Le décompte des trois jours et trois nuits de Jésus dans le tombeau est l’un des points les plus discutés de la chronologie de la crucifixion et de la résurrection.
Beaucoup d’interprétations traditionnelles s’appuient sur des habitudes juives idiomatiques, où « un jour » pouvait inclure des parties de jour et de nuit, ou sur l’argument du dimanche comme jour de résurrection.
Mais Jésus lui-même fait référence au modèle de Jonas, et ce modèle nous permet de comprendre le décompte de manière littérale et universelle.
Contexte du Livre de Jonas
Le Livre de Jonas est un texte prophétique de l’Ancien Testament, écrit en hébreu, dont l’objectif principal est de montrer la miséricorde de Dieu envers les nations, et la nécessité de repentance.
Traditionnellement, il est situé aux alentours du VIIIe siècle avant J.-C., mais certains éléments linguistiques et stylistiques suggèrent que le texte pourrait avoir été compilé et rédigé dans sa forme actuelle plus tard, pour l’enseignement universel et non seulement pour Israël.
Jonas est avalé par le grand poisson et reste dans ses entrailles trois jours et trois nuits, selon le texte hébreu.
Étymologie et texte hébraïque
Dans le texte hébraïque de Jonas 1:17 :
וַיְהִי יוֹנָה בִּמְעֵי הַדָּג שְׁלֹשָׁה יָמִים וּשְׁלֹשָׁה לֵילוֹת
Vayehi Yonah bimei ha-dag shloshah yamim u-shloshah leilot
Traduction littérale : « Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. »
En hébreu biblique (sémitique), l’expression « trois jours et trois nuits » est conçue de manière exacte et littérale, et non selon un décompte inclusif ou symbolique, ce qui renforce la précision du modèle de Jonas.
yamim = jours complets
leilot = nuits complètes
Le texte est donc clairement littéral, sans expression idiomatique ni symbolique. Il ne s’agit pas d’un « jour partiel = une nuit », comme on le retrouve parfois dans certaines traditions juives idiomatiques.
Comparaison avec le décompte juif idiomatique
Dans la tradition juive de l’Antiquité, un « jour » pouvait être compté de façon inclusive, c’est-à-dire qu’une partie de journée ou de nuit pouvait être assimilée à un jour complet. Par exemple :
La notion de « troisième jour » pouvait inclure une fraction du premier jour, tout le deuxième jour, et une partie du troisième.
C’est ce que l’on retrouve dans des usages comme Luc 24:21, où l’expression « aujourd’hui le troisième jour » peut être interprétée selon le calendrier juif inclusif.
Mais Jonas 1:17 n’utilise pas ce style : le texte fait explicitement mention des trois jours ET trois nuits.
Jésus et Jonas
Jésus fait référence à Jonas lorsqu’il annonce le temps qu’il passera dans le tombeau :
« Car, comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre. » Matthieu 12:40
Le choix de Jésus de se référer à Jonas n’est pas anodin.
Jonas n’était pas seulement un prophète pour Israël, mais son histoire est conçue pour tous les peuples, enseignée de manière universelle.
Jésus utilise donc un modèle littéral et compréhensible pour tous, juifs comme non-juifs.
En d’autres termes, Jésus adopte un modèle universel, non idiomatique, pour que les générations futures, dans toutes les nations, comprennent que le décompte des trois jours et trois nuits doit être pris au pied de la lettre, et non selon des interprétations symboliques ou inclusives propres à certaines coutumes.
Le modèle universel appliqué à la crucifixion
Mercredi : crucifixion et mise au tombeau (jour 1)
Jeudi : sabbat annuel de la Pâque (jour 2)
Vendredi : jour ordinaire (jour 3)
Samedi : sabbat hebdomadaire et résurrection juste avant l’aube
Ce décompte correspond parfaitement au modèle de Jonas : trois jours complets et trois nuits complètes, littéraux.
Le modèle de Jonas justifie que le comptage n’est pas idiomatique comme dans certaines traditions juives.
Il montre que le repos sur deux sabbats consécutifs dans la même semaine s’inscrit dans un schéma prophétique rigoureux.
Pourquoi c’est important
1. Cela renforce la chronologie de la crucifixion et de la résurrection déjà analysée dans nos précédentes publications.
2. Cela démontre que le compte des trois jours et trois nuits n’est pas symbolique, ni arbitraire, mais fondé sur un modèle prophétique universel.
3. Cela soutient que la résurrection n’a pas eu lieu le dimanche, et que la crucifixion n’a pas eu lieu le vendredi, contrairement aux traditions populaires.
Conclusion
Le Livre de Jonas fournit un modèle universel de trois jours et trois nuits littéraux. Jésus, en y faisant référence, s’assure que sa mort et sa résurrection soient comprises de manière exacte et universelle, et non selon des coutumes idiomatiques.
Ainsi :
La crucifixion et la résurrection suivent un schéma prophétique précis.
Le décompte de trois jours et trois nuits est littéral, conformément au modèle de Jonas.
Ce modèle conforte notre compréhension de la semaine de la crucifixion et de la résurrection, et clarifie pourquoi certaines traditions erronées ont tenté de transformer ce compte pour justifier le culte du dimanche ou une mort le vendredi.
Cette publication vient compléter et soutenir mes autres publications sur la chronologie de la semaine de la mort et de la résurrection de Jésus, en ajoutant la référence universelle du modèle de Jonas comme garantie d’exactitude et de littéralité.
Serge le prédicateur t’encourage ![]()




