa volonté. C’est quelqu’un qui a choisi activement de se dissimuler.

Le na’alam est quelqu’un dont la surface visible et le fond réel sont radicalement et délibérément différents. Quelqu’un qui a choisi consciemment de présenter au monde une image construite qui cache ce qu’il est vraiment.

La racine alam dans d’autres contextes de l’Écriture

La richesse de cette racine se révèle encore davantage quand on examine ses autres usages dans l’Écriture hébraïque.

En Psaume 10:1 David demande : pourquoi te caches-tu, te dissimules-tu, te voiles-tu, aux temps de la détresse ? Le même mot pour décrire ce que les méchants perçoivent comme une absence de Dieu ou ce qu’ils interprètent comme un retrait divin.

En Lévitique 4:13 la racine désigne ce qui est caché à la connaissance de l’assemblée, une faute que la communauté ne connaît pas parce qu’elle est dissimulée. C’est l’idée d’une réalité intentionnellement tenue hors de la vue.

En Psaume 90:8 tu mets nos fautes devant toi, nos péchés cachés, ta’alumenu, devant la lumière de ta face. Là encore la même racine pour décrire les péchés qu’on voudrait cacher à la vue de Dieu mais qu’il voit malgré tout.

La racine alam décrit toujours quelque chose d’intentionnellement voilé, dissimulé à la vue, caché délibérément. Et dans le Psaume 26:4 ce sont des personnes qui ont appliqué cette dissimulation à leur propre identité, leur propre nature, leurs propres intentions.

Les deux catégories que David refuse dans ce verset

David associe les na’alamim avec les מְתֵי שָׁוְא, metei shav, les hommes de vanité ou les hommes de néant. Ces deux catégories sont placées côte à côte dans le même verset pour décrire deux types d’influence toxique que David refuse avec la même fermeté.

Les metei shav, les hommes de vanité, sont vides. Leur vie est construite sur du vent, sur du mensonge, sur du néant. Ils n’ont pas de substance réelle. Derrière les apparences il n’y a rien de solide, rien de vrai, rien d’authentique.

Les na’alamim, les gens dissimulés, sont masqués. Ils ont peut-être une substance réelle mais elle est soigneusement cachée derrière un voile qu’ils ont eux-mêmes tissé. Ils montrent une façade et cachent le fond. Ils affichent des intentions et en nourrissent d’autres. Ils professent une chose et en pratiquent une autre.

L’un est vide. L’autre est masqué. Et David refuse la fréquentation des deux avec la même décision radicale et la même clarté.

Ce que David dit dans le verset 5 pour compléter le tableau

Le verset 5 du Psaume 26 ajoute une dimension supplémentaire : j’ai pris en haine l’assemblée des méchants et je ne m’assieds pas avec les impies, שָׂנֵאתִי קְהַל מְרֵעִים וְעִם רְשָׁעִים לֹא אֵשֵׁב, saneti qehal meréim ve’im resha’im lo eshev.

David ne dit pas seulement je préfère ne pas être avec eux. Il dit j’ai pris en haine. C’est un sentiment fort, actif, délibéré. Et il précise que c’est l’assemblée des méchants, le groupe organisé, la communauté de ceux qui font le mal ensemble. Cette haine n’est pas une haine personnelle des individus. C’est une haine des œuvres et des rassemblements qui s’organisent autour du mal et de la dissimulation.

Et immédiatement après au verset 6 David dit : je me lave les mains dans l’innocence et je fais le tour de ton autel ô Éternel. La séparation d’avec les dissimulés et les méchants est directement liée à l’approche de Dieu. On ne peut pas fréquenter les na’alamim et s’approcher de l’autel de Dieu dans l’intégrité. Les deux sont incompatibles.

Qui sont les na’alamim dans la vie du croyant aujourd’hui

Cette question est la plus pratique et la plus urgente de toute l’étude. Car les na’alamim ne sont pas une catégorie abstraite et lointaine. Ils sont présents dans la vie quotidienne du croyant, dans ses cercles de fréquentation, dans ses groupes de prière, dans ses contacts sur les réseaux sociaux.

