La lettre à l’Église de SARDES (Apocalypse 3.1-6) révèle l’un des diagnostics les plus solennels de Jésus pour son peuple : une Église qui a la réputation d’être vivante… alors qu’elle est spirituellement morte.
Cette publication dévoile des réalités rarement expliquées par les pasteurs de grandes églises :
une Réforme protestante inachevée
des membres inscrits sur les registres de l’Église, mais pas dans le livre de vie
une venue de Jésus “comme un voleur” liée à la fin du temps de grâce, avant même son retour visible
Prenons le temps de parcourir ce message, calmement, avec la Bible ouverte, et la prière dans le cœur.
Introduction : un corps sans l’Esprit
Jésus se présente à Sardes comme celui qui a “les sept Esprits de Dieu et les sept étoiles” (Apocalypse 3.1).
Il n’y a pas sept Saints-Esprits, mais le chiffre 7 parle de plénitude, de totalité.
Le problème de Sardes, ce n’est pas l’absence d’organisation, ni l’absence d’activités.
Le problème, c’est ceci :
– le corps de l’Église est là
– la structure est là
– la réputation est là
– mais l’Esprit n’est plus là
Un corps sans esprit, c’est un cadavre. Sardes avait besoin d’une nouvelle Pentecôte, d’une résurrection spirituelle, en recevant la plénitude de l’Esprit dans l’Église.
Une ville autrefois glorieuse, mais en déclin
Historiquement, Sardes était une grande ville, capitale du royaume de Lydie, connue pour la richesse de Crésus.
Mais au temps de Jean, sa gloire est surtout un souvenir.
La description historique est frappante : Sardes était un triste contraste entre un passé splendide et une décadence présente.
C’est précisément le problème spirituel de l’Église de Sardes :
– elle vit sur ses souvenirs
– elle se repose sur un passé glorieux
– mais au présent, elle est en train de mourir
“Tu as la réputation d’être vivant, mais tu es mort.” (Apocalypse 3.1)
De la Réforme vivante à une religion morte
Prophétiquement, Sardes représente la période après la Réforme protestante, quand les grandes Églises issues de Luther, Calvin et des autres réformateurs se sont figées dans leurs credos.
– Les réformateurs ont risqué leur vie pour ramener la Bible et les grandes doctrines de la grâce.
– Mais leurs successeurs se sont souvent contentés de défendre des confessions de foi, sans la même consécration.
– La piété vivante a peu à peu dégénéré en formalisme mort.
On continuait à défendre l’“orthodoxie”, mais sans la puissance vivifiante du Saint-Esprit.
On gardait les formes de la Réforme… mais sans l’esprit de la Réforme.
Le nom “Sardes” signifie “échapper”.
Effectivement, le protestantisme a échappé aux ténèbres du Moyen Âge.
Mais au lieu de continuer la réforme, il s’est arrêté en chemin, et a commencé à décliner.
Avoir son nom sur les registres de l’Église… mais pas dans le livre de vie
Un des mystères les plus solennels derrière Sardes, c’est la différence entre :
– être membre d’une Église
– être réellement inscrit dans le livre de vie de l’Agneau
Des auteurs décrivent des personnes :
– actives dans l’Église
– impliquées dans des services
– reconnues comme “spirituelles” aux yeux des hommes
mais dont la vie n’est pas unie à Jésus, et dont le nom n’est pas réellement maintenu dans le livre de vie.
On peut :
– avoir un poste dans l’Église
– avoir des responsabilités
– être connu comme “prédicateur”, “homme de prière”, “servante fidèle”
et pourtant, vivre surtout pour sa réputation religieuse, pas pour Christ lui-même.
Sardes, c’est l’Église qui protège son image spirituelle… au lieu de se repentir réellement.
Des membres non transformés, une Église affaiblie
Un autre point rarement prêché : l’entrée massive de membres non convertis affaiblit profondément l’Église.
Quand on veut absolument “augmenter les chiffres” :
on prêche un évangile “soft”, sans appel clair à la repentance
on n’ose pas dénoncer les habitudes mondaines
on laisse des personnes garder une vie double : chrétiennes de nom, mais mondaines dans la pratique
Résultat :
ces personnes deviennent “agents” de l’ennemi à l’intérieur de l’Église
elles attirent d’autres à une religion superficielle
elles donnent l’illusion de la vie… alors qu’il n’y a pas de nouvelle naissance
Dieu n’a jamais promis d’élargir le chemin étroit pour le rendre plus confortable pour le monde.
