La myrrhe traverse la Bible comme un fil discret mais révélateur, reliant la vie quotidienne, la consécration religieuse et le plan rédempteur de Dieu.
Derrière ce parfum amer se cache un langage prophétique puissant, annonçant la souffrance, la mort et la victoire du Messie.
1. Origine et étymologie de la myrrhe
La myrrhe est la résine aromatique d’un arbre appelé Commiphora, un arbuste épineux du Moyen-Orient et de la Corne de l’Afrique.
Elle s’extrait en pratiquant des incisions dans l’écorce, d’où s’écoule une gomme dure et amère qui sèche au soleil.
En hébreu, la myrrhe s’appelle mōr (מוֹר) et figure dans de nombreux rituels (Exode 30:23, Cantique des cantiques).
En grec, le mot est smýrna (σμύρνα), d’où le latin myrrha.
Cette origine naturelle souligne déjà un paradoxe biblique : ce qui est amer pour l’homme est précieux pour Dieu.
2. La myrrhe dans l’adoration et la consécration
Dans l’Ancien Testament, elle fait partie de l’huile d’onction sacrée :
« Tu prendras des aromates de premier choix : de la myrrhe pure… » Exode 30:23
Son parfum n’était pas seulement agréable : il symbolisait la consécration, le prix à payer pour être mis à part, et la présence de Dieu.
Chaque goutte de myrrhe rappelle que la sainteté implique une part de souffrance et de renoncement.
3. La myrrhe dans l’amour et la souffrance humaine
Le Cantique des cantiques la mentionne à plusieurs reprises :
Cantique 1:13 ; 3:6 ; 4:6 ; 5:1
Elle symbolise l’amour profond, mais toujours mêlé d’une amertume qui évoque la souffrance, le désir et le prix de l’intimité vraie.
Ainsi, la myrrhe relie déjà l’expérience humaine à un enseignement spirituel plus vaste.
4. La myrrhe et la prophétie messianique dès la naissance
Lorsque les mages apportent leurs cadeaux :
« Ils offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe »
Matthieu 2:11
Ces présents sont prophétiques :
Or → royauté
Encens → divinité
Myrrhe → souffrance et mort
Même à sa naissance, le chemin de la croix est déjà annoncé. La myrrhe préfigure les douleurs et le sacrifice rédempteur du Messie.
5. Refusée sur la croix
« On lui donna du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas » Marc 15:23
La myrrhe avait des propriétés analgésiques (antidouleur), mais Jésus la refuse.
Cette décision souligne qu’Il choisit de porter sa souffrance pleinement, volontairement et consciemment, pour accomplir la prophétie du Serviteur souffrant.
6. Présente à la sépulture
« Nicodème apporta un mélange de myrrhe et d’aloès… » Jean 19:39
À la mort, la myrrhe accompagne le corps de Jésus, conformément à la tradition funéraire de l’époque et au texte prophétique :
« On a compté pour son cercueil des criminels, mais il fut mis au tombeau avec les riches… »
Ésaïe 53:9
Elle symbolise la fin de la souffrance mais aussi la promesse de la victoire : elle ne peut retenir Celui qui ressuscitera.
7. Une prophétie accomplie
Ésaïe 53 décrit le Messie comme un homme de douleurs, habitué à la souffrance (Ésaïe 53:3-5).
Chaque utilisation de la myrrhe dans la vie de Jésus, sa naissance, la croix, sa sépulture, accomplit littéralement cette prophétie, transformant une substance amère en signe tangible du salut.
8. Le sens spirituel ultime
La myrrhe nous apprend que :
La souffrance peut être précieuse aux yeux de Dieu.
La consécration exige un sacrifice conscient.
La mort, aussi amère soit-elle, ouvre sur la vie et la résurrection.
Dans ce parfum amer, le mystère prophétique du Messie se révèle : ce qui semble douleur devient salut, ce qui est amertume devient parfum agréable à Dieu.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




