Pour comprendre le sujet de cette publication, rappelons le texte central qui en est l’origine :
« Car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient » (Romains 10:4).
Le mot grec telos (« fin ») signifie à la fois accomplissement (le but vers lequel tendait la Loi) et terme (fin de son rôle comme voie de justification par les œuvres).
Paul ne dit pas que toute la Loi mosaïque est abolie. Il explique que Christ met fin au système qui cherchait à justifier par les œuvres de la loi, en particulier les sacrifices répétés et les rituels lévitiques incapables d’ôter le péché une fois pour toutes.
La loi lévitique et ses sacrifices
La loi lévitique imposait des sacrifices quotidiens d’animaux, des prêtres humains, du sang versé année après année (Hébreux 10:1-4). Tous ces rites étaient des ombres pointant vers le sacrifice parfait de Jésus, l’Agneau de Dieu.
Quand Il a versé Son sang sur la croix, le rideau du temple s’est déchiré, le sacerdoce lévitique est devenu obsolète, et les sacrifices d’animaux ont perdu toute efficacité (Hébreux 10:11-18).
C’est cette loi cérémonielle que Christ termine en Romains 10:4. Pas la loi morale éternelle de Dieu.
La loi morale : dix commandements, loi d’amour et loi de liberté
Jésus l’a dit sans ambiguïté :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. […] Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux » (Matthieu 5:17-19).
Les dix commandements ne sont pas abolis : ils révèlent le caractère immuable de Dieu, sainteté, vérité, fidélité, amour. Ils sont appelés loi d’amour et loi de liberté :
« Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15)
« Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5:3)
« La charité ne fait point de mal au prochain ; la charité est donc l’accomplissement de la loi » (Romains 13:10)
Même les païens qui n’ont pas reçu la loi écrite en ont conscience, car elle est inscrite dans leur cœur (Romains 2:14-15).
Le NT réaffirme plusieurs commandements : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère, honorer père et mère (Romains 13:9 ; Éphésiens 6:2-3 ; Jacques 2:10-11).
Transgresser un seul commandement, c’est violer toute la loi.
La loi d’amour et la loi de liberté : l’accomplissement des Dix Commandements
L’apôtre Jacques appelle la loi de Dieu à la fois loi d’amour et loi de liberté :
« Si vous gardez la loi royale selon l’Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien » (Jacques 2:8).
Cela signifie que les Dix Commandements ne sont pas une simple obligation légale ou un fardeau, mais l’expression de l’amour pour Dieu et pour le prochain.
Obéir à ces commandements, c’est marcher dans la liberté que Christ nous donne, non pour se soumettre à des règles, mais pour vivre selon le cœur de Dieu.
Paul confirme que cette loi morale est toujours valable, car elle reflète le caractère éternel de Dieu :
« La charité ne fait point de mal au prochain ; la charité est donc l’accomplissement de la loi » (Romains 13:10)
« Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15)
En résumé : la loi d’amour et la loi de liberté n’est rien d’autre que la loi morale des Dix Commandements appliquée par l’Esprit, non plus comme un fardeau, mais comme une guidance vivante pour celui qui aime Dieu.
Et le sabbat dans tout ça ?
Le quatrième commandement « Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier » fait partie intégrante des Dix Commandements. Il n’a jamais été retiré, abrogé ou déclaré optionnel.
Il est institué dès la création, avant le péché et avant tout système sacrificiel (Genèse 2:2-3)
Jésus se déclarait Seigneur du sabbat (Marc 2:28), l’a gardé comme Sa coutume (Luc 4:16), et l’a fait pour l’homme, pas l’homme pour le sabbat (Marc 2:27)
Les apôtres continuaient à l’observer et à l’enseigner après la résurrection (Actes 13:42-44 ; 17:2 ; 18:4)
Il reste un « repos sabbatique » pour le peuple de Dieu (Hébreux 4:9, sabbatismos en grec)
Certains citent Colossiens 2:16-17 (« Que personne ne vous juge […] au sujet d’un sabbat ») ou Romains 14:5 pour dire que le sabbat est aboli.
Mais le contexte de Colossiens parle de « fêtes, nouvelles lunes et sabbats » (pluriel), ce sont les sabbats cérémoniels annuels (Lévitique 23) qui étaient des ombres.
Le sabbat hebdomadaire de la création n’est pas une ombre : c’est un mémorial éternel de la création (Ex 20:11) et de la rédemption (Dt 5:15). Christ l’accomplit en devenant notre repos, mais Il ne l’abolit pas.
Le sabbat n’est pas une charge légaliste : c’est un cadeau de repos, de communion et de fidélité à Dieu. Le garder par amour n’est pas du légalisme, c’est la réponse normale de celui qui aime son Créateur et Rédempteur.
La justice véritable par le sang de Jésus
La croix a mis fin aux sacrifices lévitiques et ouvert la voie à une justice par la foi dans le sang de Jésus, pas par les œuvres. Mais cette liberté ne signifie pas ignorer la loi morale. Au contraire : l’Esprit nous rend capables de vivre la sainteté de Dieu, en aimant et en obéissant à Ses commandements de tout cœur.
Conclusion
Christ est la fin de la loi cérémonielle : les sacrifices, le sacerdoce lévitique, les ombres sont terminés.
Mais la loi morale des dix commandements, y compris le sabbat du septième jour, demeure éternellement comme expression de l’amour de Dieu et comme loi de liberté dans le cœur du croyant.
La vraie justice se trouve uniquement par le sang de Jésus. La vraie liberté se manifeste dans l’obéissance joyeuse : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15).
Ne vous laissez pas tromper par l’idée que « toute la loi est abolie » ou que le sabbat serait devenu facultatif.
Les Dix Commandements ne sont pas négociables : ils vivent pleinement dans ceux qui suivent Christ par l’Esprit.
Que ceux qui ont des oreilles entendent.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