Le chemin reste étroit, marqué par l’humilité, le renoncement et le sacrifice.
La foi qui sauve est une foi qui agit
Un des grands problèmes de Sardes, c’est la compréhension tronquée de la grâce.
On citait volontiers Paul :
“Nous sommes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, non par les œuvres.”
Mais on oubliait l’autre voix inspirée : Jacques.
Jacques affirme :
* la foi sans les œuvres est morte
* la foi est “rendue parfaite” par les œuvres
* le corps sans l’esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte (Jacques 2.26)
Paul combat ceux qui veulent se sauver par leurs œuvres.
Jacques combat ceux qui prétendent croire, mais dont la vie ne manifeste aucune transformation.
La vraie foi :
* s’approprie la justice de Christ
* produit des œuvres d’obéissance et d’amour
* ne se contente pas d’un “statut légal”, mais se manifeste dans la vie quotidienne
Sardes prétendait avoir la foi, mais ses “œuvres n’étaient pas parfaites devant Dieu” (Apocalypse 3.2), ni dans le sens de la qualité (absence d’obéissance réelle), ni dans le sens de l’achèvement (réforme incomplète).
“Veille” : un ordre continu, pas ponctuel
Jésus donne deux ordres à Sardes :
➤ “Sois vigilant”
➤ “Affermis le reste qui est près de mourir”
“Veiller” dans le texte grec est au présent continu :
➤ ce n’est pas “veille une fois, puis dors tranquille”
➤ c’est “continue à veiller sans relâche”
Historiquement, la ville de Sardes s’est crue imprenable, bâtie sur une colline escarpée.
Résultat :
➤ les sentinelles se sont relâchées
➤ la ville a été prise deux fois, la nuit, par surprise
➤ personne ne veillait, parce qu’on se croyait en sécurité
Spirituellement, c’est le même danger :
se croire en sécurité parce qu’on a “la vérité”
se croire à l’abri parce qu’on a une bonne doctrine
et ne plus veiller sur sa vie, sa communion avec Dieu, ses compromis
“Veille” est un commandement adressé au peuple de Dieu, pas au monde.
La venue “comme un voleur” et la clôture du temps de grâce
Un point très peu expliqué dans les prédications :
La venue de Jésus “comme un voleur” ne parle pas seulement de sa manifestation visible dans les nuées, mais aussi d’un autre moment crucial : la fin du temps de grâce.
Jésus parle dans les Évangiles de veiller, car “vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison”.
Ellen White, par exemple, montre que ce passage s’applique particulièrement :
➤ au moment où Christ termine son œuvre dans le lieu très saint du sanctuaire céleste
➤ lorsque retentit le décret :
“Que celui qui est injuste soit encore injuste… et que celui qui est saint se sanctifie encore” (Apocalypse 22.11)
À ce moment-là :
le sort de chacun est fixé
les cas sont définitivement scellés
la porte de la miséricorde se ferme
Et voici le point le plus solennel :
beaucoup de croyants auront “négligé” de se préparer
ils ne rejettent pas ouvertement, mais remettent à plus tard
ils pensent qu’ils auront encore le temps de se réveiller
Pendant qu’ils poursuivent leurs projets, la porte se ferme.
Ils ne s’en rendent compte que trop tard.
Aux jours de Noé : quand la porte se ferme avant la pluie
Jésus compare sa venue aux jours de Noé (Matthieu 24.37-39).
Détail important : il y a deux “moments” distincts :
➜ le jour où Noé entre dans l’arche et où Dieu ferme la porte
➜ le jour où la pluie commence à tomber
Les gens ont-ils été perdus au moment où la porte s’est fermée, ou quand la pluie a commencé à tomber ?
Spirituellement, ils étaient déjà perdus lorsque la porte a été fermée.
Mais ils ne l’ont réalisé que quand il était trop tard.
Entre les deux, il s’est écoulé un délai de sept jours.
