Un message prophétique pour l’histoire… et pour la fin des temps
1. Pourquoi étudier le message à Thyatire ?
Le message à l’église de Thyatire (Apocalypse 2.18-29) est le plus long des sept messages, parce qu’il couvre la plus longue période de l’histoire de l’Église.
Ce n’est pas seulement une lettre à une communauté du 1er siècle : c’est une prophétie historique qui décrit :
une église apostate symbolisée par Jézabel,
un reste fidèle au milieu de l’apostasie,
une période de 1260 ans de domination religieuse,
et une répétition finale à la fin des temps, sous la forme de Babylone la grande (Apocalypse 17).
2. Lecture rapide du texte d’Apocalypse 2.18-29
Le message commence ainsi :
« Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain poli… » (Apoc. 2.18)
Jésus :
voit tout (yeux comme une flamme de feu),
discernne les cœurs (il sonde les reins et les cœurs),
juge avec justice (il rend à chacun selon ses œuvres).
Dans ce message, on trouve :
1. Une approbation :
– l’amour, le service, la foi, la persévérance du reste fidèle.
2. Un reproche :
– la tolérance d’une femme appelée Jézabel,
– qui enseigne et séduit les serviteurs de Dieu,
– les poussant à la fornication spirituelle et à l’idolâtrie.
3. Un délai de repentance :
– Dieu lui donne un « temps » pour se repentir (les 1260 ans).
4. Un jugement :
– un « lit de maladie » (blessure mortelle),
– une grande tribulation pour ceux qui forniquent avec elle (Révolution française),
– la mort de ses enfants (les systèmes religieux nés d’elle et devenus apostats).
5. Une promesse au reste :
– autorité sur les nations avec Christ,
– et l’étoile du matin.
3. Thyatire : une ville, un contexte, un symbole
Le nom Thyatire signifie : « sacrifice de contrition ».
C’est significatif, car durant cette période, le véritable sacrifice du sanctuaire céleste a été piétiné et remplacé par un système contrefait.
Thyatire, dans l’Empire romain, était connue pour :
ses corporations de métiers (guildes, syndicats),
son industrie de teinture (surtout la couleur pourpre),
ses artisans du bronze et du cuivre.
On se souvient de Lydie, « marchande de pourpre », originaire de Thyatire (Actes 16.14).
Cette couleur pourpre réapparaît dans Apocalypse 17 comme la couleur de la grande prostituée : lien direct avec Jézabel spirituelle.
Les pieds d’airain poli et les yeux de feu de Jésus parlent donc :
à une ville de chaudronniers et métallurgistes,
et symbolisent son regard perçant et son jugement juste, malgré les apparences où Jézabel semble triompher et le peuple de Dieu être écrasé.
4. Deux visages de Thyatire : une église apostate et un reste fidèle
Dans Thyatire, il faut distinguer deux réalités :
1. L’église dominante, apostate, représentée par Jézabel :
introduisant fornication spirituelle (union illégitime avec les rois de la terre),
et idolâtrie (manger des choses sacrifiées aux idoles).
2. Le reste fidèle (mot grec loipos, le même qu’en Apocalypse 12.17) :
ceux qui n’acceptent pas la doctrine de Jézabel,
qui ne connaissent pas « les profondeurs de Satan »,
et qui continuent à servir Dieu dans l’amour, la foi, la persévérance.
Ce reste inclut, dans l’histoire, des groupes comme :
les Vaudois,
les Albigeois,
et d’autres fidèles qui copiaient la Bible à la main et la partageaient en secret, car la Parole de Dieu était interdite dans la chrétienté dominée par la « Jézabel » spirituelle.
5. De Pergame à Thyatire : du compromis à l’apostasie ouverte
Dans l’ordre des sept églises :
Pergame = période du compromis (époque de Constantin)
– mélange du paganisme et du christianisme,
– adoption de rites, fêtes et pratiques paganes au sein de l’Église.
Thyatire = période où ce compromis porte ses fruits :
– ce qui est entré à Pergame devient système établi,
– l’apostasie devient officielle et structurelle.
Historiquement :
au 6ᵉ siècle (autour de 538), la papauté est solidement établie,
le paganisme romain cède la place à la Rome papale,
les 1260 ans d’oppression prophétisés (Dan. 7.25 ; Apoc. 12, 13) commencent.