Le na’alam contemporain c’est la personne qui se présente comme un frère ou une sœur en Christ mais qui nourrit des intentions cachées. Qui entre en relation pour tirer un bénéfice personnel qu’elle ne révèle jamais clairement. Qui affiche une piété extérieure soigneusement construite pour gagner la confiance mais dont le fond réel se révèle progressivement au fil du temps.

C’est la personne qui dans un groupe d’étude biblique professe l’accord avec tes enseignements mais qui en privé travaille à saper ton influence ou à te discréditer. Qui dit amen et accumule des arguments contre toi.

C’est la personne qui sur les réseaux sociaux se présente sous un profil édifiant et spirituel mais dont les commentaires révèlent progressivement un esprit de contestation, de manipulation ou de prise d’ascendant déguisé en contribution fraternelle.

C’est la personne dont les paroles et les actes ne correspondent jamais vraiment. Qui dit une chose et en fait une autre. Qui promet et ne tient pas. Qui s’engage et se retire. Qui sourit et poignarde.

Les na’alamim ont toujours existé. Jésus lui-même a été trahi par l’un de ses douze, et Jean 13:2 dit que le diable avait mis dans le cœur de Judas de le trahir. Judas était le na’alam par excellence. Présent à tous les repas. Présent à tous les enseignements. Présent à toutes les prières. Et cachant pendant des mois la réalité de son cœur derrière le masque du disciple fidèle.

Comment reconnaître un na’alam

L’Écriture elle-même donne plusieurs indices pour reconnaître les personnes dissimulées avant qu’elles n’aient causé de dommages irréparables.

Premièrement Matthieu 7:16 dit c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Le na’alam peut maintenir son masque pendant un certain temps mais les fruits finissent toujours par révéler l’arbre réel. Les incohérences entre le discours et les actes s’accumulent. Les petites contradictions deviennent de grandes révélations.

Deuxièmement Proverbes 26:24-25 dit que celui qui hait se déguise avec ses lèvres mais au dedans de lui il nourrit la tromperie. Quand il emploie des paroles flatteuses ne le crois pas car sept abominations sont dans son cœur. La flatterie excessive est souvent le signe d’un na’alam. Quelqu’un qui commence chaque interaction en te complimentant de façon disproportionnée prépare souvent le terrain pour une demande ou une manipulation qu’il n’ose pas formuler directement.

Troisièmement Luc 6:45 dit c’est du trop-plein du cœur que la bouche parle. Le na’alam peut contrôler son masque pendant longtemps mais sous la pression, dans les moments de désaccord ou de frustration, ce qui est vraiment dans le cœur finit par sortir de la bouche. Les commentaires dans les moments de tension révèlent souvent ce que les discours construits dissimulaient.

Quatrièmement 1 Jean 2:19 dit ils sont sortis du milieu de nous mais ils n’étaient pas des nôtres car s’ils avaient été des nôtres ils seraient demeurés avec nous. Le na’alam finit toujours par partir ou par révéler sa nature réelle quand les circonstances ne lui permettent plus de maintenir le masque.

Pourquoi David dit je n’irai pas et non simplement je ne veux pas

Le choix du verbe dans le verset 4 est révélateur. David dit לֹא אָבוֹא, lo avo, je n’irai pas. C’est un futur défini, une décision prise d’avance, une résolution ferme et anticipée.

Il ne dit pas je verrai selon les circonstances. Il ne dit pas j’essaierai d’éviter. Il dit je n’irai pas. C’est une décision de principe préalable à toute rencontre, à toute invitation, à toute occasion qui se présentera. La décision est prise avant même que la situation se présente.

Et pour le verbe s’asseoir dans la première partie du verset David utilise le passé, je ne me suis pas assis, pour dire que cette posture a déjà caractérisé sa vie passée. Et pour le verbe aller il utilise le futur pour dire que cette posture caractérisera également sa vie à venir. C’est une cohérence de vie, une constance de caractère, pas une réaction ponctuelle à une situation difficile.

David avait pris sa décision avant de rencontrer les na’alamim. Et c’est précisément ce qui le protégeait. Quand la décision est prise à l’avance, les manipulations et les séductions des dissimulés trouvent une porte fermée.

Ce que cela signifie pour les fréquentations spirituelles du croyant

La vérité pratique de ce verset pour le croyant d’aujourd’hui touche à plusieurs domaines simultanément.