Pendant ces sept jours :
➜ ceux qui étaient dehors se moquaient
➜ ceux qui étaient dedans vivaient un temps d’épreuve de foi intense
Ainsi, à la fin des temps :
➜ la porte de la grâce se fermera avant que Jésus apparaisse dans le ciel
➜ le monde continuera, pensant que tout est normal
➜ mais le destin éternel sera déjà fixé
C’est cela, la venue “comme un voleur”.
Les vêtements blancs : aujourd’hui spirituels, demain littéraux
Jésus promet à Sardes :
“Tu as quelques personnes qui n’ont pas souillé leurs vêtements”
“Celui qui vaincra sera revêtu de vêtements blancs”
“Je n’effacerai point son nom du livre de vie”
“Je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges” (Apocalypse 3.4-5)
Remarque importante :
présent : certains ont déjà des vêtements non souillés (un caractère pur, uni à Christ)
futur : ils “marcheront avec moi en vêtements blancs” au ciel
Aujourd’hui, les “vêtements” représentent le caractère, la justice de Christ reçue et vécue.
Au ciel, ce sera aussi une réalité visible : une robe blanche de lumière, comme celle d’Adam et Ève avant la chute, et comme les anges.
Ceux qui auront veillé, confessé leurs péchés, marché dans la lumière, auront :
leur nom maintenu dans le livre de vie
la confession de Christ en leur faveur devant le Père
le privilège de marcher avec Jésus en blanc, dans la grande foule d’Apocalypse 7.
Le livre de vie et le jugement investigatif
Autre mystère peu prêché :
quand nous venons sincèrement à Christ, que nous nous repentons, croyons et nous engageons avec lui, nos noms sont inscrits dans le livre de vie
mais ce n’est pas un simple “enregistrement définitif” automatique
Au moment du jugement ou Dieu étudie notre vie en détails :
les dossiers de chacun sont examinés
si les péchés n’ont pas été abandonnés, confessés, pardonnés
si la foi n’a pas produit une vie de marche avec Dieu
alors, le nom peut être effacé du livre de vie.
Ce n’est pas pour nous pousser à la peur, mais à une relation réelle avec Jésus :
➜ pas une “assurance” basée sur un simple acte passé
➜ mais une confiance vivante dans un Sauveur vivant
➜ une foi qui s’exprime dans l’obéissance, l’amour, la persévérance
“Souviens-toi… garde… repens-toi” : l’appel de Jésus à Sardes
Le conseil de Jésus est simple et profond :
souviens-toi comment tu as reçu et entendu
garde
repens-toi
veille
affermis ce qui reste
C’est un appel :
à revenir à la Parole reçue au début
à redécouvrir la puissance du Saint-Esprit
à reprendre au sérieux la réforme du cœur et de la vie
à ne pas jeter les anciennes vérités sous prétexte de “nouveauté” séduisante
à vivre une foi qui agit, qui obéit, qui se consacre
Sardes, c’est la Réforme inachevée.
Dieu cherche aujourd’hui un peuple qui ne se contentera pas de la lumière du passé, mais qui acceptera toute lumière biblique que Jésus révèle, même si cela dérange les traditions.
Responsabilité personnelle
Ce message n’est pas seulement pour une Église du passé, ni seulement pour les grandes dénominations protestantes.
Il me parle, il te parle aujourd’hui.
Ai-je une foi surtout “de réputation” ou une foi vivante ?
Ma vie chrétienne est-elle surtout un souvenir de ce que j’ai vécu autrefois, ou une expérience actuelle avec Jésus ?
Est-ce que je veille vraiment, ou est-ce que je m’endors dans une sécurité trompeuse ?
Est-ce que je me contente d’être “membre” d’une Église, ou est-ce que je recherche chaque jour que mon nom reste dans le livre de vie ?
Jésus conclut le message de Sardes par ces mots :
“Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises.”
Ce soir encore, le Saint-Esprit parle.
Il ne condamne pas pour écraser, mais il révèle l’état vrai pour réveiller, purifier et sauver.
Que Dieu te donne, à toi et à moi, d’être parmi ces “quelques-uns” qui gardent leurs vêtements blancs, qui veillent, qui se laissent transformer, et qui marcheront un jour avec Jésus en blanc, dans la joie éternelle.
Serge le prédicateur t’encourage




