– Psaume 119:66
Une prière qui révèle un manque :
« Enseigne-moi le bon sens et la connaissance, car j’ai ajouté foi à tes commandements. »
— Psaume 119:66
Ce verset est une prière. Mais avant d’être une prière, c’est un aveu. Le psalmiste ne dit pas simplement : « j’obéis à tes commandements ». Il dit quelque chose de plus profond, de plus intime : « j’ai ajouté foi à tes commandements. »
Cette nuance change tout.
On peut obéir par habitude. On peut obéir par crainte. On peut obéir par tradition. Mais ajouter foi à quelque chose, c’est s’y confier pleinement, c’est le tenir pour vrai, fiable, vivant, même quand le monde autour de soi ne le fait pas.
Et c’est précisément là que réside une lacune spirituelle profonde et souvent silencieuse dans le christianisme contemporain.
Un portrait fidèle de l’Église d’aujourd’hui
Il faut commencer par un diagnostic honnête, non pour condamner, mais pour guérir.
La grande majorité des chrétiens sincères possèdent aujourd’hui la foi en Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur, la foi dans l’Évangile de la grâce et du pardon, la foi dans le sang de Jésus pour la rémission des péchés, et la foi dans le salut par la grâce, non par les œuvres.
Tout cela est précieux. Tout cela est biblique. Tout cela est nécessaire.
Mais il manque quelque chose. Quelque chose que le psalmiste avait compris depuis longtemps, et que l’Apocalypse désignera comme la marque distinctive du peuple de Dieu des derniers temps :
« C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. » Apocalypse 14:12
Remarquons la construction de ce verset : les commandements de Dieu ET la foi de Jésus. Pas l’un ou l’autre. Les deux ensemble, indissociables, comme les deux poumons d’une même vie spirituelle.
Or dans la pratique, pour beaucoup de chrétiens, les commandements de Dieu, et tout particulièrement le 4e commandement, celui du Sabbat, restent un territoire étranger, non habité par la foi.
Pourquoi parler de « foi » aux commandements ?
On comprend facilement ce que signifie avoir foi en Jésus. C’est se confier à une personne, à son œuvre, à sa parole.
Mais avoir foi aux commandements, qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Cela signifie d’abord croire que les commandements sont toujours valides. Jésus lui-même a dit, avec une solennité remarquable :
« En vérité, je vous le dis, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » Matthieu 5:18
Le ciel et la terre existent encore. Les dix commandements, donc, sont encore debout. Ne pas y avoir foi, c’est, en pratique, croire le contraire de ce que Jésus a affirmé.
Cela signifie ensuite croire que les commandements sont une expression de l’amour de Dieu, non un fardeau.
« Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. » 1 Jean 5:3
La foi aux commandements, ce n’est pas le légalisme. C’est la confiance que Dieu, en donnant ses commandements, ne cherche pas à nous contraindre, mais à nous protéger, à nous façonner, à nous rapprocher de lui.
Cela signifie enfin croire que les pratiquer a une réelle importance spirituelle.
« Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux. » Matthieu 5:19
Ce n’est plus une question d’opinion ou de culture religieuse. C’est une question de positionnement devant Dieu.
Le 4e commandement : là où la foi manque le plus cruellement
Parmi les dix commandements, le 4e est sans doute celui devant lequel la lacune de foi est la plus visible :
« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. » Exode 20:8
Pourquoi parler du Sabbat en particulier ? Parce que c’est précisément le commandement qui commence par le mot « souviens-toi », comme si Dieu savait d’avance que celui-là, plus que les autres, serait oublié.
Et en effet, on ne trouve presque personne pour dire « il est permis de tuer », on ne trouve presque personne pour dire « il est permis d’adorer des idoles », mais on trouve une immense majorité pour dire « le Sabbat, c’était pour les Juifs » ou « le dimanche, c’est pareil ».
Or cette conviction ne repose sur aucun texte biblique solide. Elle repose sur une tradition humaine. Et Jésus a mis en garde contre ceux qui « enseignent comme doctrines des commandements d’hommes » (Matthieu 15:9).
Avoir foi au 4e commandement, c’est accepter de faire confiance à Dieu plutôt qu’à la tradition, même longtemps établie.
D’où vient ce manque de foi ?
Il serait injuste de condamner sans chercher à comprendre. Ce manque de foi aux commandements a des racines identifiables.
La première est une prédication déséquilibrée. La grâce est prêchée, et c’est bien. Mais la grâce a souvent été présentée comme l’annulation de la Loi, alors que Paul dit clairement : « Annulons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Romains 3:31)
La deuxième est la peur du légalisme. Par crainte de tomber dans l’œuvres-salut, beaucoup ont jeté les commandements avec l’eau du bain. Or il n’y a pas de contradiction entre la grâce et l’obéissance. La grâce sauve. Les commandements guident. L’un ne remplace pas l’autre.
La troisième est l’héritage de traditions humaines. Certaines pratiques, répétées pendant des siècles, ont fini par avoir plus de force que le texte biblique lui-même.
La foi aux commandements demande parfois le courage de revenir au texte plutôt que de suivre la foule.
Vers une foi complète : le chemin du psalmiste
Revenons à notre verset. Le psalmiste lie deux choses : ajouter foi aux commandements, et demander le bon sens et la connaissance. Ce lien n’est pas anodin. Il nous dit que la pleine compréhension spirituelle, le bon sens, le discernement, la sagesse pratique, ne vient pas séparément de la foi aux commandements. Elle en est le fruit.
Autrement dit : il manque quelque chose à notre intelligence spirituelle tant que notre foi n’embrasse pas pleinement les commandements de Dieu.
Le chemin vers cette foi complète passe d’abord par la relecture honnête des Écritures, sans filtre confessionnel, en laissant le texte parler. Il passe ensuite par la prière du psalmiste lui-même : « Enseigne-moi le bon sens et la connaissance. » Dieu répond à cette prière. Il attend que nous la fassions.
Il passe enfin par une décision de foi, comme Abraham qui a cru Dieu contre toute évidence humaine (Romains 4:3), croire que les commandements de Dieu sont bons, vrais et toujours vivants, même quand l’entourage religieux n’y croit pas.
Conclusion : Une invitation
Ce texte n’est pas un appel à la condamnation. C’est une invitation à la complétude.
Vous avez la foi en Jésus, c’est merveilleux. Vous avez la foi dans la grâce, c’est précieux. Vous avez la foi dans le pardon, c’est fondamental.
Mais Dieu vous invite aujourd’hui à entrer dans une dimension encore plus riche : ajouter foi à ses commandements.
Non pour mériter le salut, il est déjà acquis en Christ. Mais pour marcher dans la plénitude de ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.
Car comme l’écrit Jean :
« Heureux ceux qui gardent ses commandements, afin d’avoir droit à l’arbre de vie. »
– Apocalypse 22:14
Prière finale : Seigneur, comme le psalmiste, nous te demandons le bon sens et la connaissance. Apprends-nous à ajouter foi à tes commandements, tous tes commandements, non par crainte mais par amour, non par légalisme mais par confiance. Amen.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