La papauté elle-même reconnaît avoir intégré des éléments païens :
– dans sa liturgie, son art, ses fêtes, ses coutumes,
– « baptisant » des pratiques païennes pour les intégrer au culte « chrétien ».
C’est précisément ce que symbolise Jézabel :
un système religieux qui se dit prophétique, mais qui mélange vérité biblique et traditions humaines, jusqu’à devenir une prostituée spirituelle.
6. Jézabel ne vient jamais seule : les quatre protagonistes
Dans l’Ancien Testament, Jézabel n’apparaît jamais isolée. On trouve toujours :
1. Jézabel
reine païenne, volontaire, manipulatrice,
prêtresse de la religion de Baal (culte du soleil),
déterminée à étendre sa religion en Israël,
haïssant Élie et cherchant à le tuer.
2. Achab
roi d’Israël, mais faible,
époux de Jézabel,
se laisse totalement influencer par elle,
utilise l’autorité de l’État pour servir les intérêts religieux de Jézabel.
3. Les faux prophètes de Baal
prophètes entretenus à la table de Jézabel,
propagent sa religion dans tout Israël,
obéissent à sa volonté : « on ne mord pas la main qui vous nourrit ».
4. Élie
prophète de Dieu, fidèle,
appelé à démasquer l’apostasie,
à restaurer l’autel de l’Éternel,
et à rappeler les commandements de Dieu au peuple.
Ce schéma va devenir un modèle prophétique : il se répète sous d’autres formes dans la Bible.
7. Les quatre « Élie » dans la Bible
La prophétie biblique nous présente quatre Élie, non pas comme quatre réincarnations, mais comme quatre phases d’une même œuvre prophétique.
Élie historique (Ancien Testament)
1 Rois 17–18
lutte contre Jézabel, Achab et les faux prophètes de Baal,
dénonce la fornication (mariage illégitime avec une païenne)
et l’idolâtrie (culte du soleil Baal),
restaure le véritable culte et l’autel de l’Éternel.
Jean-Baptiste : Élie au temps de Jésus
Jésus dit que Jean-Baptiste est venu « dans l’esprit et la puissance d’Élie ».
On retrouve la même structure :
Jean-Baptiste = Élie,
Hérode = Achab, roi faible,
Hérodiade = Jézabel (femme adultère, haineuse envers le prophète),
la fille d’Hérodiade = équivalent des faux prophètes, exécutant la volonté de la mère.
Résultat :
Jean-Baptiste est décapité à cause de son message de réprimande contre la fornication et l’illégitimité de cette union.
Le « Élie » de Thyatire : les fidèles pendant les 1260 ans
Pendant la période de Thyatire :
Jézabel = système religieux apostat (église dominante),
Achab = pouvoirs civils qui se laissent manipuler par cette église,
les faux prophètes = systèmes religieux sortis d’elle,
Élie = le reste : Vaudois, Albigeois, réformateurs, etc.
Ils proclament :
la fidélité à la Parole de Dieu,
la dénonciation des abus religieux,
le retour au véritable évangile et au sanctuaire.
Et ils sont persécutés, traqués, massacrés : la prostituée est ivre du sang des saints.
Le « Élie » de la fin des temps
Malachie 4 annonce qu’Élie doit venir avant le grand et terrible jour de l’Éternel.
Ce ne sera pas un homme seul, mais un mouvement :
un reste fidèle de la fin des temps,
proclamant un message de réforme mondiale,
appelant à sortir de Babylone,
restaurant les commandements de Dieu,
et le vrai culte, y compris le Sabbat.
Face à lui, on retrouvera la même structure :
une Jézabel moderne (Babylone la grande),
des rois de la terre (pouvoirs politiques),
des filles de Babylone (systèmes religieux qui font sa volonté),
un peuple Élie qui prêche malgré les menaces.
8. De l’histoire littérale au symbole prophétique
Dans l’Ancien Testament, tout est littéral :
Jézabel = femme littérale,
Achab = roi littéral,
Élie = prophète littéral,
Baal = dieu soleil littéral,
Israël = nation littérale,
idolâtrie = statues, autels, culte du soleil.
