Jésus n’a pas aboli la loi, Il l’a accomplie !
Voyons ensemble ce que cela signifie vraiment.
« Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. »
Matthieu 5:17-18
1. Le malentendu le plus répandu
Beaucoup de chrétiens pensent que “accomplir” signifie terminer, remplacer ou abolir.
Mais Jésus dit exactement le contraire.
Il ne dit pas : “Je suis venu mettre fin à la loi”,
Il dit : “Je suis venu lui donner tout son sens, la vivre parfaitement et la manifester pleinement.”
Pour comprendre cela, plongeons dans le cœur linguistique de ce mot.
2. En grec : πληρόω (plēróō)
Le texte original grec emploie le verbe πληρόω (plēróō), racine du mot “plein”.
Il signifie littéralement :
Remplir jusqu’au bord, rendre complet.
Donner toute la mesure à quelque chose.
Porter à son plein accomplissement.
Faire exister pleinement, réaliser ou incarner.
Ainsi, accomplir ne veut pas dire supprimer, mais rendre parfait, compléter, faire vivre dans sa plénitude.
Autres emplois bibliques de πληρόω :
Matthieu 3:15 : « Il convient que nous accomplissions toute justice. »
→ Jésus ne “met pas fin” à la justice, Il la réalise dans les faits.
Romains 8:4 : « Afin que la justice de la loi fût accomplie en nous. »
→ L’Esprit nous permet de vivre ce que la loi exige.
Colossiens 1:25 : « Pour que j’accomplisse la Parole de Dieu. »
→ C’est “la rendre vivante et manifeste”, non l’annuler.
Dans Matthieu 5:17, plēróō exprime donc l’idée d’une loi remplie de sens, mise en lumière par la vie et l’enseignement du Christ.
3. En hébreu : לְקַיֵּם (leqayem) – Faire subsister, établir
La pensée hébraïque est indispensable ici, car Jésus parlait en hébreu ou en araméen, non en grec.
Le mot qui correspond le mieux à “accomplir” dans le contexte juif est לְקַיֵּם (leqayem), qui signifie :
“Faire subsister”, “confirmer”, “établir solidement”, “donner vie à”.
Dans la littérature rabbinique, on disait :
Un rabbin qui enseignait correctement la Torah la “faisait subsister” (leqayem).
Un rabbin qui la déformait ou la contredisait la “détruisait” (לבטל levatel).
Autrement dit :
“Accomplir la loi” = lui donner sa vraie interprétation et l’appliquer fidèlement.
“Abolir la loi” = la mal enseigner, la vider de sa substance ou la négliger.
Jésus se place clairement dans la première catégorie : Il établit la loi dans toute sa vérité.
4. Le lien entre les deux langues : plērōō et leqayem
Lorsqu’on compare le grec et l’hébreu, on découvre que ces deux mots se complètent parfaitement :
En grec (plērōō) : il s’agit de remplir, rendre complet, porter à la perfection.
En hébreu (leqayem) : il s’agit de faire subsister, établir solidement, confirmer dans la vérité.
Leur sens combiné exprime l’idée suivante :
Rendre la loi vivante et permanente.
Révéler la profondeur spirituelle de la loi.
Incarnation parfaite de la loi en action.
Ainsi, dans Matthieu 5:17, Jésus affirme qu’il est venu :
Remplir la loi de lumière (aspect grec),
La confirmer dans sa vérité éternelle (aspect hébraïque),
Et la faire vivre dans le cœur des hommes (aspect spirituel).
5. Jésus accomplit, Il n’abolit pas
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus illustre ce principe :
« Vous avez entendu qu’il a été dit… mais moi, je vous dis… »
Il ne change pas la loi, Il en dévoile la profondeur :
Ne pas tuer → comprendre que la colère tue déjà dans le cœur.
Ne pas commettre l’adultère → comprendre que le regard peut être adultère.
Aimer son prochain → comprendre qu’il faut aimer même ses ennemis.
Chaque commandement devient vivant, intérieur, spirituel.
C’est cela accomplir : manifester la plénitude du sens divin.
6. Le sceau du ciel et de la terre
« Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota… »
(Matthieu 5:18)
Le “iota” est la plus petite lettre grecque, équivalent du yod en hébreu, la plus petite lettre de la Torah.
Jésus affirme ici que pas même une lettre de la loi morale ne disparaîtra tant que le ciel et la terre subsistent.
Or, le ciel et la terre sont encore là.
Donc la loi de Dieu demeure immuable, éternelle, sainte, juste et bonne (Romains 7:12).
7. L’accomplissement dans le cœur du croyant
Sous l’ancienne alliance, la loi était gravée sur la pierre.
Sous la nouvelle alliance, elle est gravée dans le cœur (Jérémie 31:33 ; Hébreux 8:10).
Ainsi, Jésus accomplit la loi :
En Lui-même, par une obéissance parfaite.
Pour nous, en nous justifiant par Sa grâce.
En nous, par le Saint-Esprit qui écrit la loi dans nos cœurs.
« Afin que la justice de la loi fût accomplie en nous qui marchons non selon la chair, mais selon l’Esprit. » (Romains 8:4)
8. En conclusion : accomplir, c’est vivifier
Voici ce que cela signifie concrètement :
Ce que Jésus n’a pas fait :
Il n’a pas aboli la loi.
Il n’a pas supprimé les commandements.
Il n’a pas clôturé la loi morale.
Il n’a pas mis fin à l’obéissance.
Ce que Jésus a fait :
Il a fait vivre pleinement la loi.
Il a révélé l’essence divine des commandements.
Il a incarné la loi dans la perfection de l’amour.
Il a rendu possible l’obéissance du cœur par la foi et l’Esprit.
Et à la fin des temps, la Parole confirme :
« Voici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la **foi de Jésus-Christ. » Apocalypse 14:12
Jésus n’est pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir, c’est-à-dire la rendre vivante, parfaite et éternelle, et Il nous appelle à en faire autant, par la foi et par l’amour.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




