Ce S dans Pâques : la marque d’une substitution historique.
Ce S dans Pâques : la marque d’une substitution historique.
Ce S dans "Pâques" : la marque d'une substitution historique.

Ce S dans Pâques : la marque d’une substitution historique.

« Christ, notre Pâque, a été immolé. »

1 Corinthiens 5:7

La Bible ne connaît qu’une seule Pâque. Pas des Pâques. Une Pâque. La Pâque biblique, c’est le Pessah hébraïque, פֶּסַח, le passage de Dieu sur les maisons marquées du sang de l’agneau en Égypte. C’est l’agneau sans défaut immolé le 14 Nisan. C’est le sang sur le linteau. C’est la délivrance. Et c’est Christ lui-même que Paul désigne sans hésitation : notre Pâque a été immolée.

Un seul mot. Féminin singulier. Sans S.

🩵 Le S est apparu par décision d’hommes.

En l’an 325, le concile de Nicée, convoqué par l’empereur Constantin, a pris une décision qui allait marquer l’histoire de la chrétienté pour des siècles. La célébration de la Pâque chrétienne serait définitivement détachée du calendrier hébraïque.

Elle ne coïnciderait plus avec le 14 Nisan. Elle serait calculée selon un nouveau système astronomique romain, fixée au dimanche suivant la première pleine lune après l’équinoxe de printemps.

La justification de Constantin lui-même, conservée dans la Vie de Constantin d’Eusèbe, est sans ambiguïté : « Il parut indigne de célébrer cette très sainte fête en suivant la coutume des Juifs. N’ayons donc rien de commun avec la détestable foule des Juifs. »

Ce n’est pas une décision théologique. C’est une décision politique teintée d’un antisémitisme déclaré. Et c’est cette décision-là qui a produit Pâques avec un S, une fête nouvelle portant un vieux nom, déplacée, recalculée, institutionnalisée, séparée de ses racines bibliques.

💙 Ce que la grammaire française a gardé en mémoire.

Le français est la seule grande langue à avoir conservé la distinction entre les deux réalités dans sa grammaire même.

La Pâque, féminin singulier sans S, c’est Pessah. C’est la fête juive. C’est l’agneau de l’Exode. C’est Christ immolé. C’est le texte biblique.

Pâques, masculin singulier avec S, c’est la fête institutionnelle post-nicéenne. Le pluriel lui-même porte en lui la mémoire de la substitution. Comme si la langue avait voulu marquer dans sa propre chair que quelque chose avait changé, que la fête unique et sainte avait été transformée en quelque chose de multiple, de calculé, de déplacé.

🌟 Les premiers chrétiens ne connaissaient pas Pâques avec un S.

Les Quartodécimans, ces chrétiens d’Asie Mineure qui remontaient directement à l’apôtre Jean, célébraient la Pâque le 14 Nisan, en suivant le calendrier biblique. Polycarpe de Smyrne, disciple de Jean, défendait cette pratique. Polycrate d’Éphèse écrivait : « Nous observons le jour exact, sans rien ajouter ni retrancher. »

Ces chrétiens-là célébraient la Pâque de la Bible. Pas les Pâques de Nicée.

Ce n’est qu’après le concile d’Antioche en 341, qui menaça d’excommunication quiconque continuerait à suivre la date hébraïque, que la substitution devint définitive et obligatoire.

💙 Ce que Pâques est devenu dans la théologie catholique.

L’Église catholique romaine a bâti autour de Pâques avec un S tout un édifice liturgique d’une grande sophistication. La Vigile pascale, célébrée dans la nuit du samedi au dimanche, est considérée comme la nuit la plus sainte de l’année liturgique catholique.

On y bénit le feu nouveau. On allume le cierge pascal. On chante l’Exsultet, ce long cantique de louange à la nuit de la résurrection. On renouvelle les promesses baptismales. On accueille les nouveaux baptisés.

C’est une liturgie élaborée, ancienne, chargée de symboles. Et pourtant elle est célébrée à une date que ni Jésus ni les apôtres n’ont jamais prescrite. Une date calculée selon un système astronomique fixé par un concile impérial au quatrième siècle, dont la motivation déclarée était de ne plus rien avoir de commun avec les Juifs.

L’Église catholique le reconnaît elle-même. Elle ne prétend pas que Pâques avec un S est la Pâque biblique. Elle dit qu’elle en est l’accomplissement chrétien institutionnalisé. Ce qui est une façon honnête de reconnaître que c’est une construction ecclésiale et non un commandement scripturaire.

🔥 Et les protestants dans tout cela ?

C’est ici que le questionnement devient le plus troublant. La Réforme du seizième siècle est née d’un cri : retournons à la Parole seule. Sola Scriptura. Luther a brisé avec Rome sur la justification par la foi.

Calvin a brisé avec Rome sur l’ecclésiologie. Les réformateurs ont dénoncé les traditions humaines qui avaient remplacé ou obscurci l’Écriture. Ils ont rejeté le purgatoire, les indulgences, le culte des saints, la messe comme sacrifice.

Mais ils ont gardé Pâques avec un S. Sans s’interroger. Sans vérifier. Sans appliquer à ce point précis le même principe qu’ils appliquaient partout ailleurs : est-ce que cela se trouve dans la Parole de Dieu, ou est-ce une tradition d’hommes ?

La réponse est claire. Jésus n’a jamais dit de célébrer Pâques avec un S. Les apôtres ne l’ont jamais institué. Le Nouveau Testament ne le prescrit nulle part. C’est une décision du quatrième siècle, prise par un concile impérial, motivée par une rupture délibérée avec le calendrier biblique hébraïque.

Les protestants ont quitté Rome sur le salut. Mais ils sont restés avec Rome sur le calendrier. Et chaque année au printemps, ils célèbrent ensemble, catholiques et protestants réunis, une fête dont la date a été fixée non pas par Christ, non pas par les apôtres, mais par Constantin et Nicée.

Ce n’est pas un détail liturgique. C’est la question de l’autorité. Qui fixe les fêtes du peuple de Dieu ? La Parole ou l’institution ?

🔥 Ce que cela nous dit à nous aujourd’hui.

Les œufs en chocolat, les lapins de Pâques, les traditions printanières qui envahissent les vitrines chaque année ne sont pas les ornements d’une fête biblique. Ils sont les ornements d’une fête institutionnelle qui a remplacé la fête biblique.

Et les Églises qui se disent fidèles à la Parole mais qui célèbrent Pâques avec un S sans jamais s’interroger sur cette substitution portent sans le savoir l’héritage d’une décision prise non pas par les apôtres, non pas par le Christ, mais par un concile impérial au quatrième siècle.

Christ n’a pas institué Pâques. Il a célébré la Pâque. La dernière Pâque. Celle du 14 Nisan. Avec ses disciples. En disant : j’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Luc 22:15.

Et il est mort à l’heure même où les agneaux étaient immolés au Temple. Pas à une date calculée par un computus romain.

💙 La Pâque n’a pas besoin d’un S pour être vraie. Elle a besoin du sang de l’Agneau.

« Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête. » 1 Corinthiens 5:7-8.

Serge le prédicateur t’encourage 🩵

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