Dans la prophétie d’Apocalypse, tout devient symbolique :
la femme = église (fidèle ou apostate),
la fornication = union illégitime de l’église avec les pouvoirs politiques,
l’idolâtrie = culte et pratiques religieuses que Dieu n’a pas ordonnés,
le soleil = remplacé par le jour du soleil (dimanche) élevé au rang de jour de culte,
les faux prophètes = systèmes religieux qui répètent les erreurs de la mère,
Élie = mouvement prophétique et non une seule personne.
Le principe clé :
Quand l’homme érige comme objet de culte ce que Dieu n’a pas destiné au culte, c’est de l’idolâtrie – que ce soit une statue, un astre, ou même un jour que Dieu n’a pas sanctifié.
9. Jézabel, l’occultisme et le faux sanctuaire
L’Ancien Testament montre Jézabel :
impliquée dans l’occultisme (elle est appelée sorcière),
croyant à l’immortalité de l’âme,
propageant un système où les morts sont mystérieusement actifs.
On retrouve ces mêmes idées dans le système apostat :
prière aux “saints” morts,
croyance en l’âme immortelle qui continue à agir,
mélange Bible + traditions humaines + philosophie païenne.
Jézabel a aussi détruit l’autel de l’Éternel et introduit un sanctuaire contrefait.
Élie est appelé à :
réparer l’autel de l’Éternel,
rappeler le sens du sacrifice véritable (qui pointe vers Jésus),
ramener le peuple aux commandements de Dieu.
De même, dans l’histoire chrétienne :
le ministère et le sacrifice de Jésus ont été obscurcis par des systèmes liturgiques et sacramentels,
la grâce a été cachée derrière des œuvres humaines et des médiations non bibliques,
le peuple de Dieu est appelé à restaurer l’Évangile et le sanctuaire véritables.
10. La blessure mortelle… et son rétablissement
Apocalypse 2 montre Jézabel :
jetée sur un lit de maladie,
frappée d’une blessure mortelle,
et subissant un jugement, avec ses enfants.
Historiquement :
cette blessure mortelle correspond à la fin de la domination papale (Révolution française, 1798, fin des 1260 ans),
mais Apocalypse 13.3 annonce que la blessure mortelle sera guérie.
Conséquence :
à la fin des temps, la même structure réapparaît :
– Jézabel (Babylone),
– ses filles,
– les rois de la terre,
– et un peuple Élie qui annonce le dernier appel de Dieu.
Apocalypse 17 décrit cette Jézabel finale :
une femme prostituée assise sur une bête écarlate,
vêtue de pourpre et d’écarlate,
parée d’or, de pierres précieuses, de perles,
tenant une coupe d’or pleine d’abominations,
appelée « la mère des prostituées »,
ivre du sang des saints.
C’est l’accomplissement final du symbolisme de Jézabel :
une église apostate, mondiale, séduisante, puissante, unie aux puissances politiques, persécutant ceux qui gardent les commandements de Dieu.
11. Le rôle d’Élie aujourd’hui : amour, vérité et courage
Face à cette réalité, Dieu suscite un peuple Élie :
non pas pour flatter,
mais pour aimer suffisamment pour dire la vérité, même si elle blesse au début.
L’histoire montre que :
la vérité peut d’abord offenser,
mais quand l’Esprit agit, ceux qui aiment la vérité finissent par reconnaître :
« C’était dur… mais c’était vrai. »
Comme Étienne devant le Sanhédrin, comme Paul après sa conversion, comme tant de convertis qui ont quitté des systèmes religieux traditionnels pour suivre la Parole de Dieu, le message d’Élie :
secoue,
mais sauve.
12. Conclusion : Thyatire, un miroir pour notre temps
Le message à Thyatire n’est pas un simple chapitre d’histoire :
il révèle un schéma prophétique qui va de l’Ancien Testament à la fin des temps,
il dévoile la logique de l’apostasie religieuse,
il met en lumière le reste fidèle,
il annonce la répétition finale sous la forme de Babylone la grande.
Au cœur de ce message :
un Christ aux yeux de feu qui voit tout,
un appel à tenir ferme ce que nous avons jusqu’à ce qu’Il vienne,
une invitation à être de ce peuple Élie qui :
restaure le vrai culte,
restaure les commandements de Dieu,
démasque Jézabel et ses séductions,
et prépare un peuple pour le retour de Jésus.
« Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. » (Apoc. 2.29)
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