Sur les fréquentations personnelles le croyant doit apprendre à distinguer les relations d’authenticité réelle des relations de façade soigneusement construite. Pas pour vivre dans la méfiance chronique et la paranoïa relationnelle. Mais pour exercer le discernement spirituel que l’Écriture appelle en 1 Jean 4:1 à propos des esprits, et que le Psaume 26 appelle à propos des personnes.

Sur les fréquentations dans les groupes de prière et les communautés chrétiennes le na’alam peut être particulièrement dangereux parce que le contexte spirituel lui fournit un masque d’autant plus crédible. Se présenter comme un frère ou une sœur en Christ, connaître le vocabulaire biblique, participer aux activités communautaires, tout cela peut servir de couverture à quelqu’un dont les intentions réelles sont radicalement différentes.

Sur les fréquentations sur les réseaux sociaux les na’alamim pullulent dans l’espace numérique parce que la distance et l’anonymat relatif facilitent la dissimulation. On peut construire un profil entièrement fictif, poster des contenus soigneusement sélectionnés et présenter une image de soi complètement déconnectée de la réalité intérieure.

Et sur les fréquentations doctrinales certains na’alamim utilisent le masque de l’accord partiel pour installer la confiance avant de glisser progressivement des erreurs doctrinales ou de tenter de prendre l’ascendant sur l’enseignant qu’ils fréquentent.

L’intégrité de David comme fondement de son discernement

Ce qui est remarquable dans le Psaume 26 c’est que David ne commence pas par parler des na’alamim. Il commence par parler de lui-même au verset 1. Juge-moi ô Éternel car j’ai marché dans mon intégrité, בְּתֻמִּי, betummi, et je me suis confié en l’Éternel sans chanceler.

L’intégrité de David est le fondement de son discernement des dissimulés. Quelqu’un qui marche lui-même dans la dissimulation ne peut pas discerner les dissimulés chez les autres. Quelqu’un dont la vie intérieure et la vie extérieure ne correspondent pas est incapable de voir l’incohérence entre l’intérieur et l’extérieur chez les autres.

C’est pour cela que la marche dans l’intégrité est la condition préalable du discernement des na’alamim. Et c’est pour cela que David peut dire avec assurance au verset 2 sonde-moi ô Éternel et éprouve-moi, examine mes reins et mon cœur. Il n’a pas peur de l’examen divin parce qu’il n’a rien à cacher. Et c’est précisément parce qu’il n’a rien à cacher qu’il peut reconnaître ceux qui cachent tout.

Le croyant qui marche dans l’intégrité devant Dieu développe naturellement la capacité de discerner les dissimulés parce qu’il connaît par contraste la réalité de ce qu’est une vie sans masque devant Dieu.

La décision prophétique pour le croyant d’aujourd’hui

David dit je n’irai pas. Et cette décision appelle le croyant d’aujourd’hui à la même clarté, à la même résolution anticipée, à la même fermeté de caractère.

Ne pas aller avec les na’alamim ce n’est pas de la méfiance chronique envers tout le monde. Ce n’est pas de l’isolement spirituel ou de l’arrogance relationnelle. C’est la décision sage et préalable de ne pas construire des relations profondes et des alliances spirituelles avec des personnes dont l’intérieur et l’extérieur ne correspondent pas, dont le discours et les actes divergent, dont la fidélité est performée et non vécue.

Et Amos 3:3 pose la question qui résume tout : deux hommes marchent-ils ensemble sans s’être donné rendez-vous ? La vraie communion spirituelle, la vraie fraternité dans la foi, suppose un alignement réel sur les mêmes valeurs, les mêmes engagements et la même intégrité. On ne peut pas marcher ensemble avec quelqu’un dont la direction réelle est cachée sous une direction affichée.

Je n’irai pas avec les gens dissimulés. Pas parce que je les méprise. Pas parce que je les condamne. Mais parce que la marche dans l’intégrité et la confiance en l’Éternel exigent des compagnons de route dont l’intérieur correspond à l’extérieur, dont la bouche dit ce que le cœur pense, et dont la vie confirme ce que les lèvres professent. C’est la décision de David. Et c’est la décision que le Psaume 26 appelle chaque croyant à prendre pour lui-même, d’avance, fermement et sans équivoque.

Serge le prédicateur t’encourage

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