Suite directe de la publication précédente, explication sur le sens des originaux grecs et l’interprétation trinitaire.(Titre : Baptême au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit : Pas de Trinité ici)
Dans cette deuxième partie, nous poursuivons notre étude sur Matthieu 28.19 en examinant le texte grec et les pratiques des premiers chrétiens.
Chaque point que nous abordons, le singulier « nom », les articles répétés, le rôle de l’Esprit, et la pratique baptismale, est lié au débat trinitaire.
L’objectif est de comprendre comment le texte original éclaire la relation entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, afin que le lecteur puisse suivre le lien avec la Trinité sans avoir à se référer uniquement au titre.
Contexte : l’objection reçue en commentaire
Un lecteur attentif a écrit :
« La grammaire grecque distingue clairement trois référents (articles répétés). L’Esprit parle, veut, intercède (Ac 13.2, Rm 8.26). Les premiers chrétiens lisaient Matthieu 28.19 comme trinitaire. Ta paraphrase est une eisegèse. »
C’est une excellente remarque, car elle reflète ce que beaucoup pensent lorsqu’ils lisent le texte en français moderne. Voyons ce que dit le grec original, mot par mot, et comment le comprendre dans le contexte biblique complet.
Le singulier « nom » : unité d’ÊTRE, pas simple formule
En grec : τὸ ὄνομα (singulier neutre) + trois génitifs coordonnés.
Le terme « nom » ne signifie pas trois entités séparées, mais l’autorité et l’identité de Dieu.
Si Matthieu avait voulu parler de trois noms distincts, il aurait écrit « εἰς τὰ ὀνόματα » (pluriel).
Exemple parallèle : Exode 3.15 : « YHWH = mon nom à perpétuité » → il s’agit de l’Être révélé.
Ainsi, Matthieu 28.19 parle d’un seul Nom divin, qualifié par le Père, le Fils et leur Esprit.
Les articles répétés : distinction OUI, mais de QUOI ?
Les articles répétés en grec :
τοῦ πατρός, τοῦ υἱοῦ, τοῦ ἁγίου πνεύματος = trois réalités distinctes.
Mais attention :
Le Père ≠ Fils : distinction hypostatique éternelle (Jean 1.18).
L’Esprit n’est pas une 3ᵉ personne indépendante mais l’Esprit du Père et de Christ (Mt 10.20 ; Rm 8.9).
Question clé : l’Esprit agit-il en autonomie ou comme présence commune du Père et du Fils ? Le texte privilégie la seconde option.
L’Esprit « parle, veut, intercède » : signe d’action divine, pas de personnalité autonome
Quelques passages : Ac 13.2, Rm 8.26, Ép 4.30.
L’Esprit parle → comme « l’Esprit de votre Père » (Mt 10.20).
Jésus souffle → « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20.22).
Les gémissements inexprimables (Rm 8.26) → mode d’action divine.
Analogie : La Parole de Dieu parle (1P 1.11) ou juge (Héb 4.12). Personne ne dira pour autant que la Parole est une 2ᵉ personne avant l’incarnation.
Didachè vs Actes : chronologie décisive
Objection : « Didachè = formule trinitaire ».
Contre-observation :
1. Actes (30-60 ap. J.-C.) : pratique originelle → baptême « au nom de Jésus » (Ac 2.38, 8.16, 10.48, 19.5).
2. Didachè (60-80 ap. J.-C.) : développement liturgique tardif.
La pratique primitive prime sur les formulations postérieures.
Papyrologie grecque : comprendre « εἰς τὸ ὄνομα »
Exemple : P.Oxy. 277 (107 ap. J.-C.) → « εἰς τὸ ὄνομα Δίωνος » = transfert juridique de propriété.
Dans Matthieu 28.19, le baptême signifie appartenance effective à un seul Nom divin, pas création d’une 3ᵉ entité.
Ma paraphrase respecte exactement le grec
Grec original Reformulation biblique
τὸ ὄνομα (sing.) « Dieu unique »
βαπτίζοντες εἰς « plongeant dans la sphère d’autorité »
τοῦ πατρός « le Père, source éternelle »
τοῦ υἱοῦ « le Fils, Verbe éternel et distinct »
τοῦ ἁγίου πνεύματος « leur Saint-Esprit commun »
Aucune eisegèse, simplement le sens réel des mots dans le contexte biblique.
Synthèse : ce que dit le texte
Un seul Nom divin → unité d’Être
Trois réalités distinctes → Père ≠ Fils
Esprit = présence agissante partagée → Mt 10.20 + Rm 8.9
Baptême = transfert d’appartenance sous cette autorité
Thèse centrale : Dieu est un dans l’Être, le Père et le Fils sont éternellement distincts, et le Saint-Esprit représente leur action commune, non une 3ᵉ hypostase indépendante.
Débat ouvert
Pour continuer l’étude : Rm 8.9-11, Jn 14-16, Ac 2.32-38.
Les originaux grecs parlent. Laissons le texte décider.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




