Ce matin, en ce mois d’avril, je méditais Matthieu chapitre 4, et mes yeux se sont arrêtés sur un détail géographique que je n’avais jamais vraiment pris le temps de mesurer. Le verset 24 dit ceci : « Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. »
J’ai relu cette phrase plusieurs fois, et je me suis posé une question simple mais profonde : de quoi parle-t-on exactement quand Matthieu écrit « toute la Syrie » ? Est-ce qu’il parle d’Israël ? Est-ce qu’il parle d’une région voisine ? Et surtout, quelle était l’étendue réelle de cette renommée à ce moment précis du ministère de Jésus ?
La Syrie dont parle Matthieu n’est pas Israël
Il faut comprendre que la Syrie dont parle Matthieu 4:24 est la province romaine de Syria, un territoire administratif entièrement distinct d’Israël. La Palestine de l’époque était elle-même divisée en plusieurs provinces romaines séparées : la Judée, la Galilée, la Samarie, la Pérée.
La province de Syria était le grand territoire voisin au nord, avec Antioche pour capitale, une ville cosmopolite et puissante, peuplée en grande majorité de Gentils, de non-juifs, de gens qui n’attendaient rien d’un rabbi galiléen.
« Toute la Syrie », cela veut dire jusqu’aux quatre coins de ce territoire
Le texte grec original utilise le mot holos, holên, qui signifie la totalité, l’entièreté absolue. Matthieu n’écrit pas « une partie de la Syrie », ni « les régions proches de la frontière ». Il écrit toute la Syrie. Et cette province était immense.
Elle s’étendait du nord de la Galilée jusqu’aux confins de la Mésopotamie à l’est, elle englobait les côtes phéniciennes à l’ouest avec Tyr et Sidon, elle montait vers le nord jusqu’aux grandes plaines d’Antioche.
Ce que cela représente sur une carte d’aujourd’hui
Pour que tu puisses vraiment mesurer l’étendue de cette renommée, voici la correspondance géographique moderne.
La province romaine de Syria correspond aujourd’hui à la Syrie actuelle avec Damas et Alep, au Liban entier avec Beyrouth, Tyr et Sidon, au sud-est de la Turquie avec la région d’Antakya qui est l’ancienne Antioche, au nord de la Jordanie, et aux hauteurs du Golan.
C’est un territoire immense, plurinational, multilingue, et majoritairement non-juif.
Ce qui rend ce fait extraordinaire
Jésus n’avait pas encore envoyé ses disciples. Il n’avait pas encore prononcé la Grande Commission. Il n’existait aucune stratégie de communication, aucun réseau organisé, aucune institution missionnaire.
Et pourtant, sa renommée avait déjà franchi les frontières d’Israël pour remplir une province étrangère dans toute son étendue. Ce n’était pas une rumeur locale, ce n’était pas un phénomène de quartier. C’était une propagation naturelle, foudroyante, portée par la seule puissance de ses actes et de sa parole.
La réputation de Christ précédait l’institution. La gloire précédait l’organisation. L’onction précédait la méthode.
Ce matin cette méditation m’a rappelé que Jésus n’a jamais eu besoin de nos structures pour rayonner. Il suffit qu’il soit vraiment présent, vraiment à l’œuvre, et le monde en entend parler, au-delà de toutes les frontières que nous croyons infranchissables.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




